Mis à jour le 18 octobre 2026.

Un retour des États-Unis en France se décide d’abord sur un document : la green card. La garder oblige à rester contribuable américain sur ses revenus mondiaux depuis la France ; l’abandonner après huit années de résidence permanente déclenche, au-dessus de certains seuils, un impôt de sortie sur les plus-values latentes. Trois démarches ne se rattrapent pas après le départ : ce choix, qui fixe la date d’expatriation fiscale ; la déclaration de résidence finale dans l’État de départ, que la Californie et New York poursuivent longtemps ; et l’inventaire remis à la douane au premier passage. Une règle surprend aussi, à rebours de tous les autres corridors : un 401(k), un IRA ou une pension Social Security versés à un résident de France ne sont imposables qu’aux États-Unis, la France les exonérant avec prise en compte pour le taux.

Cette page s’adresse à une personne résidente aux États-Unis, salariée, indépendante ou retraitée, de nationalité française, qui transfère son domicile en France. Le cas d’un citoyen américain ou binational est signalé, parce qu’il reste imposable aux États-Unis quoi qu’il arrive. Elle suit les pages officielles américaines et françaises consultées le 18 octobre 2026. Les démarches communes à tout retour sont détaillées dans le dossier retour en France.

Dans quel ordre s’y prendre ?

Du plus lent au plus urgent. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration ; les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation.

MomentDémarcheDélaiAuprès de
Un an avantCompter ses années de green card (huit sur quinze) et évaluer les seuils de l’impôt de sortie ; décider de garder ou d’abandonner le statutRepèreFiscaliste américain
Six mois avantVérifier les conditions de la franchise douanière et décider du sort de la voiture (conformité européenne)RepèreDouane française, DREAL
Six mois avantVérifier son relevé Social Security (quarante trimestres, ou totalisation avec la France)RepèreSSA, my Social Security
Trois mois avantDécider du 401(k) et des IRA : laisser, convertir, retirer ; cesser toute cotisation Roth après le départRepèreInstitution financière
Trois mois avantDemander le certificat de changement de résidence au consulat et préparer la radiation du registreRepèreConsulat de France
Avant le départRésilier l’assurance santé (COBRA éventuel), récupérer les dossiers médicaux, clôturer ou conserver les comptes bancairesRepèreEmployeur, assureur, banque
Avant le départNon-citoyen : certificat de conformité fiscale de départ (formulaire 1040-C ou 2063) si l’IRS l’exigeAvant le départIRS
Au départ ou aprèsAbandon de la green card : formulaire I-407, remis au consulat américain ou à la frontièreAu choix, la date compteUSCIS, consulat des États-Unis
Jour du départPrésenter l’inventaire à l’entrée en France (cerfa 10070, deux exemplaires, preuve de l’ancienne résidence)Au premier passageDouane française
Dès l’arrivéeDemander l’ouverture des droits à l’assurance maladie (formulaire S1106)Sans délaiCPAM
Un moisImmatriculer le véhicule, après le certificat 846 A et la mise en conformitéDans le mois, quatre mois si réception à titre isoléDouane, DREAL, France Titres
Un anÉchanger le permis de conduire, si l’État de délivrance a un accord avec la FranceDans l’année qui suit l’installationFrance Titres (ANTS)
Douze moisTerminer les importations en franchiseDans les douze mois du transfertDouane française
15 avril suivantDernière déclaration fédérale (1040 jusqu’au départ, 1040-NR ensuite, dual-status) et déclaration de l’État ; formulaire 8854 l’année de l’expatriation15 avril, 15 juin depuis l’étrangerIRS, État
Printemps suivantPremière déclaration française, sur papier, avec les annexes 2047 et 3916Calendrier fiscal annuelService des impôts des particuliers

Garder ou abandonner la green card ?

C’est la question qui commande tout le reste.

Garder la green card suppose de maintenir une résidence effective aux États-Unis. Une absence de plus d’un an la fait présumer abandonnée, et une absence de plus de six mois peut déjà être contestée à l’entrée ; un reentry permit, demandé avant le départ, protège jusqu’à deux ans. Fiscalement, un titulaire de green card reste un résident américain imposable sur ses revenus mondiaux, où qu’il vive : déclaration 1040 chaque année, FBAR pour les comptes français au-delà de 10 000 dollars, formulaire 8938 au-delà des seuils FATCA. La convention franco-américaine permet de se déclarer résident de France au titre de l’article 4, mais ce choix, notifié à l’IRS, peut lui-même valoir expatriation fiscale pour un résident de longue durée.

Abandonner la green card se fait par le formulaire I-407, remis au consulat américain en France ou à un poste frontière. La date de dépôt devient la date d’expatriation fiscale. Un titulaire qui a détenu la carte pendant au moins huit des quinze dernières années fiscales est un résident de longue durée ; il est traité comme un expatrié et devient « covered expatriate » s’il remplit un seul des trois critères : un patrimoine net d’au moins 2 millions de dollars, un impôt fédéral moyen sur les cinq dernières années supérieur à 211 000 dollars pour une expatriation en 2026, ou l’absence de certification de cinq années de conformité fiscale. Un covered expatriate est réputé avoir vendu l’ensemble de ses biens la veille de l’expatriation (section 877A), avec une exclusion de 910 000 dollars de gain net en 2026 ; le formulaire 8854 accompagne la dernière déclaration.

Une personne qui approche des huit ans a intérêt à décider avant le franchissement. Une personne qui en est loin peut abandonner sans impôt de sortie, en déposant le 8854 pour l’attester.

Un citoyen américain ou binational n’a pas ce choix : il reste imposable aux États-Unis sur ses revenus mondiaux depuis la France, avec déclaration annuelle, FBAR et exclusion ou crédit pour éviter la double imposition. La renonciation à la citoyenneté suit les mêmes règles d’expatriation et relève d’un conseil spécialisé.

Quels impôts américains l’année du départ ?

L’année du départ est une année de double statut : résident jusqu’à la date de fin de résidence, non-résident ensuite. La déclaration se compose d’un 1040 pour la période de résidence et d’un 1040-NR pour la suite, marqués « dual-status ». La date de départ est, pour un titulaire de green card qui l’abandonne, la date du I-407 ; pour un titulaire de visa, le dernier jour de présence, sous réserve de ne pas revenir dans l’année.

L’IRS exige en principe d’un étranger qui quitte les États-Unis un certificat de conformité, le « sailing permit » (formulaire 1040-C ou 2063), rarement contrôlé mais prévu par le code. Un employeur verse le dernier salaire avec les retenues ordinaires ; le W-2 arrive en janvier.

L’État de résidence a sa propre déclaration de fin de résidence, part-year, et certains États, la Californie et New York en tête, examinent longtemps les liens conservés (logement, permis, comptes, inscription électorale). Résilier le bail, rendre le permis de conduire de l’État et fermer l’inscription électorale datent le départ.

Après le départ, les États-Unis n’imposent plus que les revenus de source américaine, le plus souvent par retenue à la source de 30 %, réduite par la convention (15 % sur les dividendes, 0 % sur la plupart des intérêts) sur présentation du formulaire W-8BEN aux payeurs. Les loyers d’un bien conservé restent déclarés sur 1040-NR.

401(k), IRA, Roth : qu’est-ce qui suit en France, et comment c’est imposé ?

Les comptes de retraite peuvent être conservés après le départ ; la plupart des gestionnaires acceptent une adresse française, quelques-uns ferment les comptes des non-résidents, ce qui se vérifie avant de partir.

L’article 18 de la convention du 31 août 1994 attribue l’imposition exclusive des pensions à l’État de la source : les versements d’un 401(k), d’un IRA ou d’un régime d’employeur à un résident de France sont imposables aux États-Unis seulement, par retenue à la source sur 1040-NR. En France, ils sont déclarés avec l’annexe 2047 et exonérés avec un crédit d’impôt égal à l’impôt français (article 24), ce qui revient à les prendre en compte pour le taux appliqué aux autres revenus du foyer, sans les imposer une seconde fois. Un retrait avant 59 ans et demi supporte en plus la pénalité américaine de 10 %, sauf exception.

Le Roth IRA appelle une lecture propre : exonéré aux États-Unis, il est un « retirement plan » au sens de la convention, mais le traitement français de ses retraits et de la croissance interne fait débat et relève d’un fiscaliste. Toute cotisation après le départ est à proscrire, faute de revenu américain gagné.

Un HSA, un 529 ou un compte-titres ordinaire ne sont pas des pensions : la France impose leurs revenus et gains chaque année, et les plus-values latentes acquises aux États-Unis ne sont pas purgées par le déménagement. Tous ces comptes, bancaires compris, figurent sur le formulaire 3916 de la déclaration française, à 1 500 euros d’amende par compte non déclaré.

Social Security : qu’est-ce qui suit en France ?

La pension Social Security se demande à partir de 62 ans, en ligne ou via le Federal Benefits Unit de l’ambassade des États-Unis à Paris. Quarante trimestres ouvrent le droit ; à défaut, l’accord de sécurité sociale franco-américain du 2 mars 1987 permet de totaliser les trimestres français, à partir de six trimestres américains, chaque pays versant ensuite sa part. La demande peut être déposée auprès de la caisse française, qui la transmet.

Un citoyen français résidant en France continue de percevoir sa pension sans interruption : la règle de suspension après six mois hors des États-Unis, qui frappe certains étrangers, ne s’applique ni aux citoyens français ni aux résidents de France, au titre de l’accord. Depuis le Social Security Fairness Act du 5 janvier 2025, la Windfall Elimination Provision a disparu : une retraite française ne réduit plus la pension américaine.

Comme les autres pensions, la pension Social Security est imposable aux États-Unis seulement et déclarée en France avec crédit égal à l’impôt français. Medicare ne couvre rien hors des États-Unis ; une personne qui envisage un retour ultérieur peut s’y inscrire à 65 ans pour éviter la pénalité d’inscription tardive, en acceptant la prime de la partie B.

Assurance maladie : qu’est-ce qui ne suit pas ?

L’accord de 1987 ne couvre que les pensions : aucune coordination pour la maladie. La couverture d’employeur cesse avec l’emploi (COBRA la prolonge, à ses frais, pour les soins reçus aux États-Unis seulement), et aucune période américaine ne compte pour l’ouverture des droits en France. À l’arrivée :

Situation à l’arrivéeCouvertureDémarche
Emploi en FranceAffiliation dès la première heure travailléeFormulaire S1106 à la CPAM, avec le contrat ou un bulletin de salaire
Adhérent à la Caisse des Français de l’étrangerMaintien des droits pendant trois mois, puis protection universelle maladieAttestation CFE, puis S1106
Ni emploi ni CFEProtection universelle maladie après trois mois de résidence stableS1106 dès l’arrivée, droits ouverts à l’issue du délai

A-t-on droit au chômage en France après un emploi aux États-Unis ?

Non, sur la seule base de l’emploi américain. Aucun accord ne coordonne les assurances chômage ; les périodes américaines ne comptent pas et les prestations d’un État ne s’exportent pas. Des droits s’ouvrent après une nouvelle activité salariée en France, sauf adhésion, pendant le séjour, à l’assurance chômage des expatriés gérée par France Travail Services, qui se prend pendant l’expatriation.

Quels impôts en France l’année du retour ?

À compter de la date du retour, la personne est imposable en France sur l’ensemble de ses revenus. La première déclaration se dépose au printemps suivant, sur papier, au service des impôts du nouveau domicile, avec le formulaire 2042, l’annexe 2047 pour les revenus de source américaine perçus après le retour (dernier salaire, pensions, loyers, dividendes), et le formulaire 3916 pour chaque compte américain. Le formulaire 2042-NR ne concerne que les personnes qui avaient des revenus de source française avant leur retour.

Un bien immobilier américain conservé entre, le cas échéant, dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière. Pour un citoyen américain, la double obligation déclarative, 1040 aux États-Unis et 2042 en France, dure toute la résidence ; les crédits d’impôt prévus par la convention et le Foreign Tax Credit américain évitent la double imposition sur la plupart des revenus, pas la double déclaration.

Déménagement, voiture, permis de conduire : quelles formalités ?

Les États-Unis sont hors de l’Union européenne : le déménagement passe en douane. Les biens entrent en France sans droits ni taxes si quatre conditions sont réunies : une résidence hors de l’Union depuis au moins douze mois, des biens en usage privé depuis au moins six mois, des biens qui ont supporté les taxes aux États-Unis, et des biens destinés à la résidence principale. L’importation peut se faire en plusieurs fois dans les douze mois du transfert. L’inventaire déposé au premier passage liste l’ensemble des biens, véhicule compris, est détaillé, estimé, daté, signé, en deux exemplaires, avec le formulaire cerfa n° 10070 et une preuve de l’ancienne résidence. Les biens ne peuvent être ni vendus, ni loués, ni prêtés pendant douze mois.

La voiture

Un véhicule américain suit les mêmes conditions de franchise, et la douane délivre le certificat 846 A. La difficulté est la conformité : un véhicule construit pour le marché américain n’a généralement pas de certificat de conformité européen, et son immatriculation suppose une réception à titre isolé par la DREAL, avec des modifications (feux, compteur, émissions) dont le coût dépasse souvent la valeur d’une voiture d’occasion. La question se tranche avant d’embarquer la voiture.

Le permis de conduire

Il n’y a pas d’accord fédéral : l’échange dépend de l’État qui a délivré le permis. Une vingtaine d’États ont un accord de réciprocité avec la France, et l’échange se demande dans l’année qui suit l’installation, en ligne auprès de France Titres, avec une traduction. Un permis d’un État sans accord est reconnu un an, puis son titulaire passe le permis français. La liste des États figure sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Et pour les enfants ?

L’inscription se prépare avant l’été. À l’école primaire, elle se fait à la mairie, au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Au collège et au lycée, un élève venant d’un établissement américain passe un examen d’entrée avant son affectation ; un élève d’un lycée français homologué (New York, San Francisco, Washington, Houston, Chicago, Los Angeles, Boston, Miami) est affecté sur dossier. Un enfant né aux États-Unis est citoyen américain, avec les obligations fiscales qui s’attachent à la citoyenneté une fois adulte. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.

Qu’est-ce qui relève d’un organisme ou d’un professionnel ?

Tout ce qui touche à votre situation propre.

  • Le choix de garder ou d’abandonner la green card, le compte des huit années, les seuils de l’impôt de sortie et le formulaire 8854 relèvent d’un fiscaliste américain spécialisé en expatriation ; la date du I-407 ne se choisit qu’après cet examen.
  • Le traitement en France des retraits de Roth IRA, des comptes 529 et HSA, et l’articulation des crédits d’impôt pour un binational relèvent d’un fiscaliste ou d’un expert-comptable habilité en France.
  • La fin de résidence dans l’État de départ relève de l’administration fiscale de cet État.
  • La totalisation des trimestres et la demande de pension relèvent de la SSA, du Federal Benefits Unit de Paris et de la caisse française.
  • L’ouverture des droits à l’assurance maladie relève de la CPAM ; la faisabilité d’une réception à titre isolé, de la DREAL.

Questions fréquentes

Dois-je rendre ma green card en rentrant en France ?

Rien ne vous y oblige, mais la garder vous maintient contribuable américain sur vos revenus mondiaux, et une absence prolongée la fait présumer abandonnée. L’abandonner après huit années de détention peut déclencher un impôt de sortie au-dessus des seuils.

Mon 401(k) sera-t-il imposé en France ?

Non. La convention attribue l’imposition exclusive aux États-Unis ; la France exonère avec un crédit égal à l’impôt français, ce qui ne joue que sur le taux appliqué à vos autres revenus.

Ma pension Social Security sera-t-elle versée en France ?

Oui, sans interruption pour un citoyen français ou un résident de France, au titre de l’accord de 1987. Elle est imposable aux États-Unis seulement.

Y a-t-il un délai de trois mois pour l’assurance maladie ?

Pas en cas de reprise d’un emploi. Sans activité ni adhésion à la CFE, la protection universelle maladie s’ouvre après trois mois de résidence ; aucune période américaine ne compte.

Ai-je droit au chômage en France ?

Pas sur la base de l’emploi américain. Aucun accord ne coordonne les deux assurances, sauf adhésion volontaire à l’assurance chômage des expatriés pendant le séjour.

Puis-je échanger mon permis américain ?

Seulement s’il a été délivré par un État lié à la France par un accord de réciprocité, dans l’année qui suit l’installation. Sinon, il est reconnu un an, puis il faut passer le permis français.

Je suis binational franco-américain : que change le retour ?

Rien côté américain : vous restez imposable aux États-Unis sur vos revenus mondiaux, avec déclaration et FBAR chaque année. La convention et le Foreign Tax Credit évitent la double imposition, pas la double déclaration.

Sources

Côté américain :

Côté français :

Pages consultées le 18 octobre 2026.

Sur le même pays : combien de Français vivent aux États-Unis. Ce dossier : retour en France. Pour chiffrer l’écart de revenu net entre les deux pays : comparaison fiscale France.

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Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.

Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.

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