Le château d’Yvoire au bord du lac Léman, sur la rive française
Yvoire, en Haute-Savoie, sur la rive française du Léman

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Mis à jour le 11 octobre 2026.

Un retour de Suisse en France se prépare dans un ordre précis, parce que trois démarches ne se rattrapent pas après le départ : la demande de taxation ordinaire d’un salarié imposé à la source, la demande d’exportation des indemnités de chômage et l’inventaire remis à la douane au premier passage. Une règle surprend aussi : un emploi en Suisse n’ouvre pas, à lui seul, de droit au chômage en France.

Cette page s’adresse à une personne en âge de travailler, résidente en Suisse, qui s’installe en France. Elle suit les pages officielles suisses et françaises consultées le 11 octobre 2026. Le retour à la retraite est traité dans retraite suisse et retour en France.

Dans quel ordre s’y prendre ?

Du plus lent au plus urgent : la prévoyance et la douane se préparent six mois avant, la commune et le fisc suisse dans le dernier mois, l’assurance maladie et le chômage dès l’arrivée. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration. Les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation, sans délai légal.

MomentDémarcheDélaiAuprès de
Six mois avantDemander la répartition de l’avoir entre part obligatoire et part surobligatoire, choisir une institution de libre passageRepèreCaisse de pension
Six mois avantVérifier les conditions de la franchise douanière pour les biens et le véhiculeRepèreDouane française
Avant juinInscrire un enfant à l’école primaire pour la rentrée de septembreAu plus tard en juinMairie
Avant le départEn cas de chômage : s’inscrire et demander l’exportation des indemnitésAvant le départ, après quatre semaines de disponibilité en principeOffice régional de placement
Avant le départDemander les attestations d’assurance (formulaire S041, carte européenne)RepèreAssureur maladie suisse
Avant le départDemander le document PD U1RepèreCaisse de chômage suisse
Dernier moisAnnoncer le départÀ Genève : au plus tard deux semaines avantCommune ou office cantonal
Dernier moisRégler la situation fiscale, demander la taxation ordinaire si l’on est imposé à la sourceÀ Genève : au plus tard 15 jours avantAdministration fiscale cantonale
Jour du départDéclarer les biens et le véhicule à l’exportation, puis à l’entrée en France avec l’inventaireAu premier passageDouanes suisse et française
Sept joursS’inscrire comme demandeur d’emploi si les indemnités suisses sont exportéesDans les sept joursFrance Travail
Dès l’arrivéeDemander l’ouverture des droits à l’assurance maladie (formulaire S1106)Sans délaiCPAM
Un moisImmatriculer le véhiculeDans le moisFrance Titres (ANTS)
90 joursFaire établir l’attestation d’assujettissement pour la part obligatoire du 2e pilierAu plus tôt 90 jours après le départCPAM, puis Fonds de garantie LPP
Un anÉchanger le permis de conduire suisseMoins d’un an pour un FrançaisFrance Titres (ANTS)
Douze moisTerminer les importations en franchiseDans les douze mois du transfertDouane française
Printemps suivantDéposer la première déclaration de revenus, sur papierCalendrier fiscal annuelService des impôts des particuliers
Trois ansDemander le remboursement de l’impôt à la source sur un capital de prévoyanceTrois ans après le versementCanton du siège de l’institution

Comment annoncer son départ, et que devient le permis ?

Auprès de la commune ou de l’office cantonal, selon des règles qui varient d’un canton à l’autre.

  • À Genève, l’annonce à l’Office cantonal de la population et des migrations se fait au plus tôt un mois et au plus tard deux semaines avant le départ, en ligne ou par courrier. Elle est gratuite. L’attestation de départ coûte 25 francs par personne.
  • À Lausanne, l’annonce se fait au moment du départ. L’attestation définitive est délivrée à partir de la date de départ.

Cette attestation est demandée ensuite par la caisse de pension, et elle sert de preuve du déménagement auprès de la douane.

À Genève, les permis L, B et C prennent fin le lendemain du départ. Un ressortissant de l’Union européenne ou de l’AELE peut revenir travailler en Suisse avec une nouvelle demande, au titre de la libre circulation.

Le permis C peut être maintenu pendant quatre ans au plus, sur demande d’une autorisation d’absence. La demande se dépose avant le départ, ou dans les six mois qui suivent dans le canton de Vaud. L’autorité n’est pas tenue de l’accorder. Le canton de Berne réserve ce maintien à des séjours temporaires, comme une formation ou une mission à l’étranger.

Quels impôts suisses l’année du départ ?

L’imposition en Suisse s’arrête à la date du départ, et la démarche se fait avant de partir. À Genève, le contribuable est imposé du 1er janvier à cette date. Le revenu est annualisé pour fixer le taux, et la fortune est retenue à sa valeur au jour du départ.

L’administration fiscale genevoise demande de se présenter au plus tard 15 jours avant le départ, avec le formulaire de départ, la déclaration de l’année en cours arrêtée à la date du départ et les justificatifs de revenus et de fortune.

Pour un salarié imposé à la source, souvent titulaire d’un permis B, le point sensible est la taxation ordinaire ultérieure, qui permet de faire valoir des déductions :

  • À Genève, la demande se dépose avec le formulaire de départ. Une demande postérieure est refusée.
  • Dans le canton de Vaud, le délai habituel du 31 mars de l’année suivante est remplacé, en cas de départ de Suisse, par la date de l’annonce du départ à la commune.

Les autres cantons ont leurs propres modalités. Si un emploi genevois est conservé après le déménagement, l’employeur prélève l’impôt à la source dès le lendemain du départ.

Que devient le 2e pilier ?

Il ne peut être retiré qu’en partie, le plus souvent. Lors d’un départ pour la France :

  • la part surobligatoire de l’avoir peut être versée en espèces ;
  • la part obligatoire ne peut pas l’être tant que la personne est assujettie en France à l’assurance obligatoire pour la vieillesse, le décès et l’invalidité. La règle s’applique depuis le 1er juin 2007.

Le versement en espèces suppose la preuve du départ définitif et l’accord écrit du conjoint. La part bloquée est placée sur un compte ou une police de libre passage en Suisse. Elle devient disponible cinq ans avant l’âge de référence.

Qui vérifie l’assujettissement en France ?

Le Fonds de garantie LPP, à Berne. La personne remplit la première partie d’un formulaire (SF-F6-02FR). La CPAM remplit la seconde, au plus tôt 90 jours après le départ. Le Fonds de garantie notifie ensuite le résultat. Sans attestation de non-assujettissement, l’institution de libre passage ne verse pas la part obligatoire.

Que se passe-t-il si l’on ne donne aucune instruction ?

La caisse de pension transfère l’avoir à la Fondation institution supplétive LPP, au plus tôt six mois et au plus tard deux ans après la sortie.

Quel impôt sur un capital versé après le départ ?

Un impôt à la source suisse, prélevé selon le barème du canton où l’institution a son siège, et non celui de l’ancien domicile. Il est remboursable sur demande (formulaire Q-IS) dans les trois ans qui suivent le versement, si le capital a été imposé en France. Le fisc français doit l’attester sur le formulaire.

L’avenant de 2023 à la convention fiscale franco-suisse, appliqué depuis le 1er janvier 2026, ne touche pas aux articles sur les pensions. L’imposition du capital en France, barème ou prélèvement de 7,5 %, est détaillée dans capital du 2e pilier et retour en France.

Et le 3e pilier a, et l’AVS ?

Le 3e pilier a peut être versé de façon anticipée en cas de départ définitif de Suisse. Les pages officielles ne mentionnent pas, pour lui, de restriction liée à un départ vers l’Union européenne. Le capital supporte le même impôt à la source que celui du 2e pilier, prélevé par le canton du siège de la fondation et remboursable dans les mêmes conditions.

Les cotisations AVS, elles, restent en Suisse. Elles ne sont ni transférées ni remboursées lors d’un départ vers un État de l’Union européenne ou de l’AELE. Elles ouvrent droit, dès une année de cotisation, à une rente suisse versée à l’étranger à l’âge de référence.

Le moment venu, la demande passe par la caisse de retraite française si la personne a aussi cotisé en France. Sinon, elle se dépose directement auprès de la Caisse suisse de compensation, à Genève. Le versement est décrit dans rente AVS à l’étranger.

Comment passer de la LAMal à l’assurance maladie française ?

L’obligation de s’assurer en Suisse prend fin au transfert du domicile à l’étranger, et les primes sont dues au jour près. La suite dépend de la situation à l’arrivée.

Situation à l’arrivéeCouvertureDémarche
Emploi en FranceAffiliation dès la première heure travailléeFormulaire S1106 à la CPAM, avec le contrat ou un bulletin de salaire
Indemnités de chômage suisses exportéesMaintien de l’assurance suisse pendant l’exportationCarte européenne d’assurance maladie présentée en France
Ni emploi ni indemnitésProtection universelle maladie, avec un délai possible de trois moisFormulaire S1106 à la CPAM dès l’arrivée

Sur la troisième ligne, les sources officielles françaises ne disent pas la même chose. Service-public indique une affiliation après trois mois de résidence, sauf maintien de droits par l’assureur suisse ou reprise d’un travail. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères indique que les périodes d’assurance accomplies en Suisse doivent être prises en compte pour ouvrir les droits sans attendre.

Deux précautions découlent de cet écart :

  • demander à l’assureur suisse, avant de partir, s’il existe un maintien de droits, et obtenir le formulaire S041 qui récapitule les périodes d’assurance ;
  • déposer le formulaire S1106 dès l’arrivée, la CPAM étant seule à pouvoir se prononcer.

En l’absence de maintien de droits, une personne sans activité peut rester jusqu’à trois mois sans couverture française.

A-t-on droit au chômage en France après un emploi en Suisse ?

Pas sur la seule base de l’emploi suisse. Pour une personne qui résidait en Suisse, les périodes travaillées là-bas ne comptent en France que si la dernière activité salariée a été exercée en France. Service-public fixe le minimum à un jour de travail en France après le retour.

L’allocation est alors calculée sur le seul salaire perçu en France. Le salaire suisse n’entre pas dans le calcul.

Les périodes suisses se prouvent avec le document PD U1, délivré par une caisse de chômage suisse. Il se demande avant de partir. À défaut, France Travail peut le réclamer à la Suisse.

L’autre voie : exporter les indemnités suisses

Une personne au chômage en Suisse peut continuer à percevoir ses indemnités suisses en France pendant trois mois au plus, avec le document PD U2. Les conditions, selon le SECO :

  • être inscrite au chômage en Suisse et avoir droit aux indemnités ;
  • déposer la demande d’exportation auprès de l’office régional de placement avant le départ, aucune approbation rétroactive n’étant possible ;
  • être restée à la disposition de l’office pendant quatre semaines, délai qu’il peut réduire ou lever en cas de retour définitif dans le pays d’origine ;
  • s’inscrire auprès de France Travail dans les sept premiers jours de l’exportation.

Le montant ne change pas et reste versé par la caisse suisse. Cette voie est ouverte aux citoyens suisses et aux citoyens de l’Union européenne.

Et pour un frontalier ?

La règle est différente. Un frontalier, qui vit en France et rentre chez lui au moins une fois par semaine, est indemnisé par la France sur la base de son salaire suisse, sans condition de dernier emploi en France. Changer de domicile pendant une période de chômage ne donne pas ce statut. La réforme européenne adoptée le 28 septembre 2026 ne s’applique pas à la Suisse à ce jour.

Quels impôts en France l’année du retour ?

À compter de la date du retour, la personne est imposable en France sur l’ensemble de ses revenus, français et étrangers. L’année est donc partagée en deux : la Suisse jusqu’au départ, la France ensuite.

La première déclaration se dépose au printemps suivant. Selon impots.gouv.fr, pour une personne qui n’avait pas de revenus de source française pendant son séjour à l’étranger :

  • elle porte sur les revenus perçus de la date du retour au 31 décembre ;
  • elle utilise le formulaire 2042 et ses annexes, dont le 2047 pour les revenus encaissés à l’étranger ;
  • elle se dépose sur papier, la déclaration en ligne n’étant pas ouverte pour une première déclaration ;
  • elle s’adresse au service des impôts des particuliers du nouveau domicile.

Le formulaire 2042-NR ne concerne que les personnes qui avaient des revenus de source française avant leur retour.

Deux formulaires complètent le dossier. Le 2043-SD permet d’obtenir un taux de prélèvement à la source lorsque l’administration n’a aucun revenu antérieur à sa disposition. Le 3916 déclare chaque compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger pendant l’année, compte suisse conservé compris. L’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré.

Déménagement, voiture, permis de conduire : quelles formalités ?

La Suisse est hors de l’Union européenne : le déménagement passe en douane. Les biens entrent en France sans droits ni taxes si quatre conditions sont réunies :

  • une résidence hors de l’Union européenne depuis au moins douze mois ;
  • des biens en usage privé depuis au moins six mois avant le transfert ;
  • des biens qui ont supporté les droits et taxes du pays d’origine ;
  • des biens destinés à la résidence principale.

L’importation peut se faire en plusieurs fois dans les douze mois du transfert. L’inventaire déposé au premier passage doit lister l’ensemble des biens, véhicules compris. Il est détaillé, estimé, daté, signé et établi en deux exemplaires, avec le formulaire cerfa n° 10070 et une preuve de l’ancienne résidence. Les biens ne peuvent être ni vendus, ni loués, ni prêtés pendant douze mois.

Côté suisse, l’inventaire est présenté au bureau de douane à la sortie, et le véhicule est déclaré à l’exportation avec une copie du permis de circulation. Tous les postes-frontières ne sont pas occupés en permanence.

La voiture

Une voiture immatriculée en Suisse suit les mêmes conditions de franchise. La douane française délivre le certificat 846 A, demandé pour l’immatriculation. Le quitus fiscal ne concerne que les véhicules venant d’un pays de l’Union européenne.

L’immatriculation se demande dans le mois qui suit le retour, en ligne. Elle exige notamment un justificatif de conformité et, pour une voiture de plus de quatre ans, un contrôle technique de moins de six mois.

Le permis de conduire

Le permis suisse s’échange contre un permis français. Le délai dépend de la nationalité : moins d’un an après l’installation pour un Français, entre le sixième et le dix-huitième mois pour un ressortissant de l’Espace économique européen ou de Suisse. La demande se fait en ligne auprès de France Titres.

Et pour les enfants ?

L’inscription se prépare avant l’été. À l’école primaire, elle se fait à la mairie, en général à partir de mars et au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Au collège et au lycée, un élève qui vient d’un établissement suisse passe un examen d’entrée avant son affectation. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.

Qu’est-ce qui relève d’un organisme ou d’un professionnel ?

Tout ce qui touche à votre situation propre.

  • Le montant retirable du 2e pilier et le calendrier de versement relèvent de votre caisse de pension et du Fonds de garantie LPP.
  • Le choix entre le barème et le prélèvement de 7,5 % sur un capital, en particulier lorsque les deux parts de l’avoir sont versées à des dates différentes, relève d’un fiscaliste ou d’un expert-comptable habilité en France.
  • La déclaration éventuelle d’un compte de libre passage ou d’un 3e pilier a sur le formulaire 3916 relève du même professionnel : aucune page officielle consultée ne tranche ce point.
  • L’imposition de l’année du départ relève de l’administration fiscale de votre canton.
  • L’ouverture des droits à l’assurance maladie relève de la CPAM, et les droits au chômage de France Travail et de votre caisse de chômage suisse.

Questions fréquentes

Peut-on retirer tout son 2e pilier en rentrant en France ?

En général non. La part surobligatoire peut être versée. La part obligatoire reste en Suisse tant que la personne est assujettie à l’assurance obligatoire en France, ce que vérifie le Fonds de garantie LPP.

Faut-il avoir travaillé en France pour toucher le chômage français ?

Oui, pour une personne qui résidait en Suisse : au moins un jour après le retour. L’allocation est calculée sur le salaire français. La règle est différente pour un frontalier.

Y a-t-il un délai de trois mois pour l’assurance maladie ?

Pas en cas de reprise d’un emploi, l’affiliation étant immédiate. Pour une personne sans activité, les sources officielles divergent, et la CPAM se prononce sur dossier.

Faut-il un quitus fiscal pour une voiture immatriculée en Suisse ?

Non. Le document demandé est le certificat 846 A, délivré par la douane française.

Peut-on garder son permis C ?

Il peut être maintenu quatre ans au plus, sur demande déposée avant le départ, ou dans les six mois dans le canton de Vaud. L’autorité n’est pas tenue de l’accorder.

Les cotisations AVS sont-elles remboursées ?

Non, pour un ressortissant suisse ou d’un État de l’Union européenne ou de l’AELE. Elles restent acquises et donnent droit à une rente suisse à l’âge de référence.

Où déposer sa première déclaration de revenus ?

Au service des impôts des particuliers du nouveau domicile, sur papier, au printemps qui suit le retour.

Sources

Côté suisse :

Côté français :

Pages consultées le 11 octobre 2026.

Sur le même corridor : capital du 2e pilier et retour en France, retraite suisse et retour en France, chômage des frontaliers en Suisse. Départ vers un autre pays : s’expatrier depuis la Suisse.

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Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.

Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.

Pour poser un scénario écrit et un plan d’action, votre plan d’expatriation est le point de départ que nous recommandons (500 EUR, déduits en cas de poursuite en accompagnement global), ou un premier échange pour en parler.

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