Une fois votre domicile transféré en Italie, la convention de double imposition attribue à l'Italie le droit d'imposer votre rente AVS et votre rente LPP de droit privé. La Suisse ne retient donc rien à la source sur ces rentes. Les prestations en capital du 2e pilier font exception : elles restent retenues en Suisse, puis remboursables sur demande.
L'Italie est la première destination des retraités partis de Suisse qui cherchent leurs repères en français. Cette page suit les textes : convention entre la Suisse et l'Italie, ordonnance suisse sur l'imposition à la source, TUIR et barèmes italiens, accord sur la libre circulation.
Non pour les rentes, oui pour le capital. L'art. 18 de la convention conclue entre la Suisse et l'Italie prévoit que les pensions versées au titre d'un emploi antérieur ne sont imposables que dans l'État de résidence. Pour un retraité installé en Italie, cet État est l'Italie, et la Suisse s'abstient de retenir.
Le basculement a une date précise : selon l'art. 4, par. 4 de la convention, l'assujettissement fondé sur le domicile cesse dans le premier État dès l'expiration du jour du transfert et commence dans l'autre à la même date.
L'exception du droit public. L'art. 19 de la convention réserve à l'État qui paie les rémunérations et pensions versées par un État, ses subdivisions ou un organisme de droit public, à une personne physique possédant la nationalité de cet État. Un retraité suisse d'une caisse de pension de droit public reste donc imposable en Suisse sur cette rente. La condition de nationalité compte : elle ne joue pas de la même manière pour un ressortissant d'un autre pays ayant fait carrière dans la fonction publique suisse.
Imposable en Suisse ne veut pas dire invisible en Italie. L'art. 24, par. 2 de la convention autorise l'Italie à inclure dans sa base de calcul les éléments de revenu imposables en Suisse, puis à déduire l'impôt suisse payé, dans la limite de la part d'impôt italien correspondant à ces revenus. Le revenu compte donc pour déterminer le taux applicable au reste.
Le capital suit une autre logique. L'art. 19, al. 1 de l'ordonnance suisse sur l'imposition à la source le soumet à la retenue « nonobstant les règles du droit international », remboursable ensuite sous trois ans. Particularité italienne : le formulaire Q-IS de l'AFC exige que l'autorité fiscale italienne certifie avoir effectivement imposé la prestation, l'Italie étant l'un des douze États soumis à cette condition renforcée. Procédure détaillée dans rente LPP versée à l'étranger.
Convention du 9 mars 1976 entre la Suisse et l'Italie (RS 0.672.945.41) et ordonnance suisse sur l'imposition à la source (RS 642.118.2). La qualification de votre caisse, de droit privé ou de droit public, décide de la ligne qui vous concerne.
Au barème ordinaire de l'IRPEF, qui compte trois tranches. Dans la version publiée par l'Agence italienne des recettes au 13 janvier 2026 : 23 % jusqu'à 28 000 euros, puis 33 % de 28 001 à 50 000 euros, puis 43 % au-delà de 50 000 euros. La deuxième tranche a été ramenée de 35 à 33 % par la loi de finances 2026 (loi n° 199/2025).
Un régime particulier existe, et il est très encadré. L'art. 24-ter du TUIR ouvre aux titulaires de pensions de source étrangère qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie une imposition substitutive de l'IRPEF au taux de 7 % sur les revenus produits à l'étranger, pour neuf périodes d'imposition. Il suppose de s'installer dans une commune de Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise ou Pouilles de 30 000 habitants au plus, seuil en vigueur depuis le 7 avril 2026 et fixé auparavant à 20 000, ou dans certaines communes touchées par les séismes de 2009 et 2016.
Les conditions d'accès sont strictes. La circulaire n° 21/E du 17 juillet 2020 exige de ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant au moins cinq périodes d'imposition, et une dernière résidence dans un pays lié à l'Italie par un accord de coopération administrative en matière fiscale. La Suisse remplit cette condition, une convention fiscale liant les deux États. La nationalité est sans effet, mais il faut s'être radié du registre de la population résidente.
Ce régime est un fait de droit, pas une raison de partir : il engage un lieu de vie précis pour près d'une décennie. Son articulation avec la retenue suisse sur une prestation en capital, dont le remboursement suppose une imposition effective en Italie, s'instruit avec un avocat fiscaliste familier des deux juridictions.
Oui, dans le cadre de l'accord sur la libre circulation des personnes conclu entre la Suisse et l'Union européenne. Son annexe I, art. 24 prévoit qu'une personne n'exerçant pas d'activité économique dans l'État de résidence reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au moins, à deux conditions qu'elle doit prouver aux autorités.
Ce sont des moyens financiers suffisants pour ne pas devoir faire appel à l'aide sociale, et une assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques. Les moyens sont réputés suffisants lorsqu'ils dépassent le seuil ouvrant droit aux prestations d'assistance pour les nationaux ou, à défaut, le niveau de la pension minimale de sécurité sociale de l'État d'accueil. Une rente AVS complétée d'une rente LPP franchit en général ce seuil, mais la commune d'accueil apprécie le dossier.
Elle reste suisse par défaut. Selon l'OFSP, les bénéficiaires d'une rente suisse domiciliés dans l'UE ou l'AELE demeurent soumis à l'assurance obligatoire des soins suisse. L'Italie fait partie des États où un droit d'option permet de s'assurer dans le pays de résidence à la place.
Trois points décident de l'issue. La demande d'exemption se dépose auprès de l'Institution commune LAMal, à Olten, dans les trois mois qui suivent l'octroi de la rente ou l'installation. Elle suppose de justifier d'une couverture valable en Italie. Et l'exercice tacite du droit d'option n'a aucune valeur juridique, un arrêt du Tribunal fédéral de 2015 l'ayant expressément écarté : ne rien faire n'est pas un choix, c'est le maintien de la LAMal.
Oui, et l'écart est large. Les indices de niveau de prix publiés par Eurostat pour la consommation finale des ménages, base UE 27 = 100, situent en 2024 la Suisse à 158,5 et l'Italie à 101,7. Le niveau général des prix suisse dépasse donc le niveau italien d'environ la moitié.
Deux réserves : ce sont des moyennes nationales, Genève et Zurich se situant au-dessus de la moyenne suisse et le sud de l'Italie nettement sous la sienne, et un niveau de prix ne dit rien de votre panier réel. Notre comparateur du coût de la vie convertit un budget d'une ville à l'autre, et la fiche Italie décrit le quotidien sur place.
Oui, en tant que résident italien vous y êtes imposable sur vos revenus, rente AVS comprise, au barème de l'IRPEF. La Suisse, elle, ne prélève pas d'impôt à la source sur la rente AVS versée à l'étranger.
Pas si votre caisse relève du droit privé : l'art. 18 de la convention attribue l'imposition à l'Italie et la retenue suisse n'est pas opérée. Une rente d'une caisse de droit public versée à un ressortissant suisse reste en revanche imposable en Suisse (art. 19).
La Suisse remplit la condition d'accord de coopération administrative. Restent les autres : cinq périodes d'imposition sans résidence fiscale italienne, installation dans une commune éligible du Sud de 30 000 habitants au plus, et radiation du registre de la population résidente.
Oui, c'est même le régime par défaut pour un rentier suisse domicilié dans l'UE. Le droit d'option permet de basculer vers le régime italien, sur demande déposée à l'Institution commune LAMal dans les trois mois.
À l'expiration du jour où le transfert de domicile s'est accompli, l'assujettissement commençant en Italie à la même date (art. 4, par. 4 de la convention).
Vue d'ensemble du départ à la retraite : retraite à l'étranger depuis la Suisse. Imposition à la source du 2e pilier : rente LPP versée à l'étranger. Démarches du départ : s'expatrier depuis la Suisse.
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Rédigé par Sidney Lakehal, fondateur d'expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.
Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.
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