Immeuble de bureaux blanc à facettes sous un ciel bleu, Karlín, Prague
Karlín, Prague

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Mis à jour le 18 octobre 2026.

Une société à responsabilité limitée tchèque, la s.r.o. (společnost s ručením omezeným), se crée avec un capital de 1 CZK, un acte notarié et une inscription au registre du commerce que le notaire peut faire lui-même, souvent dans la journée. Les frais obligatoires tiennent en quelques milliers de couronnes : 4 000 CZK au moins pour l’acte, 6 000 CZK de droit de greffe si le dossier passe par le tribunal, rien si le notaire inscrit lui-même une société de forme standard. La société paie ensuite l’impôt sur les sociétés à 21 % et retient 15 % sur les dividendes versés à un associé résident. Pour une activité de services à une seule personne, ce cumul de 32,9 % sur le bénéfice distribué est bien plus lourd que la živnost, et c’est la première chose à vérifier avant de créer.

Cette page s’adresse à un ressortissant français, résident ou non de Tchéquie, qui envisage de créer une société à Prague pour y exercer une activité ou y loger une activité existante. Elle décrit le cadre en vigueur à l’automne 2026 d’après les pages officielles tchèques et françaises consultées le 18 octobre 2026. L’exercice en nom propre est traité dans s’installer comme indépendant à Prague, et l’installation elle-même (séjour, santé, logement, école) dans s’installer à Prague depuis la France. Les montants en euros sont convertis au cours de la Banque nationale tchèque du 9 octobre 2026 (24,365 CZK pour 1 euro) et restent indicatifs.

Un repère pour situer le sujet : au 31 décembre 2025, l’Office tchèque de statistique comptait 145 537 étrangers titulaires d’une licence professionnelle en Tchéquie. Le nombre de sociétés détenues par des Français n’est pas publié ; le service économique de l’ambassade recense entre 550 et 800 filiales de groupes français, ce qui est une autre population que celle de l’entrepreneur individuel visé ici.

Živnost ou s.r.o. : quand la société se justifie-t-elle ?

Quand l’activité engage des tiers, des salariés ou des associés, ou quand le bénéfice n’est pas destiné à être retiré chaque année. Pour un consultant, un développeur ou un formateur qui travaille seul et vit de son activité, la živnost reste moins chère et moins lourde, et la s.r.o. ne devient intéressante que pour des raisons qui ne sont pas fiscales.

RepèreŽivnost (nom propre)s.r.o. (société)
CréationDéclaration au bureau des licences, 800 à 1 000 CZK, extrait sous cinq joursActe notarié, capital, inscription au registre, de 5 000 à 15 000 CZK de frais obligatoires selon la voie choisie
ResponsabilitéIllimitée, sur le patrimoine personnelLimitée aux apports, sauf faute du gérant
Impôt sur le résultat15 %, puis 23 % au-delà de 1 762 812 CZK, sur les recettes moins les dépenses (réelles ou forfait de 60 % ou 80 %)21 % sur le bénéfice comptable, puis 15 % de retenue sur les dividendes
Cotisations socialesAssurance sociale (29,2 % de 55 % de la base) et santé (13,5 % de 50 %), minimum de 8 311 CZK par moisAucune sur les dividendes ; dues sur la rémunération du gérant, s’il y en a une
Régime forfaitairePossible (9 162 CZK par mois en première tranche)Non
ComptabilitéRegistre des recettes, ou forfait de dépensesComptabilité en partie double obligatoire, comptes annuels déposés au registre
Associés, salariésNon ; salariés possiblesOui, parts cessibles, salariés
Fin d’activitéSimple déclarationLiquidation ou cession des parts
Article détailléIndépendant à Prague : živnost, impôt forfaitaire, cotisationsCette page

Les situations où la s.r.o. s’impose

  • Plusieurs associés. La živnost est personnelle ; dès que deux personnes partagent un projet, il faut une société pour répartir le capital et les droits.
  • Un risque commercial réel. Contrats avec des clients importants, stocks, locaux, salariés : la responsabilité limitée protège le patrimoine personnel, dans les limites décrites plus bas.
  • Des bénéfices réinvestis. Un bénéfice laissé dans la société ne supporte que 21 % ; la retenue de 15 % n’intervient qu’à la distribution.
  • Un client qui l’exige. Certains donneurs d’ordre, en particulier dans l’informatique, ne contractent qu’avec une personne morale.
  • Un projet de cession. Les parts d’une s.r.o. se vendent ; une živnost ne se transmet pas.

Les situations où elle coûte sans rapporter

Une activité de services seul, sans salarié ni investissement, dont le bénéfice sert à vivre. Le calcul de la section fiscale le montre : sur 1 000 000 CZK de bénéfice distribué, la s.r.o. laisse 671 500 CZK à l’associé, là où une živnost au forfait de 60 % en laisse près de 900 000 sur des recettes comparables, cotisations comprises. S’y ajoutent la comptabilité, le dépôt des comptes et l’absence de couverture sociale tant que le gérant ne se verse pas de rémunération.

Comment se crée une s.r.o. ?

En cinq étapes, dont trois chez le notaire : l’acte de fondation, le dépôt du capital, la licence professionnelle, l’inscription au registre du commerce et l’enregistrement fiscal. Un citoyen de l’Union fonde une société tchèque aux mêmes conditions qu’un ressortissant tchèque, et rien n’impose qu’un associé ou le gérant réside en Tchéquie.

L’acte de fondation

La s.r.o. naît d’un acte notarié : acte de fondation (zakladatelská listina) pour un associé unique, contrat de société (společenská smlouva) à plusieurs. Le notaire se choisit librement dans l’annuaire de la Chambre des notaires ; le portail gov.cz permet aussi d’engager la démarche en ligne avec une identité numérique (Identita občana ou bankID), un notaire étant alors attribué. Il faut arriver avec le nom de la société, l’adresse du siège, l’identité des associés et du gérant et l’objet de l’activité. L’acte est rédigé en tchèque ; un fondateur qui ne le lit pas fait intervenir un interprète, à ses frais.

L’honoraire du notaire est fixé par le tarif notarial (décret 196/2001 Sb.) : 4 000 CZK au moins pour l’acte, ramenés à 2 000 CZK lorsque l’acte ne contient que les mentions obligatoires de la loi et que le notaire inscrit lui-même la société, plus la TVA de 21 % que la plupart des notaires facturent.

Le capital

Le minimum légal est de 1 CZK par part (loi 90/2012 Sb. sur les sociétés commerciales, § 142). Les apports en numéraire se versent sur un compte ouvert par le gestionnaire des apports, en général une banque, qui délivre une attestation pour le registre ; lorsque le total des apports ne dépasse pas 20 000 CZK, ils peuvent être versés autrement, par exemple en espèces au notaire. Un capital symbolique est légal, mais les banques, les bailleurs et les clients lisent le capital au registre : les cabinets consultés recommandent 100 000 à 200 000 CZK (4 100 à 8 200 euros) pour une société qui compte contracter, et ce capital reste disponible pour l’activité une fois la société inscrite.

La licence professionnelle

La société déclare son activité au bureau des licences comme un indépendant, par le formulaire JRF : 1 000 CZK au guichet, 800 CZK en ligne. Pour une activité libre, aucune qualification n’est demandée ; pour une activité artisanale ou réglementée, la société désigne un représentant responsable qui détient la qualification. Le gérant fournit un extrait de casier judiciaire de son État de nationalité ou de dernière résidence, de moins de trois mois ; le bulletin français est dispensé d’apostille.

L’inscription au registre du commerce

Deux voies :

  • Par le tribunal de commerce (rejstříkový soud) : droit de greffe fixe de 6 000 CZK pour la première inscription d’une s.r.o. (loi 549/1991 Sb., poste 11), délai légal de cinq jours ouvrés à compter d’un dossier complet.
  • Par le notaire (přímý zápis) : le notaire qui a dressé l’acte inscrit lui-même la société, pour 300 CZK d’honoraire, et le droit de greffe est supprimé lorsque l’acte ne contient que les mentions obligatoires et que les apports sont en numéraire. Le portail gov.cz parle d’une inscription « dans l’idéal en quelques heures ».

Le dossier comprend l’acte, l’attestation de dépôt du capital, la licence, la preuve du droit d’usage du siège (décrite plus bas), le casier judiciaire du gérant et sa déclaration de consentement avec signature certifiée. La société existe au jour de l’inscription ; elle reçoit son numéro d’identification (IČO) et sa boîte de données est créée d’office.

L’enregistrement fiscal

Une personne morale s’enregistre à l’impôt sur les sociétés auprès de l’administration fiscale dans les 15 jours qui suivent son inscription au registre, par voie électronique. L’enregistrement à la TVA n’est obligatoire qu’au-delà de 2 000 000 CZK de chiffre d’affaires tchèque par année civile, et le statut de personne identifiée naît, comme pour un indépendant, dès le premier service facturé à une entreprise d’un autre État membre.

Combien cela coûte-t-il au total ?

PosteVoie notaire, acte standardVoie tribunal
Acte notarié (hors TVA)2 000 CZK4 000 CZK
Inscription au registre300 CZK6 000 CZK
Attestation notariale pour le registre (§ 109 ZVR), selon le cas1 000 CZK1 000 CZK
Licence professionnelle800 à 1 000 CZK800 à 1 000 CZK
Casier judiciaire, extrait cadastral, certifications de signature200 à 300 CZK200 à 300 CZK
Total indicatif, hors TVA et hors conseil4 300 à 4 600 CZK (environ 180 euros)12 000 à 12 300 CZK (environ 500 euros)

Ces montants sont les frais légaux. Ils ne comprennent ni l’interprète, ni l’avocat ou le prestataire qui prépare le dossier, ni le capital lui-même. Les prestataires de création affichent leurs tarifs en ligne ; les comparer sur ce qui est inclus (siège, licence, comptabilité la première année) est plus utile que sur le prix d’appel.

Où fixer le siège : domicile, bureau ou siège fourni ?

N’importe où en Tchéquie, à trois conditions : un droit d’usage prouvé, une signalétique sur le bâtiment et un courrier qui arrive. Le siège figure au registre public, avec l’adresse complète, et c’est là que l’administration écrit et contrôle.

Que faut-il prouver au registre ?

La loi sur les registres publics (304/2013 Sb., § 14) demande soit un titre d’usage du local (bail, par exemple), soit le consentement écrit du propriétaire, dont la signature doit être certifiée et qui ne doit pas avoir plus de trois mois. Rien à fournir lorsque le fondateur est lui-même propriétaire, le registre consultant le cadastre. Le code civil impose ensuite que le siège soit signalé à l’extérieur (nom et numéro d’identification) et que la société y soit joignable : un courrier recommandé qui revient au tribunal est le premier signe d’un siège fictif.

Les trois options

OptionCoût mensuelCe qu’il fautLimites
Domicile du fondateur0 CZKConsentement certifié du propriétaire, donc du bailleur si l’on est locataireAdresse personnelle publique au registre ; déménagement = changement de siège à inscrire
Bureau louéDizaines de milliers de CZK selon le quartierBail commercialCoût, engagement de durée
Siège fourni par un prestataireQuelques centaines de CZK (indication des prestataires pragois)Contrat de siège, consentement fourni par le prestataireQualité de la gestion du courrier ; adresses très partagées, parfois jugées à risque par les banques

Le siège fourni est la solution courante d’un fondateur qui loue son logement et dont le bailleur refuse de signer, ou qui ne veut pas voir son adresse au registre. Ce que la loi exige du prestataire, et ce qu’il faut vérifier avant de signer :

  • qu’il détient le bâtiment ou un bail long, pour ne pas perdre le siège si son propre bail s’arrête ;
  • qu’il réceptionne le courrier, prévient par courriel ou SMS et numérise ou réexpédie, car une mise en demeure du fisc ou du tribunal court à compter de la remise ;
  • qu’il appose la signalétique ;
  • qu’une salle est disponible pour un contrôle ou un rendez-vous.

La boîte de données (datová schránka), créée d’office pour toute s.r.o., réduit l’enjeu du courrier papier : les administrations y écrivent en priorité, et un message y est réputé remis dix jours après son dépôt même s’il n’est pas lu. C’est elle qu’il faut consulter chaque semaine, quel que soit le siège.

Le siège et la résidence fiscale de la société

Une adresse à Prague ne suffit pas à faire de la société une résidente tchèque aux yeux de la France. La convention fiscale entre les deux pays (article 4, paragraphe 3) tranche une double résidence par le lieu du siège de direction effective, c’est-à-dire là où les décisions se prennent. Un gérant qui vit et travaille en France, avec un siège fourni à Prague, expose la société à être regardée comme française ; ce point est repris dans la section sur la France.

Qui dirige la société, et à quelles conditions ?

Un ou plusieurs gérants (jednatel), nommés dans l’acte de fondation, qui peuvent être les associés eux-mêmes. Aucune condition de nationalité ni de résidence n’est imposée ; le gérant doit être majeur, capable et sans condamnation incompatible avec l’activité, ce que prouve l’extrait de casier judiciaire.

Quelle responsabilité ?

Le gérant agit avec le soin d’un bon gestionnaire (péče řádného hospodáře). Il répond personnellement du dommage causé à la société par un manquement, et la responsabilité limitée des associés ne le couvre pas. Deux obligations pèsent lourd en pratique : déposer le bilan sans retard lorsque la société est insolvable, et tenir les dépôts annuels (comptes, bénéficiaires effectifs) décrits plus bas. Avec un capital de 1 CZK, les cabinets consultés soulignent que la responsabilité du gérant est le vrai filet des créanciers, et qu’ils la recherchent.

Faut-il se verser une rémunération ?

Non, mais le choix a des conséquences. La fonction s’exerce sur la base d’un contrat d’exercice de fonction (smlouva o výkonu funkce), approuvé par les associés ; sans contrat ni rémunération prévue, la fonction est gratuite.

Situation du gérantImpôt et cotisationsCouverture
Rémunéré, 4 500 CZK par mois ou plus en 2026Revenu d’emploi (§ 6 de la loi sur l’impôt sur le revenu) : impôt retenu à la source, assurance sociale et santé comme pour un salarié (11,6 % à la charge du gérant, 33,8 % à la charge de la société), la rémunération étant déductible du résultatSanté, retraite, indemnités maladie
Rémunéré, moins de 4 500 CZK par moisImpôt et assurance santé ; pas d’assurance socialeSanté seulement
Non rémunéréRien par la sociétéAucune : le gérant doit être assuré à un autre titre (emploi, živnost, ou cotisation de personne sans revenu de 3 024 CZK par mois)

Le seuil de 4 500 CZK est le revenu décisif de 2026 pour les fonctions de ce type, d’après les paramètres publiés par la presse spécialisée ; l’assurance santé est due sur toute rémunération, avec une assiette minimale égale au salaire minimum (22 400 CZK) lorsque le gérant n’est pas assuré par ailleurs.

Le schéma courant d’un fondateur seul est donc une rémunération de gérant modeste, qui ouvre la couverture sociale et réduit le résultat imposable, puis des dividendes sur le solde. La répartition entre les deux relève d’un conseiller fiscal tchèque (daňový poradce) : elle dépend du niveau de bénéfice, de la retraite visée et, pour un gérant résident de France, de l’article 16 de la convention, qui attribue l’imposition des rémunérations de dirigeant à l’État de la société.

Et le compte bancaire de la société ?

Il s’ouvre après l’inscription au registre, sur présentation de l’extrait, de l’acte et de l’identité du gérant, avec les mêmes vérifications de bénéficiaire effectif que pour toute personne morale. Les banques tchèques demandent en général la présence physique du gérant, et plusieurs refusent les sociétés dont le siège est une adresse de domiciliation très partagée ; c’est le moment où le choix du siège et le montant du capital se paient ou se récupèrent.

Quels impôts paie une s.r.o. ?

L’impôt sur les sociétés à 21 % sur le bénéfice, puis une retenue de 15 % sur les dividendes versés à un associé personne physique résident de Tchéquie, et la TVA au-delà de 2 000 000 CZK de chiffre d’affaires tchèque. Il n’y a ni impôt local sur les entreprises, ni cotisation minimale, ni taxe sur le capital.

ImpôtTaux 2026Assiette et échéance
Impôt sur les sociétés (daň z příjmů právnických osob)21 %Bénéfice comptable corrigé ; déclaration au 1er avril, au 1er mai par voie électronique, au 1er juillet avec un conseiller ; acomptes selon le dernier impôt dû
Retenue sur les dividendes, associé résident tchèque15 %Retenue par la société lors du versement, libératoire pour l’associé
Retenue sur les dividendes, associé résident de France10 % au plus (convention, article 10)Retenue réduite sur justificatif de résidence ; imposition en France ensuite, avec crédit d’impôt
Dividendes versés à une société mère française détenant au moins 25 %0 %Convention, article 10, et directive mère-filiale
TVA21 % (taux réduit de 12 %)Assujettissement obligatoire au-delà de 2 000 000 CZK de chiffre d’affaires tchèque par année civile ; volontaire en dessous
Taxe routièreSelon le véhiculeSeulement pour les poids lourds depuis 2022

Le taux de 21 % s’applique depuis l’exercice 2024 (19 % auparavant) ; plusieurs pages en français citent encore l’ancien taux. La retenue de 15 % sur les dividendes vaut pour les personnes physiques comme pour les personnes morales résidentes, hors cas d’exonération entre sociétés.

Que donne le calcul sur un exemple ?

Prenons une activité de services qui facture 1 200 000 CZK dans l’année (environ 49 250 euros) avec 200 000 CZK de charges réelles, exercée par un associé unique qui ne se verse pas de rémunération et distribue tout le bénéfice. Il s’agit d’un calcul de la rédaction à partir des taux officiels, donné pour l’ordre de grandeur.

ÉtapeCalculMontant
Bénéfice imposable1 200 000 moins 200 0001 000 000 CZK
Impôt sur les sociétés21 %210 000 CZK
Dividende brut1 000 000 moins 210 000790 000 CZK
Retenue sur le dividende15 %118 500 CZK
Net perçu par l’associé671 500 CZK
Prélèvements totaux210 000 plus 118 500328 500 CZK, soit 32,9 % du bénéfice

La même activité sous živnost, avec le forfait de dépenses de 60 %, supportait 157 920 CZK d’impôt et de cotisations dans l’exemple de l’article sur l’indépendant, soit 13,2 % des recettes, et 109 944 CZK dans le régime forfaitaire. L’écart tient à deux choses : la s.r.o. ne connaît pas le forfait de dépenses, et les 32,9 % n’achètent aucune couverture sociale, là où les cotisations de l’indépendant ouvrent la santé et la retraite.

L’écart se réduit lorsque le gérant se verse une rémunération (déductible, mais chargée à 33,8 % pour la société et 11,6 % pour lui) ou lorsque le bénéfice reste dans la société : un bénéfice réinvesti ne supporte que 21 %. C’est pour une activité qui accumule, embauche ou investit que la s.r.o. retrouve son sens fiscal.

Qu’en est-il de l’associé qui vit en France ?

La Tchéquie retient 10 % au plus sur le dividende, sur présentation d’une attestation de résidence fiscale française. La France impose ensuite le dividende au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (ou au barème sur option), avec un crédit d’impôt égal à la retenue tchèque, dans la limite de l’impôt français. Sur l’exemple, l’associé résident de France conserve environ 553 000 CZK au lieu de 671 500, et c’est avant la question, plus lourde, de la résidence de la société elle-même.

Et la TVA sur des clients français ?

Même règle que pour un indépendant : les services rendus à une entreprise établie en France n’entrent pas dans le chiffre d’affaires retenu pour le seuil de 2 000 000 CZK, mais le premier service facturé à une entreprise d’un autre État membre fait de la s.r.o. une personne identifiée, à enregistrer dans les quinze jours, avec des déclarations pour les mois concernés. Beaucoup de sociétés qui travaillent avec des clients européens optent pour l’assujettissement volontaire, qui permet de récupérer la TVA sur leurs achats.

Quelles obligations chaque année ?

Une comptabilité en partie double, une déclaration d’impôt sur les sociétés, le dépôt des comptes au registre et la tenue du registre des bénéficiaires effectifs. Aucune de ces obligations ne disparaît parce que la société est petite ou inactive.

ObligationRègleSanction en cas de manquement
ComptabilitéPartie double obligatoire pour toute personne morale (loi 563/1991 Sb.), en couronnes et en tchèqueAmende fiscale, redressement sur base estimée
Déclaration d’impôt sur les sociétésPar voie électronique, au 1er mai de l’année suivante, ou au 1er juillet avec un conseiller fiscal (daňový poradce)Pénalité de retard dès le sixième jour ouvré
Approbation des comptesPar les associés, dans les six mois de la clôture
Dépôt des comptes au recueil des actes (sbírka listin)Dans les 30 jours de l’approbation, et au plus tard douze mois après la date de clôture ; les micro et petites entités déposent un bilan et une annexe simplifiésAmende jusqu’à 3 % de l’actif, puis dissolution judiciaire après mise en demeure
AuditPlus obligatoire pour les micro et petites entités depuis les exercices ouverts en 2026 (actif jusqu’à 120 millions CZK, chiffre d’affaires jusqu’à 240 millions, 50 salariés)
Registre des bénéficiaires effectifsReport automatique depuis le registre du commerce pour une s.r.o. à associé unique personne physique ; inscription à demander dans les autres cas, par le tribunal ou le notaireAmende jusqu’à 500 000 CZK ; interdiction de verser le dividende à un bénéficiaire non inscrit et suspension de son droit de vote
Boîte de donnéesCréée d’office, un message y est réputé remis dix jours après son dépôtDélais qui courent sans que la société le sache
ModificationsTout changement de siège, de gérant ou d’associé s’inscrit au registre, par acte notarié lorsqu’il modifie l’acte de fondation

Combien coûte la comptabilité ?

La plupart des petites s.r.o. confient la comptabilité et les déclarations à un cabinet tchèque, ce que la langue des déclarations rend presque inévitable pour un fondateur français. Les tarifs ne sont pas réglementés ; les cabinets pragois qui s’adressent aux étrangers affichent des forfaits mensuels, à comparer sur le nombre d’écritures inclus, la paie du gérant et le dépôt des comptes. Un comptable qui a une boîte de données mandatée peut déposer pour la société ; le gérant reste responsable du contenu.

Et si la société ne fait rien ?

Une s.r.o. sans activité dépose quand même une déclaration d’impôt, des comptes et tient son registre des bénéficiaires. Les tribunaux de commerce radient d’office les sociétés qui n’ont pas déposé leurs comptes pendant deux exercices consécutifs après mise en demeure. Créer « au cas où » coûte donc chaque année, et fermer suppose une liquidation, plus longue et plus chère que la création.

Que regarde la France ?

Où la société est dirigée, où son fondateur réside, et si elle a une activité réelle à Prague. Pour un Français installé en Tchéquie qui y dirige sa société, la France n’a rien à dire, hors revenus de source française. Pour un résident de France qui crée une s.r.o. à Prague sans s’y installer, trois questions se posent dans l’ordre.

Où est le siège de direction effective ?

La convention franco-tchèque (article 4, paragraphe 3) rattache une société résidente des deux États à celui de son siège de direction effective. Une s.r.o. dont le gérant unique vit en France, y signe les contrats et y reçoit les clients, avec un siège fourni à Prague, remplit les critères que l’administration française retient pour la considérer comme résidente de France et l’imposer à l’impôt sur les sociétés français sur l’ensemble de ses bénéfices. À défaut, l’article 7 permet à la France d’imposer la part des bénéfices réalisée par un établissement stable en France, et un gérant qui travaille depuis son domicile français peut constituer cet établissement.

La parade n’est pas documentaire : elle tient à des décisions prises à Prague, par une personne qui y est, et à une activité qui s’y déroule. C’est ce que recouvre la notion de substance économique.

Le régime des sociétés étrangères contrôlées s’applique-t-il ?

L’article 123 bis du code général des impôts impose entre les mains d’un résident de France les bénéfices d’une entité étrangère qu’il détient à 10 % au moins, lorsque cette entité est soumise à un impôt inférieur de plus de 40 % à l’impôt français. À 21 % contre 25 %, l’impôt tchèque ne franchit pas ce seuil, et le dispositif ne vise pas une s.r.o. ordinaire. Il redevient une question si la société bénéficie d’un régime particulier ou si son activité est principalement financière.

Comment les revenus sont-ils imposés en France ?

  • Dividendes : retenue tchèque de 10 % au plus, puis prélèvement forfaitaire unique de 30 % en France avec crédit d’impôt, à déclarer sur le formulaire 2047.
  • Rémunération de gérant : imposable en Tchéquie (article 16), prise en compte en France pour le taux effectif.
  • Plus-value de cession des parts : imposable dans l’État de résidence du cédant (article 13), donc en France pour un résident français, au prélèvement forfaitaire unique.
  • Parts d’une s.r.o. : elles ne sont pas un compte à l’étranger et ne relèvent pas du formulaire 3916 ; le compte bancaire de la société n’est pas non plus à déclarer par l’associé, sauf s’il en a l’usage à titre personnel.

Et pour celui qui s’installe à Prague ?

La question se renverse. Une fois résident de Tchéquie au sens de l’article 4, le fondateur n’est imposable en France que sur ses revenus de source française, et sa s.r.o. dirigée depuis Prague est tchèque sans discussion. Ce qui reste à surveiller : la déclaration de l’année du départ (2042 et 2042-NR), l’exit tax s’il détenait avant son départ des titres d’une valeur supérieure à 800 000 euros ou plus de 50 % d’une société, et la micro-entreprise française à clôturer dans les 30 jours si l’activité passe dans la s.r.o. Le cadre général est rappelé dans créer une entreprise à l’étranger lors d’une expatriation.

Dans quel ordre faire les démarches ?

Le tableau reprend les échéances citées plus haut, dans l’ordre où elles se présentent. Les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation, sans délai légal.

ÉtapeDémarcheDélaiAuprès de
1Vérifier que la s.r.o. est le bon véhicule (associés, risque, réinvestissement) face à la živnostRepèreConseiller fiscal (daňový poradce)
2Choisir le siège et obtenir le consentement certifié du propriétaire, ou signer le contrat de siègeConsentement de moins de trois mois au dépôtPropriétaire, prestataire
3Obtenir l’extrait de casier judiciaire du gérantMoins de trois mois au dépôtCasier judiciaire national (France) ou Czech POINT
4Faire dresser l’acte de fondationRepère ; interprète si nécessaireNotaire
5Verser le capital et obtenir l’attestationAvant l’inscriptionBanque, ou notaire jusqu’à 20 000 CZK
6Déclarer la licence professionnelle de la société (formulaire JRF)Avant l’inscription, extrait sous cinq joursBureau des licences
7Inscrire la société au registre du commercePar le notaire, souvent le jour même ; par le tribunal, cinq jours ouvrésNotaire ou tribunal de commerce
8Activer la boîte de donnéesD’office, dix jours après la remise des identifiantsPortail des boîtes de données
9S’enregistrer à l’impôt sur les sociétés15 jours après l’inscriptionAdministration fiscale
10Ouvrir le compte bancaire de la société et y transférer le capitalRepèreBanque
11Vérifier le registre des bénéficiaires effectifs, ou demander l’inscriptionReport automatique pour un associé unique ; sinon sans délaiTribunal ou notaire
12Conclure le contrat d’exercice de fonction du gérant et, le cas échéant, l’inscrire comme employeurAvant la première rémunération ; 8 jours pour la caisse de santé et la ČSSZCaisse de santé, ČSSZ
13S’enregistrer comme personne identifiée à la TVA, ou opter pour l’assujettissement15 jours après le premier service facturé à une entreprise d’un autre État membreAdministration fiscale
14Approuver les comptes, déposer la déclaration et les comptesSix mois, puis 1er mai (1er juillet avec conseiller) et 30 jours après approbationAssociés, administration fiscale, registre
15Côté France, pour un fondateur installé à Prague : clôturer la micro-entreprise, déposer 2042 et 2042-NR30 jours, puis printemps suivantGuichet des formalités, service des impôts

Qu’est-ce qui relève d’un professionnel ?

Cet article décrit des règles générales. Plusieurs décisions dépendent de la situation de chacun et relèvent d’un conseiller fiscal tchèque (daňový poradce), d’un avocat, d’un notaire ou d’un avocat fiscaliste ou d’un expert-comptable en France.

  • Le choix entre živnost et s.r.o., sur des chiffres prévisionnels, en comptant la couverture sociale et non le seul taux d’imposition.
  • La résidence fiscale de la société lorsque le gérant ou un associé vit en France, et l’existence d’un établissement stable en France.
  • La répartition entre rémunération du gérant et dividendes, qui engage l’impôt, les cotisations et la retraite.
  • Le capital à inscrire, entre le minimum légal et ce que la banque, les bailleurs et les clients attendent.
  • La rédaction de l’acte à plusieurs associés : répartition des parts, cession, sortie, clauses de non-concurrence, qui ne se corrigent qu’à grands frais une fois l’acte signé.
  • La TVA transfrontalière dès que l’activité dépasse le cas simple d’un service rendu à une entreprise.
  • La reprise d’une activité française existante dans la s.r.o. (clients, contrats, marque), et la clôture de la structure française.
  • La détention par une holding, française ou tchèque, qui change le traitement des dividendes et relève d’un montage à part entière.
  • La liquidation, si le projet s’arrête.

Questions fréquentes

Quel est le capital minimum d’une s.r.o. ?

1 CZK par part depuis 2014. Les cabinets consultés recommandent 100 000 à 200 000 CZK pour une société qui compte contracter avec des banques et des clients, le capital restant disponible pour l’activité après l’inscription.

Combien de temps faut-il pour créer une s.r.o. ?

Quelques jours lorsque le notaire inscrit lui-même la société, l’inscription pouvant se faire le jour de l’acte. Par le tribunal de commerce, le délai légal est de cinq jours ouvrés après un dossier complet. Le temps long est celui de la préparation : consentement du propriétaire, casier judiciaire, dépôt du capital.

Combien coûte la création ?

Environ 4 500 CZK de frais légaux hors TVA par le notaire avec un acte standard, environ 12 000 CZK par le tribunal, hors conseil, interprète et capital.

Faut-il résider en Tchéquie pour être associé ou gérant ?

Non. Aucune condition de résidence ni de nationalité n’est imposée. Mais une société dirigée depuis la France est exposée à y être regardée comme résidente, en application de la convention fiscale.

Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés ?

21 % depuis l’exercice 2024. Les dividendes versés à un associé personne physique résident supportent ensuite une retenue de 15 %, et de 10 % au plus pour un résident de France.

Une s.r.o. paie-t-elle moins qu’une živnost ?

Pas pour une activité de services exercée seul dont le bénéfice est distribué : 32,9 % du bénéfice contre environ 13 % des recettes sous živnost au forfait, et sans couverture sociale. Elle devient avantageuse lorsque le bénéfice reste dans la société.

Peut-on domicilier la société à son appartement ?

Oui, avec le consentement écrit et certifié du propriétaire, donc du bailleur pour un locataire. L’adresse figure alors au registre public, et le bâtiment doit porter le nom de la société.

Le gérant doit-il se verser un salaire ?

Non. Sans rémunération, la société ne verse aucune cotisation, mais le gérant n’a alors aucune couverture sociale par elle et doit être assuré à un autre titre. Une rémunération de 4 500 CZK par mois au moins ouvre l’assurance sociale.

Faut-il un commissaire aux comptes ?

Non pour une micro ou petite entité depuis les exercices ouverts en 2026. Les comptes doivent en revanche être déposés chaque année au registre, dans les douze mois de la clôture.

Peut-on créer la société sans parler tchèque ?

L’acte, le registre et les déclarations sont en tchèque, et l’interprète chez le notaire est à la charge du fondateur. Les notaires et cabinets pragois qui travaillent avec des étrangers opèrent en anglais ; un comptable tchèque est ensuite presque indispensable.

Sources

Toutes les pages ont été consultées le 18 octobre 2026. La date entre parenthèses est celle de la page lorsqu’elle est indiquée.

Création et registre

Siège

Gérant

Impôts

Obligations annuelles

France

Chiffres et contexte

À lire aussi : S’installer comme indépendant à Prague : živnost, impôt forfaitaire et cotisations en 2026, pour l’exercice en nom propre, et S’installer à Prague depuis la France en 2026, pour les démarches de l’installation. Pour structurer un projet d’entreprise à l’international, le Parcours Entrepreneur et notre accompagnement à la création d’entreprise à l’étranger.

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Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.

Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.

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