Mis à jour le 18 octobre 2026.
Un retour des Émirats en France inverse tout ce à quoi on s’était habitué : un pays sans impôt sur le revenu et sans sécurité sociale laisse place, le jour de l’arrivée, à l’imposition de l’ensemble des revenus et à trois mois sans couverture maladie pour qui n’a pas d’emploi. Trois démarches ne se rattrapent pas après le départ : le versement de l’indemnité de fin de service, qui sort de l’assiette française si elle est encaissée avant le transfert de domicile et y entre sinon ; la lettre de non-endettement de la banque, sans laquelle les comptes ne se ferment pas et les dettes suivent ; et l’annulation du visa de résidence, qui conditionne un retour en visiteur. Une règle surprend aussi : les plus-values réalisées depuis la France sur des placements émiratis sont imposées en France en totalité, le crédit d’impôt prévu par la convention étant égal à l’impôt émirati payé, c’est-à-dire zéro.
Cette page s’adresse à une personne résidente aux Émirats arabes unis, salariée, indépendante ou titulaire d’un visa Golden, qui transfère son domicile en France. Elle suit les pages officielles émiraties et françaises consultées le 18 octobre 2026. Les démarches communes à tout retour sont détaillées dans le dossier retour en France.
Du plus lent au plus urgent. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration ; les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation.
Un visa de résidence ne s’éteint pas en partant : il s’annule, et un visa laissé en l’état complique un retour ultérieur en visiteur. Pour un salarié, l’employeur annule d’abord le permis de travail auprès du ministère des Ressources humaines (MOHRE), puis le visa de résidence auprès de l’autorité d’immigration de l’émirat (GDRFA à Dubaï, ICP ailleurs) ; les visas des personnes à charge, qui dépendent du sien, s’annulent avant le sien. L’Emirates ID est rendue à l’annulation. Depuis la réforme de 2022, un délai de grâce court après l’annulation, de 30 à 180 jours selon le type de visa, pour quitter le pays ou changer de statut.
Un titulaire de visa Golden conserve son visa même en résidant hors des Émirats, sans la règle des six mois d’absence qui s’applique aux autres visas ; il peut donc rentrer en France en le gardant, ce qui ne change rien à sa résidence fiscale française.
Les dettes se règlent avant le départ : un prêt ou une carte de crédit impayés peuvent conduire la banque à bloquer la gratuity ou à demander une interdiction de voyage. La lettre de non-endettement de la banque, demandée tôt, est le préalable à la fermeture des comptes, qui exige un solde nul et, le plus souvent, une visite en agence. Le dépôt de garantie du logement et les dépôts des fournisseurs se récupèrent à la résiliation, avec les difficultés habituelles de calendrier.
La gratuity est due après un an de service continu : 21 jours de salaire de base par année pour les cinq premières années, 30 jours par année ensuite, sur le seul salaire de base, dans la limite de deux années de salaire, payable dans les 14 jours suivant la fin du contrat (loi fédérale 33 de 2021). Dans les zones franches dotées de leur propre régime, en particulier le DIFC et l’ADGM, un plan d’épargne obligatoire remplace la gratuity.
Côté français, la convention du 19 juillet 1989 attribue l’imposition des revenus d’emploi à l’État où l’activité est exercée (article 13), et la France élimine la double imposition par un crédit d’impôt égal à l’impôt français (article 19) : une gratuity rattachée à un emploi exercé aux Émirats est exonérée en France mais prise en compte pour le taux appliqué aux autres revenus. La différence tient donc à la date : versée avant le transfert de domicile, elle est hors de l’assiette française ; versée après, elle y entre pour le calcul du taux de l’année du retour. Un montant important mérite que la fin de contrat précède le déménagement de la famille, parce que c’est le foyer qui fixe la date du transfert, même si l’un des conjoints travaille encore aux Émirats.
Les actions gratuites et stock-options d’un employeur émirati suivent la même logique de prorata : la fraction imposable en France se calcule sur les jours d’activité en France pendant la période d’acquisition.
À compter de la date du retour, la personne est imposable en France sur l’ensemble de ses revenus, et aucun impôt émirati ne vient en déduction puisqu’il n’y en a pas. L’année est partagée : résident des Émirats jusqu’au départ, résident de France ensuite ; en cas de double revendication, l’article 4 de la convention tranche par le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux.
La première déclaration se dépose au printemps suivant, sur papier, au service des impôts du nouveau domicile, avec le formulaire 2042, l’annexe 2047 pour les revenus de source émiratie perçus après le retour, et le formulaire 3916 pour chaque compte ouvert, détenu, utilisé ou clos aux Émirats pendant l’année, compte courant, compte d’épargne, compte-titres et assurance-vie offshore compris. L’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré. Le formulaire 2042-NR ne concerne que les personnes qui avaient des revenus de source française avant leur retour.
Trois points propres au corridor :
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et les Émirats. L’assurance santé d’employeur cesse avec le visa, et aucune période émiratie ne compte en France. À l’arrivée :
Une assurance privée temporaire couvre l’intervalle pour une personne sans emploi ni CFE.
Les Émirats n’ont pas de régime de retraite pour les étrangers : les années travaillées ne produisent aucun droit, ni là-bas ni en France, sauf cotisations volontaires à la Caisse des Français de l’étranger ou rachat de trimestres aux conditions ordinaires. La gratuity, l’épargne du DIFC ou de l’ADGM et les placements personnels sont le seul capital retraite constitué ; leur rendement est imposable en France dès le retour.
Les périodes travaillées aux Émirats ne comptent pas pour le chômage en France. Des droits s’ouvrent après une nouvelle activité salariée en France, sauf adhésion, pendant le séjour, à l’assurance chômage des expatriés gérée par France Travail Services.
Les Émirats sont hors de l’Union européenne : le déménagement passe en douane. Les biens entrent en France sans droits ni taxes si quatre conditions sont réunies : une résidence hors de l’Union depuis au moins douze mois, des biens en usage privé depuis au moins six mois, des biens qui ont supporté les taxes aux Émirats, et des biens destinés à la résidence principale. L’importation peut se faire en plusieurs fois dans les douze mois du transfert. L’inventaire déposé au premier passage liste l’ensemble des biens, véhicule compris, est détaillé, estimé, daté, signé, en deux exemplaires, avec le formulaire cerfa n° 10070 et une preuve de l’ancienne résidence. Les biens ne peuvent être ni vendus, ni loués, ni prêtés pendant douze mois.
Un véhicule émirati suit les mêmes conditions de franchise, et la douane délivre le certificat 846 A. La difficulté est la conformité : un véhicule aux spécifications du Golfe n’a généralement pas de certificat de conformité européen, et son immatriculation suppose une réception à titre isolé par la DREAL, avec des modifications dont le coût dépasse souvent la valeur de revente locale. Vendre sur place avant le départ est le plus souvent la bonne réponse ; le certificat d’exportation du RTA ou de l’autorité de l’émirat est requis pour sortir le véhicule.
Le permis émirati figure parmi ceux qui s’échangent contre un permis français, dans l’année qui suit l’installation, en ligne auprès de France Titres, avec sa traduction officielle.
L’inscription se prépare avant l’été. En primaire, elle se fait à la mairie, au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Un élève du Lycée français international de Dubaï, du Lycée Louis-Massignon d’Abu Dhabi ou d’un autre établissement homologué est affecté sur dossier ; un élève d’une école de curriculum britannique ou américain passe un examen d’entrée au collège ou au lycée. Le certificat de transfert de l’autorité scolaire de l’émirat se demande avant de partir. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.
Tout ce qui touche à votre situation propre.
Elle est rattachée à un emploi exercé aux Émirats : la France l’exonère avec prise en compte pour le taux. Encaissée avant le transfert de domicile, elle est hors de l’assiette française ; encaissée après, elle entre dans le calcul du taux de l’année du retour.
Oui, dès le retour : revenus et plus-values entrent au barème ou au prélèvement forfaitaire, sans crédit d’impôt puisqu’aucun impôt émirati n’a été payé, et avec le prix d’acquisition d’origine.
Non, mais chaque compte conservé figure sur le formulaire 3916 chaque année. Les fermer exige un solde nul et une lettre de non-endettement.
Pas en cas de reprise d’un emploi. Sans activité ni adhésion à la CFE, la protection universelle maladie s’ouvre après trois mois de résidence ; aucune période émiratie ne compte.
Non, ni aux Émirats ni en France, sauf cotisations volontaires à la CFE pendant le séjour ou rachat de trimestres.
Oui, il n’est pas soumis à la règle des six mois d’absence. Cela ne change rien à votre résidence fiscale française.
Il s’échange contre un permis français dans l’année qui suit l’installation.
Côté émirati :
Côté français :
Pages consultées le 18 octobre 2026.
Ce dossier : retour en France. Pour chiffrer l’écart de revenu net entre les deux pays : comparaison fiscale France.
Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.
Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.
Pour poser un scénario écrit et un plan d’action, votre plan d’expatriation est le point de départ que nous recommandons (500 EUR, déduits en cas de poursuite en accompagnement global), ou un premier échange pour en parler.
POUR ALLER PLUS LOIN
SIMULATEUR FINANCIER
Calculez votre salaire net avec impôt à la source, cotisations sociales et charges locales, dans 100+ pays, 51 états américains, et 13 provinces canadiennes.
Simuler mon salaire →COMPARAISON FISCALE
Comparez le revenu net après impôt et cotisations, côte à côte, entre la France et votre pays cible.
Comparer les impôts →CULTURE PROFESSIONNELLE
Vivre et travailler dans chaque pays : codes culturels, usages professionnels, quotidien et intégration.
Explorer les pays →EXPATRIATION.IO est un cabinet de conseil en expatriation et mobilité internationale. Nous n'exerçons aucune activité réglementée. Nos prestations consistent à accompagner nos clients dans la définition et l'organisation de leur projet d'expatriation, hors démarches réglementées. Pour toute question juridique, fiscale ou patrimoniale, nous orientons vers les catégories de professionnels indépendants compétents (avocats, notaires, experts-comptables, conseils en gestion de patrimoine).