Le Palais Bourbon et le pont de la Concorde vus depuis la rive droite de la Seine
Le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale, à Paris

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Mis à jour le 11 octobre 2026.

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne contient aucun article propre aux non-résidents. Plusieurs mesures générales les atteignent pourtant : la location meublée en France, l’exit tax, le barème de l’impôt, les donations et l’assurance-vie. Rien n’est voté à ce jour.

Cette page décrit le texte déposé par le Gouvernement et, à part, les votes de la commission des finances des 7 au 9 octobre 2026, qui sont provisoires. L’examen en séance publique commence le 13 octobre et le délai constitutionnel court jusqu’au 17 décembre 2026. Chaque mesure peut encore être modifiée ou supprimée.

Où en est le texte ?

Au stade du projet. Le Gouvernement a déposé le projet de loi n° 3210 à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026.

La commission des finances a examiné la partie recettes du 7 au 9 octobre. Elle a adopté plus de 200 amendements, puis rejeté l’ensemble de cette partie le 9 octobre. La séance publique repart donc du texte du Gouvernement, et chaque amendement de commission doit être redéposé et revoté.

Le calendrier fixé par l’Assemblée nationale :

  • 13 au 19 octobre 2026 : partie recettes en séance publique
  • 20 octobre : vote sur la partie recettes
  • 17 novembre : vote sur l’ensemble du projet en première lecture
  • 17 décembre 2026 : fin du délai de 70 jours prévu par l’article 47 de la Constitution

Le Sénat examine ensuite le texte. Pour s’appliquer au 1er janvier 2027, la loi doit être promulguée avant le 31 décembre 2026. Le budget 2026 n’avait été adopté que le 2 février 2026.

Le projet vise-t-il les non-résidents ?

Non, pas directement. Aucun des 89 articles du projet ne porte spécifiquement sur eux.

D’après la liste des articles et les analyses publiées, le texte déposé ne touche pas :

  • aux taux minimaux d’imposition de 20 % et 30 % des non-résidents ;
  • aux prélèvements sociaux dus par les non-résidents ;
  • à l’impôt sur la fortune immobilière ;
  • à l’imposition des plus-values immobilières des non-résidents.

Il ne crée pas non plus d’impôt lié à la nationalité.

Les non-résidents sont concernés par ricochet, lorsqu’ils ont des revenus, des biens ou des titres que la France peut imposer. Ce dernier point dépend de la convention fiscale conclue entre la France et le pays de résidence, définie dans convention fiscale bilatérale.

Vous louez un meublé en France : qu’est-ce qui changerait ?

L’amortissement déductible serait plafonné. L’article 7 limite, pour les loueurs en meublé non professionnels au régime réel, la déduction à 2,5 % par an, dans la limite de 7 000 euros par an et par foyer fiscal. Pour les meublés de tourisme, le plafond serait de 1,5 % et 5 000 euros.

Trois précisions figurent dans les analyses du texte :

  • Les résidences étudiantes, les résidences seniors et les résidences-services seraient exclues du plafond.
  • Les amortissements accumulés avant 2027 resteraient utilisables de 2027 à 2036, dans la limite de la moitié du résultat imposable. À partir de 2027, l’excédent ne serait plus reportable.
  • Le micro-BIC et la location meublée professionnelle ne seraient pas concernés.

La mesure s’appliquerait aux exercices clos à compter du 1er janvier 2027.

Un propriétaire expatrié est concerné au même titre qu’un résident. Les loyers d’un meublé situé en France sont des revenus de source française, que les conventions fiscales laissent en général à l’État où se trouve le bien. Le taux minimum et les prélèvements sociaux s’y ajoutent.

En commission, les députés ont exclu du plafond les locations qui constituent la résidence principale du locataire, les baux mobilité et les locations à des étudiants (amendement I-CF1588). Ils ont aussi supprimé tout amortissement pour les meublés de tourisme acquis à compter du 1er janvier 2027 (I-CF776). Ces votes sont provisoires.

Exit tax : qu’est-ce qui changerait ?

Les seuils et les délais de l’exit tax ne changent pas dans le texte déposé. Elle vise toujours les personnes domiciliées en France six des dix dernières années, qui détiennent plus de 800 000 euros de titres ou au moins 50 % des bénéfices d’une société.

L’article 5 vise un cas précis : les titres reçus lors d’un apport à une société, dont la plus-value est en report d’imposition. Selon les analyses de cabinets d’avocats, le texte déposé prévoit que :

  • une donation ou une succession portant sur ces titres mettrait fin au report, et l’impôt deviendrait exigible ;
  • pour une personne déjà partie à l’étranger, le sursis de paiement lié à l’exit tax tomberait dans le même cas ;
  • la règle vaudrait pour les transmissions à compter du 1er octobre 2026, y compris pour des plus-values déjà en report ;
  • un paiement étalé sur cinq ans serait possible sur demande, pour l’impôt sur le revenu.

En commission, deux votes provisoires sont à retenir. Elle a adopté un amendement (I-CF1822) qui étendrait l’exit tax aux plus-values latentes sur crypto-actifs au-delà de 800 000 euros, pour les départs à compter du 1er janvier 2027. Elle a rejeté les amendements qui abaissaient les seuils ou rétablissaient un délai de quinze ans.

La rédaction finale de l’article 5 n’est pas connue. Le Gouvernement a annoncé le 6 octobre qu’il serait revu, et la presse rapporte une réécriture en commission le 8 octobre.

Barème, taux minimum, retenue à la source : qu’est-ce qui bouge ?

Les seuils montent, les taux restent. L’article 2 relève les tranches du barème de 2,1 % pour l’imposition des revenus de 2026.

TauxLimite supérieure actuelleLimite supérieure proposée
0 %11 600 euros11 844 euros
11 %29 579 euros30 200 euros
30 %84 577 euros86 353 euros
41 %181 917 euros185 737 euros
45 %au-delàau-delà

Pour un non-résident, l’évaluation préalable de l’article indique que trois seuils suivent ce relèvement : celui du taux minimum (article 197 A du CGI) et les deux limites de la retenue à la source sur les salaires et pensions (article 182 A).

Le taux minimum reste de 20 % jusqu’au seuil et de 30 % au-delà, sauf si le taux moyen calculé sur les revenus mondiaux est plus bas. Ce seuil est de 29 579 euros pour les revenus de 2025. Il correspond à la limite de la tranche à 11 %, que le projet porte à 30 200 euros.

La retenue à la source des non-résidents applique en 2026 un taux de 0 % jusqu’à 17 275 euros, de 12 % jusqu’à 50 112 euros et de 20 % au-delà. Les limites applicables en 2027 seront publiées au BOFiP.

Vous percevez une pension française : êtes-vous concerné ?

Seulement si votre pension est imposable en France et dépasse un certain montant. L’article 3 abaisse le plafond de l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite de 4 439 à 3 000 euros par foyer fiscal. La mesure est sans effet en dessous d’environ 30 000 euros de pensions par foyer.

La commission des finances a supprimé cet article le 7 octobre, à titre provisoire. Les députés avaient déjà rejeté la même mesure lors du budget précédent.

Pour un non-résident, deux questions se posent dans l’ordre :

  1. La pension est-elle imposable en France ? Cela dépend de la convention fiscale et de la nature de la pension.
  2. Si oui, le plafond joue-t-il ? La retenue à la source se calcule après l’abattement de 10 %, sans tenir compte du plafond, qui n’intervient que dans la déclaration annuelle. L’effet se lirait donc dans l’impôt annuel, pas dans la retenue mensuelle.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoit par ailleurs de ne revaloriser pleinement que les pensions jusqu’à 1 260 euros bruts par mois, selon le dossier de presse du Gouvernement. Aucune disposition propre aux pensions versées à l’étranger n’a été relevée dans ce second texte.

Donations : un non-résident peut-il utiliser l’allègement temporaire ?

Le texte ne l’exclut pas, d’après les analyses publiées, mais la réponse dépend des règles de territorialité. L’article 4 ouvre une fenêtre du 1er janvier au 30 juin 2027 pour les dons de sommes d’argent, avec deux volets :

  • L’exonération des dons familiaux (article 790 G du CGI) passerait de 31 865 à 50 000 euros. Les conditions habituelles demeurent : donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur, enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant, ou neveu et nièce à défaut de descendance.
  • Un droit forfaitaire de 6 % s’appliquerait aux dons jusqu’à 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire, lorsque le bénéficiaire est majeur et a moins de 50 ans. Le taux serait de 5 % si une part du don est reversée à un organisme d’intérêt général.

Le don devrait être déclaré ou enregistré dans le mois.

Aucune des sources consultées ne signale de condition de résidence. Les règles ordinaires s’appliquent alors : l’imposition en France dépend du domicile du donateur, du lieu où se trouvent les biens et du domicile du bénéficiaire au cours des dix dernières années. Une convention sur les donations, lorsqu’il en existe une, peut modifier ce résultat.

Assurance-vie : les contrats étrangers sont-ils visés ?

Oui, lorsque le régime fiscal français de l’assurance-vie est revendiqué. Selon les analyses de l’article 6, ce régime serait soumis à trois conditions cumulatives :

  1. Les primes versées à compter du 1er octobre 2026 sont en numéraire, sans apport de titres.
  2. Les unités de compte ont des caractéristiques proches de celles admises par le code des assurances français, selon un décret à venir.
  3. Les fonds dédiés ne détiennent pas d’actifs émis ou garantis par le souscripteur, l’assuré, un bénéficiaire ou leurs proches.

À défaut, les gains seraient imposés au taux de 12,8 % ou au barème, sans l’abattement annuel, et le capital transmis au décès relèverait des droits de succession ordinaires. Les règles liées au décès vaudraient pour les décès à compter du 1er juillet 2027.

Les contrats souscrits auprès d’assureurs établis hors de France, luxembourgeois notamment, sont expressément couverts. Le sujet concerne surtout une personne qui revient en France avec un contrat étranger. Aucune source consultée ne traite le cas d’un souscripteur non résident.

Comptes et contrats oubliés en France : que prévoit le projet ?

Un prélèvement sur les sommes en déshérence, sans perte pour leurs titulaires. L’article 23 crée un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les avoirs conservés par la Caisse des dépôts : comptes bancaires inactifs et contrats d’assurance-vie non réclamés, transférés en application de la loi de 2014.

Le prélèvement est dû par la Caisse des dépôts, pas par les titulaires. Les droits à restitution sont maintenus : une somme réclamée reste remboursée en totalité. La commission a porté le taux à 34 % (I-CF1582), à titre provisoire.

Le sujet concerne les personnes qui, après un départ à l’étranger, ont perdu le contact avec une banque ou un assureur français. La recherche se fait sur Ciclade, le service de la Caisse des dépôts. Les sommes y restent réclamables vingt ans après leur transfert, puis reviennent à l’État.

Le projet, mesure par mesure

MesureTexte déposé le 1er octobreCommission des finances (provisoire)Pour un non-résident
Location meublée, régime réel (art. 7)Amortissement plafonné à 2,5 % et 7 000 euros par an et par foyer ; 1,5 % et 5 000 euros pour les meublés de tourismeRésidence principale du locataire, bail mobilité et étudiants exclus du plafond ; plus d’amortissement pour les meublés de tourisme acquis dès 2027Concerné comme un résident pour un bien situé en France
Exit tax et apport de titres (art. 5)Fin du report et du sursis en cas de donation ou de succession, dès le 1er octobre 2026Extension aux crypto-actifs au-delà de 800 000 euros ; réécriture en coursConcerné s’il détient des titres en report ou en sursis
Barème de l’impôt (art. 2)Tranches relevées de 2,1 %Aucune modification du barème signaléeSeuil du taux minimum et limites de la retenue à la source relevés ; taux inchangés
Abattement sur les pensions (art. 3)Plafond ramené de 4 439 à 3 000 euros par foyerArticle suppriméConcerné si la pension est imposable en France
Dons d’argent (art. 4)Du 1er janvier au 30 juin 2027 : exonération portée à 50 000 euros, droit forfaitaire de 6 % jusqu’à 100 000 eurosAucune modification signaléeSelon les règles de territorialité
Assurance-vie (art. 6)Trois conditions pour conserver le régime fiscal françaisAucune modification signaléeSurtout au retour en France avec un contrat étranger
Avoirs en déshérence (art. 23)Prélèvement de 17 % dû par la Caisse des dépôtsTaux porté à 34 %Droits à restitution maintenus

La colonne « Commission » décrit des votes que le rejet de la partie recettes, le 9 octobre, a privés d’effet. Seul le texte adopté en séance comptera.

Qu’est-ce qui relève d’un professionnel ?

Tout ce qui touche à votre situation propre, et toute décision prise avant le vote définitif.

  • L’effet du plafond d’amortissement sur une location meublée, et le choix entre régime réel et micro-BIC, relèvent d’un expert-comptable.
  • Une donation de titres en report ou en sursis d’imposition, avant ou après un départ, relève d’un avocat fiscaliste et d’un notaire.
  • L’imposition en France d’une pension, d’un don ou d’un contrat d’assurance-vie selon la convention applicable relève d’un fiscaliste habilité dans l’État où vous vivez et en France.

Questions fréquentes

Le budget 2027 est-il adopté ?

Non. Le projet a été déposé le 1er octobre 2026. La commission des finances a rejeté la partie recettes le 9 octobre, et la séance publique commence le 13 octobre sur le texte du Gouvernement.

Les taux de 20 % et 30 % des non-résidents augmentent-ils ?

Non, pas dans le texte déposé. Seul le seuil entre les deux taux serait relevé, comme les tranches du barème.

Je loue un appartement meublé en France depuis l’étranger : suis-je concerné ?

Oui si vous relevez du régime réel de la location meublée non professionnelle. Le plafond d’amortissement s’appliquerait par foyer fiscal, quel que soit le pays de résidence. Le micro-BIC n’est pas visé.

L’exit tax est-elle durcie pour tous les départs ?

Non. Le texte déposé ne modifie ni les seuils ni les délais. Il vise les titres reçus lors d’un apport et transmis par donation ou succession. L’extension aux crypto-actifs votée en commission est provisoire.

Quand ces mesures s’appliqueraient-elles ?

À des dates différentes. Le barème vaut pour les revenus de 2026. Le plafond d’amortissement vaut pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2027. Les dons allégés courent du 1er janvier au 30 juin 2027. Certaines règles sur les titres apportés et l’assurance-vie remontent au 1er octobre 2026.

Le texte peut-il encore changer ?

Oui, jusqu’à la promulgation. Plusieurs mesures reprennent des dispositions que les députés ont déjà rejetées l’an dernier, et l’article 5 est en cours de réécriture. Seul le texte définitif permet d’apprécier une situation personnelle.

Sources

Pages consultées le 11 octobre 2026.

Notions : non-résident fiscal, résidence fiscale, exit tax. Vue d’ensemble : obligations fiscales en expatriation.

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Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.

Contenu éditorial, décrivant un projet de loi à sa date de publication et non une recommandation personnalisée. Le texte n’est pas adopté et peut être modifié jusqu’à sa promulgation.

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