
Mis à jour le 22 octobre 2026.
Un ressortissant de l'UE ou de l'AELE peut s'installer en Suisse à la retraite s'il prouve des moyens financiers suffisants et une assurance-maladie. Il doit ensuite s'affilier à la LAMal dans les trois mois (sauf s'il ne touche qu'une rente d'un État de l'UE, d'Islande, de Norvège ou du Royaume-Uni), il est imposé sur son revenu mondial, et il cotise à l'AVS même sans travailler, jusqu'à l'âge de référence (65 ans, un peu moins pour les femmes nées de 1961 à 1963).
C'est le mouvement inverse de celui que traite le reste de nos pages suisses, et il obéit à d'autres textes. Cette page suit l'accord sur la libre circulation, l'ordonnance qui l'applique en Suisse, la LAMal, la LIFD et la LAVS.
Oui, sous deux conditions à prouver. L'annexe I, art. 24 de l'accord sur la libre circulation des personnes prévoit qu'une personne n'exerçant pas d'activité économique dans l'État de résidence reçoit un titre de séjour d'au moins cinq ans si elle justifie de moyens financiers suffisants pour ne pas devoir faire appel à l'aide sociale, et d'une assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques.
Le droit suisse chiffre le premier critère, et il le fait spécifiquement pour les retraités. L'art. 16 de l'ordonnance sur la libre circulation des personnes distingue deux cas : pour un non-actif en général, les moyens sont suffisants s'ils dépassent l'aide sociale qui serait allouée à un ressortissant suisse selon les normes CSIAS. Mais pour un ayant droit à une rente, ils sont réputés suffisants s'ils dépassent le montant qui ouvrirait à un ressortissant suisse le droit aux prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI.
Ce n'est pas le même seuil, et c'est celui des prestations complémentaires qui vous concerne si vous arrivez avec une rente. Il se vérifie auprès du service cantonal de la population, qui instruit la demande d'autorisation de séjour.
En principe oui, et le délai est court. L'art. 3, al. 1 de la loi sur l'assurance-maladie impose à toute personne domiciliée en Suisse de s'assurer pour les soins en cas de maladie dans les trois mois qui suivent sa prise de domicile. L'affiliation n'est pas automatique : c'est à vous de choisir un assureur et de vous annoncer.
Le droit d'option dont bénéficient les rentiers suisses qui partent vers certains États de l'UE ne joue pas dans ce sens. Une exception joue en revanche dans ce sens : si vous ne touchez aucune rente suisse, mais seulement une rente d'un État de l'UE, d'Islande, de Norvège ou du Royaume-Uni, vous n'êtes pas soumis à la LAMal et restez assuré pour les soins dans l'État qui verse votre rente (art. 2 de l'ordonnance sur l'assurance-maladie). L'Institution commune LAMal, à Olten, vérifie ces situations. Dans les autres cas, une fois domicilié en Suisse, vous relevez de la LAMal, avec ses primes par personne et sans lien avec le revenu. Le titulaire d'une autorisation de séjour pour personne sans activité lucrative peut toutefois demander à en être excepté s'il prouve une couverture équivalente pour les traitements en Suisse pendant toute la durée de l'exception (art. 2, al. 7 de l'ordonnance sur l'assurance-maladie). C'est souvent le poste que les arrivants sous-estiment le plus.
Situation d'un ressortissant de l'UE ou de l'AELE qui prend domicile en Suisse sans y exercer d'activité lucrative. Les seuils et l'accès à l'imposition d'après la dépense s'apprécient canton par canton.
Par principe, sur votre revenu mondial. En prenant domicile en Suisse vous devenez assujetti de manière illimitée, et vos pensions étrangères entrent dans l'assiette suisse, sous réserve de la convention de double imposition conclue avec le pays qui les verse.
Un régime particulier existe, et il est strictement encadré. L'art. 14 LIFD ouvre l'imposition d'après la dépense aux personnes qui remplissent trois conditions cumulatives : ne pas avoir la nationalité suisse, être assujetti de manière illimitée pour la première fois ou après une absence d'au moins dix ans, et ne pas exercer d'activité lucrative en Suisse. Les époux vivant en ménage commun doivent tous deux les remplir.
L'impôt se calcule alors sur les dépenses annuelles, mais au minimum sur le plus élevé de quatre montants : 435 000 francs par an pour l'impôt fédéral direct en 2026 (437 000 francs dès 2027), sept fois le loyer annuel ou la valeur locative pour un chef de ménage, trois fois le prix de la pension annuelle pour les autres, ou la somme de certains revenus de source suisse, parmi lesquels les retraites, rentes et pensions de sources suisses. Le barème appliqué reste le barème ordinaire.
Deux réserves importantes. Le montant de 435 000 francs (437 000 francs dès 2027) est le minimum fédéral : l'art. 6 LHID laisse chaque canton fixer le sien, et surtout précise que le canton peut octroyer ce droit, ce que tous ne font pas. Et ce régime n'est pas une raison de venir : il engage un statut durable, exclut toute activité lucrative en Suisse, et son opportunité comme son admissibilité s'apprécient dossier par dossier avec un avocat fiscaliste et l'administration cantonale concernée.
Oui, jusqu'à l'âge de référence, et c'est une surprise fréquente. L'art. 10 LAVS prévoit que les assurés n'exerçant aucune activité lucrative paient une cotisation selon leur condition sociale. La cotisation minimale est de 435 francs par an en 2026 (444 francs dès le 1er janvier 2027), et la cotisation maximale correspond à 50 fois ce montant. Ces montants ne visent que l'AVS : avec l'AI et les APG, le mémento 2.03 du Centre d'information AVS/AI fixe pour 2026 la cotisation minimale à 530 francs et la maximale à 26 500 francs.
Autrement dit, un retraité qui s'installe en Suisse sans y travailler avant l'âge de référence entre dans le système AVS comme cotisant, sur la base de sa fortune et de ses revenus sous forme de rente, et non comme simple bénéficiaire. Cette obligation cesse à la fin du mois où il atteint cet âge (art. 3 al. 1bis LAVS) : 65 ans, un peu moins pour les femmes nées de 1961 à 1963. Un retraité qui arrive après cet âge ne cotise donc pas comme personne sans activité lucrative. Le même article assimile d'ailleurs aux personnes sans activité lucrative celles qui travaillent mais cotisent moins de 435 francs sur l'année (444 francs dès 2027), part de l'employeur comprise.
L'admissibilité et le chiffrage. Les règles ci-dessus sont générales ; le seuil de moyens financiers s'apprécie par le canton, l'accès à l'imposition d'après la dépense dépend du canton et de votre situation, et l'articulation entre l'imposition suisse et celle du pays qui verse vos pensions dépend de la convention applicable.
Trois interlocuteurs : le service cantonal de la population pour l'autorisation de séjour, l'administration fiscale cantonale pour le régime d'imposition, et un avocat fiscaliste familier des deux juridictions pour l'articulation d'ensemble. Notre cabinet aide à préparer ces étapes et oriente vers les professionnels indépendants compétents sur les volets réglementés.
Le droit ne fixe pas un chiffre unique. Pour un ayant droit à une rente de l'UE ou de l'AELE, l'art. 16 de l'ordonnance sur la libre circulation répute les moyens suffisants s'ils dépassent le montant ouvrant droit aux prestations complémentaires pour un ressortissant suisse. Le service cantonal de la population apprécie le dossier.
Cela dépend de vos rentes. Si vous ne touchez aucune rente suisse, mais seulement une rente d'un État de l'UE, d'Islande, de Norvège ou du Royaume-Uni, vous restez assuré pour les soins dans l'État qui la verse et n'êtes pas soumis à la LAMal (art. 2 de l'ordonnance sur l'assurance-maladie). Dans les autres cas, l'art. 3 de la LAMal impose de s'assurer en Suisse dans les trois mois suivant la prise de domicile. Le titulaire d'une autorisation de séjour pour personne sans activité lucrative peut toutefois demander à en être excepté s'il prouve une couverture équivalente pour les traitements en Suisse pendant toute la durée de l'exception (art. 2, al. 7 de l'ordonnance sur l'assurance-maladie). Le droit d'option existe dans l'autre sens, pour les rentiers suisses qui s'installent dans certains États de l'UE.
Un régime réservé aux personnes sans nationalité suisse, assujetties pour la première fois ou après dix ans d'absence, et n'exerçant aucune activité lucrative en Suisse. L'impôt se calcule sur les dépenses, avec un minimum fédéral de 435 000 francs par an en 2026, porté à 437 000 francs dès 2027. Chaque canton fixe son propre minimum et peut choisir de ne pas l'octroyer.
Oui, jusqu'à la fin du mois où vous atteignez l'âge de référence (art. 3 al. 1bis LAVS). L'art. 10 LAVS soumet les assurés sans activité lucrative à une cotisation fixée selon leur condition sociale, d'un minimum de 435 francs par an en 2026 (444 francs dès 2027) à un maximum de 50 fois ce montant.
Les règles de séjour ne se posent pas, et l'imposition d'après la dépense vous est fermée, puisqu'elle suppose de ne pas avoir la nationalité suisse. L'obligation de s'assurer à la LAMal dans les trois mois, avec la même exception pour qui ne touche qu'une rente d'un État de l'UE, d'Islande, de Norvège ou du Royaume-Uni, et les cotisations AVS des personnes sans activité lucrative jusqu'à l'âge de référence, elles, s'appliquent de la même manière.
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Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d'expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.
Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.
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