Village italien au bord d’un lac au coucher du soleil, avec façades colorées, petites barques et montagnes dans la brume.

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Mis à jour le 22 octobre 2026.

Une fois votre domicile transféré en Italie, la convention de double imposition attribue à l'Italie le droit d'imposer votre rente AVS et votre rente LPP de droit privé. La Suisse ne retient donc rien à la source sur ces rentes. Les prestations en capital du 2e pilier font exception : elles restent retenues en Suisse, puis remboursables sur demande, sauf pour le capital issu d'un ancien emploi de droit public versé à un ressortissant suisse. Côté italien, la rente AVS et les prestations LPP supportent un impôt de 5 % (art. 76 de la loi n° 413/1991), et non le barème ordinaire de l'impôt sur le revenu, sauf pension ou capital de droit public versé à un ressortissant suisse, imposé seulement en Suisse.

Avec l'Allemagne, la France, l'Autriche, l'Espagne et le Portugal, l'Italie fait partie des pays où l'AVS verse la plupart de ses rentes de vieillesse à l'étranger : environ 83 % des 817 000 rentes versées hors de Suisse fin 2025, selon l'OFAS. Cette page suit les textes : convention entre la Suisse et l'Italie, ordonnance suisse sur l'imposition à la source, TUIR et barèmes italiens, accord sur la libre circulation.

Ma rente suisse reste-t-elle imposée en Suisse une fois résident italien ?

Non pour les rentes, oui pour le capital. L'art. 18 de la convention conclue entre la Suisse et l'Italie prévoit que les pensions versées au titre d'un emploi antérieur ne sont imposables que dans l'État de résidence. Pour un retraité installé en Italie, cet État est l'Italie, et la Suisse s'abstient de retenir.

Le basculement a une date précise : selon l'art. 4, par. 4 de la convention, l'assujettissement fondé sur le domicile cesse dans le premier État dès l'expiration du jour du transfert et commence dans l'autre à la même date.

L'exception du droit public. L'art. 19 de la convention réserve à l'État qui paie les rémunérations et pensions versées par un État, ses subdivisions ou un organisme de droit public, à une personne physique possédant la nationalité de cet État. Un retraité de nationalité suisse dont la rente découle d'un ancien emploi de droit public reste donc imposable en Suisse sur cette rente. La condition de nationalité compte : elle ne joue pas de la même manière pour un ressortissant d'un autre pays ayant fait carrière dans la fonction publique suisse.

Côté italien, les instructions de la déclaration 730/2026 de l'Agence italienne des recettes vont dans le même sens : une pension publique suisse est imposée seulement en Suisse si son bénéficiaire possède la nationalité suisse, et seulement en Italie dans le cas contraire. L'AFC applique la même règle aux binationaux, sur la rente desquels la retenue suisse est maintenue.

Le capital suit une autre logique. L'art. 19, al. 1 de l'ordonnance suisse sur l'imposition à la source le soumet à la retenue « nonobstant les règles du droit international », remboursable ensuite sous trois ans, sauf, selon l'AFC, pour le capital d'un ancien emploi de droit public versé à un ressortissant suisse. Particularité italienne : le formulaire Q-IS de l'AFC exige que l'autorité fiscale italienne certifie avoir effectivement imposé la prestation, l'Italie étant l'un des douze États soumis à cette condition renforcée. Procédure détaillée dans rente LPP versée à l'étranger.

Qui impose quoi, une fois le domicile transféré en Italie

FluxRetenue en Suisse ?Imposé en Italie ?Base
Rente AVSNonOui, impôt de 5 % (art. 76 de la loi n° 413/1991)État de résidence (art. 18, à défaut art. 21 de la convention)
Rente LPP, ancien emploi de droit privéNon, la convention l'écarteOui, impôt de 5 % (art. 76 de la loi n° 413/1991)Art. 18 de la convention
Rente issue d'un ancien emploi de droit publicOui pour un ressortissant suisse, binational comprisNon pour un ressortissant suisse, oui sinonArt. 19 de la convention (condition de nationalité suisse) ; instructions 730/2026 de l'Agence italienne des recettes
Prestation en capital du 2e pilierOui, dans tous les casOui, impôt de 5 %, sauf capital de droit public versé à un ressortissant suisseArt. 19 OIS ; remboursement sous 3 ans avec attestation d'imposition italienne, exclu selon l'AFC pour le capital d'un ancien emploi de droit public versé à un ressortissant suisse
Immeuble situé en SuisseImposition ordinaire suisseSelon le droit italienArt. 6 de la convention : État de situation

Convention du 9 mars 1976 entre la Suisse et l'Italie (RS 0.672.945.41) et ordonnance suisse sur l'imposition à la source (RS 642.118.2). La nature de votre ancien emploi, de droit public ou de droit privé, et votre nationalité décident de la ligne qui vous concerne.

Comment l'Italie impose-t-elle une pension suisse ?

La rente AVS et les prestations LPP, en rente comme en capital, supportent un impôt de 5 % (art. 76 de la loi n° 413/1991) : il est prélevé par la banque ou l'intermédiaire italien qui les verse, ou déclaré par le bénéficiaire lorsqu'elles arrivent sans intermédiaire italien. Le texte vise les prestations constituées notamment de cotisations de prévoyance imposées à la source en Suisse. Une pension ou un capital de droit public versé à un ressortissant suisse n'est pas concerné, puisqu'il est imposé seulement en Suisse. Les autres revenus relèvent du barème ordinaire de l'IRPEF, qui compte trois tranches. Dans la version publiée par l'Agence italienne des recettes au 13 janvier 2026 : 23 % jusqu'à 28 000 euros, puis 33 % de 28 001 à 50 000 euros, puis 43 % au-delà de 50 000 euros. La deuxième tranche a été ramenée de 35 à 33 % par la loi de finances 2026 (loi n° 199/2025).

Un régime particulier existe, et il est très encadré. L'art. 24-ter du TUIR ouvre aux titulaires de pensions de source étrangère qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie une imposition substitutive de l'IRPEF au taux de 7 % sur les revenus produits à l'étranger, pour la période d'imposition du transfert et les neuf suivantes. Il suppose de s'installer dans une commune de Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise ou Pouilles de 30 000 habitants au plus, seuil en vigueur depuis le 7 avril 2026 et fixé auparavant à 20 000, ou dans une commune touchée par les séismes de 2009 et 2016, sous le même plafond de 30 000 habitants.

Les conditions d'accès sont strictes. La circulaire n° 21/E du 17 juillet 2020 exige de ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant au moins cinq périodes d'imposition, et une dernière résidence dans un pays lié à l'Italie par un accord de coopération administrative en matière fiscale. La Suisse remplit cette condition, une convention fiscale liant les deux États. La nationalité est sans effet. En revanche, être inscrit au registre de la population résidente italienne pendant la majeure partie d'une année vaut résidence fiscale italienne pour cette année, sans preuve contraire possible jusqu'en 2023 et sauf preuve contraire depuis 2024 (circulaire n° 20/E du 4 novembre 2024).

Ce régime est un fait de droit, pas une raison de partir : il suppose de résider dans une commune éligible pendant toute sa durée, jusqu'à dix ans, l'option restant révocable. Son articulation avec la retenue suisse sur une prestation en capital, dont le remboursement suppose une imposition effective en Italie, s'instruit avec un avocat fiscaliste familier des deux juridictions.

Un retraité suisse peut-il s'installer librement en Italie ?

Oui, dans le cadre de l'accord sur la libre circulation des personnes conclu entre la Suisse et l'Union européenne. Son annexe I, art. 24 prévoit qu'une personne n'exerçant pas d'activité économique dans l'État de résidence reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au moins, à deux conditions qu'elle doit prouver aux autorités.

Ce sont des moyens financiers suffisants pour ne pas devoir faire appel à l'aide sociale, et une assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques. Les moyens sont réputés suffisants lorsqu'ils dépassent le seuil ouvrant droit aux prestations d'assistance pour les nationaux ou, à défaut, le niveau de la pension minimale de sécurité sociale de l'État d'accueil. Une rente AVS complétée d'une rente LPP franchit en général ce seuil, mais la commune d'accueil apprécie le dossier.

Que devient ma couverture santé ?

Elle reste suisse par défaut si vous n'exercez pas d'activité lucrative et ne touchez ni rente italienne ni rente d'un autre État où vous auriez cotisé plus longtemps qu'en Suisse. Selon l'OFSP, les bénéficiaires d'une rente suisse sans activité lucrative domiciliés dans l'UE ou l'AELE sont soumis à l'assurance-maladie obligatoire suisse, mais ceux qui touchent aussi une rente de leur pays de résidence doivent s'assurer dans ce pays, et ceux qui touchent des rentes de plusieurs États, sans rente de leur pays de résidence, s'assurent dans celui où ils ont cotisé le plus longtemps. L'Italie fait partie des États où un droit d'option permet de s'assurer dans le pays de résidence à la place.

Trois points décident de l'issue. La demande d'exemption se dépose auprès de l'Institution commune LAMal, à Olten, dans les trois mois qui suivent l'octroi de la rente ou l'installation. Elle suppose de justifier d'une couverture pour les traitements en Italie, ainsi que lors d'un séjour dans l'UE, l'AELE, au Royaume-Uni et en Suisse. Et l'exercice tacite du droit d'option n'a aucune valeur juridique, un arrêt du Tribunal fédéral de 2015 l'ayant expressément écarté : ne rien faire n'est pas un choix, c'est le maintien de la LAMal.

Vit-on réellement moins cher en Italie ?

Oui, et l'écart est large. Les indices de niveau de prix publiés par Eurostat pour la dépense de consommation finale des ménages, base UE 27 = 100, situent en 2025 la Suisse à 171,3 et l'Italie à 97,1. Le niveau général des prix suisse dépasse donc le niveau italien d'environ trois quarts ; pour les produits alimentaires et boissons non alcoolisées, l'écart est de 155,9 contre 101,1.

Deux réserves : ce sont des moyennes nationales, Genève et Zurich se situant au-dessus de la moyenne suisse et le sud de l'Italie nettement sous la sienne, et un niveau de prix ne dit rien de votre panier réel. Notre comparateur du coût de la vie convertit un budget d'une ville à l'autre, et la fiche Italie décrit le quotidien sur place.

Questions fréquentes

Ma rente AVS est-elle imposée en Italie ?

Oui, en tant que résident italien vous y êtes imposable sur vos revenus. La rente AVS y supporte un impôt de 5 % (art. 76 de la loi n° 413/1991), et non le barème de l'IRPEF. La Suisse, elle, ne prélève pas d'impôt à la source sur la rente AVS versée à l'étranger.

La Suisse retient-elle quelque chose sur ma rente LPP ?

Pas si elle découle d'un ancien emploi de droit privé : l'art. 18 de la convention attribue l'imposition à l'Italie, qui applique son impôt de 5 %, et la retenue suisse n'est pas opérée. Une rente issue d'un ancien emploi de droit public versée à un ressortissant suisse reste en revanche imposable en Suisse (art. 19).

Le régime italien à 7 % s'applique-t-il à un retraité suisse ?

La Suisse remplit la condition d'accord de coopération administrative. Restent les autres : percevoir une pension versée par un organisme étranger, cinq périodes d'imposition sans résidence fiscale italienne, installation dans une commune éligible de 30 000 habitants au plus (commune du Sud, ou commune touchée par les séismes de 2009 et 2016), option exercée dans la déclaration de l'année du transfert et, pour qui y a été inscrit, radiation du registre de la population résidente.

Puis-je garder la LAMal en Italie ?

Oui, c'est même le régime par défaut pour un rentier suisse domicilié dans l'UE qui n'exerce pas d'activité lucrative et ne touche ni rente italienne ni rente d'un autre État où il aurait cotisé plus longtemps qu'en Suisse. Le droit d'option permet de basculer vers le régime italien, sur demande déposée à l'Institution commune LAMal dans les trois mois.

Quand mon assujettissement suisse prend-il fin ?

À l'expiration du jour où le transfert de domicile s'est accompli, l'assujettissement commençant en Italie à la même date (art. 4, par. 4 de la convention).

Sources

  • Fedlex : convention du 9 mars 1976 entre la Suisse et l'Italie contre les doubles impositions (RS 0.672.945.41), art. 4, 6, 18 et 19
  • Fedlex : accord du 21 juin 1999 sur la libre circulation des personnes (RS 0.142.112.681), annexe I, art. 24
  • Fedlex : ordonnance sur l'imposition à la source (OIS, RS 642.118.2), art. 18 et 19, état au 1er janvier 2025
  • AFC : imposition à la source des prestations de prévoyance découlant de rapports de travail de droit public, aperçu des conventions, état au 1er janvier 2026
  • Normattiva : loi n° 413 du 30 décembre 1991, art. 76 (rentes AVS et prestations LPP), version en vigueur au 22 octobre 2026
  • Agenzia delle Entrate : instructions du modèle 730/2026, pensions de source suisse
  • Agenzia delle Entrate : barèmes de l'IRPEF, page mise à jour le 13 janvier 2026 (deuxième tranche ramenée à 33 % par la loi n° 199/2025)
  • Agenzia delle Entrate : régime optionnel pour les retraités étrangers, art. 24-ter du TUIR, page mise à jour le 8 mai 2026 ; circulaire n° 21/E du 17 juillet 2020
  • OFSP : assurance-maladie des bénéficiaires d'une rente suisse à l'étranger et droit d'option (bag.admin.ch, consulté le 22 octobre 2026)
  • Eurostat : indices de niveau de prix de la consommation finale des ménages, UE 27 = 100, année 2025 (jeu de données prc_ppp_ind_1, mis à jour le 9 juillet 2026)

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‍Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d'expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.

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