Mis à jour le 18 octobre 2026.
Un retour du Royaume-Uni en France n’est plus un déménagement intra-européen depuis le 1er janvier 2021 : le mobilier passe en douane, la voiture aussi, et la coordination de sécurité sociale repose sur deux textes selon la date d’arrivée au Royaume-Uni. Trois démarches ne se rattrapent pas après le départ : le formulaire P85 qui ferme l’année fiscale britannique et déclenche le remboursement d’impôt, le choix de garder ou de fermer les ISA, dont la France impose les revenus dès le jour d’arrivée, et le relevé de cotisations National Insurance, plus simple à obtenir sur place. Une règle surprend aussi : un titulaire du settled status qui s’installe en France le conserve pendant cinq ans d’absence, et peut donc revenir travailler à Londres sans visa pendant cette période.
Cette page s’adresse à une personne résidente au Royaume-Uni, salariée, indépendante ou retraitée, de nationalité française ou européenne, qui transfère son domicile en France. Elle suit les pages officielles britanniques et françaises consultées le 18 octobre 2026. Les démarches communes à tout retour sont détaillées dans le dossier retour en France.
Du plus lent au plus urgent. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration ; les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation.
Le statut obtenu au titre de l’EU Settlement Scheme n’expire pas au départ. Un titulaire du settled status peut rester hors du Royaume-Uni jusqu’à cinq ans d’affilée sans le perdre (quatre ans pour un ressortissant suisse). Au-delà, il est perdu et ne se regagne pas : un retour ultérieur passe par le système d’immigration ordinaire, à points et à frais.
Le pre-settled status suit depuis le 21 mai 2024 la même limite de cinq ans d’absence, mais la résidence continue qui permet de passer au settled status se rompt après six mois d’absence sur douze, une absence unique de douze mois étant tolérée pour un motif sérieux. Une personne encore en pre-settled status qui rentre en France renonce donc, en pratique, à la perspective du settled status.
Aucune démarche de sortie n’est requise auprès du Home Office. Conserver une preuve de la date de départ (bail, P85, contrat français) permet de dater l’absence si la question se pose à un retour.
Le Royaume-Uni connaît le split year : pour l’année fiscale qui court du 6 avril au 5 avril, la personne qui part s’installer durablement à l’étranger est traitée comme résidente jusqu’au départ et non-résidente ensuite, aux conditions du Statutory Residence Test. Le formulaire P85, remis à HMRC avec les parties 2 et 3 du P45, déclare le départ et déclenche le calcul de l’impôt dû sur la fraction d’année, souvent un remboursement puisque l’abattement personnel s’applique en entier. Une personne soumise au Self Assessment dépose sa dernière déclaration avec les pages de résidence (SA109) au lieu du P85.
Après le départ, le Royaume-Uni n’impose plus que les revenus de source britannique. Les loyers d’un bien conservé restent imposables au Royaume-Uni dans le cadre du Non-Resident Landlord Scheme, avec une déclaration annuelle ; la vente d’un bien immobilier britannique par un non-résident se déclare à HMRC dans les 60 jours et est imposée au Royaume-Uni, la convention attribuant l’imposition des gains immobiliers à l’État de situation.
Elle se demande, à l’âge légal, auprès de l’International Pension Centre, ou par la caisse de retraite française si vous avez aussi cotisé en France. Dix années de cotisation ouvrent un droit proportionnel ; les périodes françaises se totalisent pour atteindre ce minimum au titre de l’accord de retrait (cotisations antérieures au 31 décembre 2020) et du protocole de coordination de l’accord de commerce et de coopération (cotisations postérieures). La pension est revalorisée chaque année pour un résident de France, comme pour un résident du Royaume-Uni.
Les cotisations volontaires (classe 2 ou 3) restent possibles depuis la France pour compléter des années manquantes, aux conditions de HMRC, et le relevé en ligne indique les années concernées.
Une pension d’un emploi privé, d’un régime d’employeur ou d’un SIPP versée à un résident de France n’est imposable qu’en France (article 18 de la convention du 19 juin 2008). Une pension de la fonction publique britannique reste imposable au Royaume-Uni (article 19), sauf pour un résident de France qui en possède la nationalité sans avoir la britannique.
Pour cesser le prélèvement à la source britannique, la personne remplit le formulaire France-Individual DT, le fait viser par son service des impôts français, puis l’envoie à HMRC, qui attribue un code NT au payeur et rembourse l’impôt retenu depuis la date de résidence française. En France, les pensions sont déclarées en brut, avec l’annexe 2047 et la 2042.
Un retrait en capital, y compris la fraction de 25 % exonérée au Royaume-Uni, est imposable en France pour un résident de France. Le choix entre le barème et le prélèvement libératoire de 7,5 % sur un capital de retraite relève des conditions du code général des impôts et d’un professionnel, en particulier si le retrait est fractionné.
L’ISA garde son enveloppe au Royaume-Uni, mais un non-résident ne peut plus y verser, et la France ne reconnaît pas l’exonération : les intérêts, dividendes et plus-values réalisés dans un ISA sont imposables en France chaque année, comme ceux d’un compte-titres. Les comptes britanniques, ISA et comptes d’épargne compris, figurent sur le formulaire 3916 de la déclaration française, à 1 500 euros d’amende par compte non déclaré.
La couverture du NHS cesse avec la résidence au Royaume-Uni. À l’arrivée en France :
Les périodes d’emploi britanniques se totalisent avec les périodes françaises, au titre de l’accord de retrait ou du protocole de coordination selon leur date. La règle européenne du dernier emploi s’applique : pour une personne qui résidait au Royaume-Uni, les périodes britanniques ne comptent en France que si la dernière activité salariée a été exercée en France, au moins un jour, et l’allocation est calculée sur le salaire français. Le document portable U1, délivré par HMRC, prouve les périodes ; France Travail peut le réclamer à défaut.
L’exportation des allocations britanniques vers la France n’est ouverte qu’aux droits acquis avant le 31 décembre 2020 : le protocole de coordination de l’accord de commerce et de coopération exclut les prestations de chômage de l’exportation. Les prestations familiales ne sont pas coordonnées non plus pour les situations nouvelles.
Le Royaume-Uni est hors de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2021 : le déménagement passe en douane. Les biens entrent en France sans droits ni taxes si quatre conditions sont réunies : une résidence hors de l’Union depuis au moins douze mois, des biens en usage privé depuis au moins six mois, des biens qui ont supporté les taxes au Royaume-Uni, et des biens destinés à la résidence principale. L’importation peut se faire en plusieurs fois dans les douze mois du transfert. L’inventaire déposé au premier passage liste l’ensemble des biens, véhicule compris, est détaillé, estimé, daté, signé, en deux exemplaires, avec le formulaire cerfa n° 10070 et une preuve de l’ancienne résidence. Les biens ne peuvent être ni vendus, ni loués, ni prêtés pendant douze mois.
Une voiture britannique suit les mêmes conditions de franchise ; hors franchise, elle supporte 10 % de droits de douane et 20 % de TVA. La douane délivre le certificat 846 A, demandé pour l’immatriculation ; le quitus fiscal ne concerne plus les véhicules britanniques. Les phares doivent éclairer pour la circulation à droite, un simple cache ne suffit pas toujours au contrôle technique, et un véhicule sans certificat de conformité européen passe par une réception à titre isolé. L’immatriculation se demande dans le mois, ou quatre mois en cas de réception à titre isolé, avec un contrôle technique de moins de six mois pour une voiture de plus de quatre ans, le MOT n’étant plus reconnu. Le V5C se renvoie au DVLA avec la mention d’exportation définitive.
Un permis britannique est reconnu en France pendant un an après l’installation, puis s’échange contre un permis français, en ligne auprès de France Titres, au titre de l’arrangement de réciprocité conclu entre les deux pays après le Brexit. Passé le délai, il faut repasser le permis.
L’inscription se prépare avant l’été. À l’école primaire, elle se fait à la mairie, au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Au collège et au lycée, un élève venant d’un établissement britannique non homologué passe un examen d’entrée avant son affectation ; un élève du Lycée français Charles de Gaulle ou d’un autre établissement homologué est affecté sur dossier. Le Child Benefit cesse avec la résidence. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.
Tout ce qui touche à votre situation propre.
Pas tout de suite : il survit à cinq ans d’absence continue. Au-delà, il est perdu et ne se regagne pas.
Oui, chaque année, comme au Royaume-Uni, au titre de l’accord de retrait et du protocole de coordination.
En France seulement, pour une pension d’un emploi privé. Le formulaire France-Individual DT, visé par votre service des impôts, fait cesser le prélèvement britannique et obtient le remboursement du trop-perçu.
Au Royaume-Uni, oui. En France, non : ses revenus et gains sont imposables chaque année, et le compte figure sur le formulaire 3916.
Seulement pour des droits acquis avant le 31 décembre 2020. Pour les situations postérieures, le protocole exclut l’exportation ; les périodes se totalisent en revanche si vous reprenez un emploi en France.
Oui, depuis le 1er janvier 2021, avec inventaire et franchise aux conditions ordinaires d’un transfert de résidence hors Union.
Un an après l’installation, puis il s’échange contre un permis français.
Côté britannique :
Côté français :
Pages consultées le 18 octobre 2026.
Ce dossier : retour en France. Pour chiffrer l’écart de revenu net entre les deux pays : comparaison fiscale France.
Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.
Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.
Pour poser un scénario écrit et un plan d’action, votre plan d’expatriation est le point de départ que nous recommandons (500 EUR, déduits en cas de poursuite en accompagnement global), ou un premier échange pour en parler.
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