Mis à jour le 17 octobre 2026.
Un retour du Portugal en France est plus simple qu’un retour de Suisse sur deux points, le déménagement ne passe pas en douane et l’assurance maladie s’ouvre sans délai grâce aux règlements européens, mais trois démarches ne se rattrapent pas après le départ : la vente du logement, parce que l’exclusion d’imposition de la plus-value est réservée aux résidents ; le changement d’adresse fiscale, parce qu’un contribuable qui reste inscrit comme résident est imposé au Portugal sur ses revenus mondiaux jusqu’au 31 décembre ; et les attestations de la Segurança Social, qui s’obtiennent plus vite sur place qu’à distance. Une règle surprend aussi : le régime de résident non habituel et l’IFICI s’arrêtent le jour du départ, et une pension française redevient imposable en France à compter de la date d’arrivée.
Cette page s’adresse à une personne résidente au Portugal, salariée, indépendante ou retraitée, de nationalité française ou européenne, qui transfère son domicile en France. Elle suit les pages officielles portugaises et françaises consultées le 17 octobre 2026. Les démarches communes à tout retour (déclaration de l’année du retour, formulaire 3916, école) sont détaillées dans le dossier retour en France.
Du plus lent au plus urgent. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration ; les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation.
Depuis 2015, le Portugal connaît la résidence fiscale partielle : une personne qui part en cours d’année est résidente jusqu’à la date du départ et non-résidente ensuite, à condition que son adresse fiscale soit à jour. Le changement d’adresse se fait dans les 60 jours, par le cartão de cidadão pour ses titulaires (en ligne sur gov.pt, avec un code envoyé à la nouvelle adresse), ou par le e-balcão du Portal das Finanças pour les autres. Une demande avec effet rétroactif est possible, mais la date doit être prouvée.
Tant que l’adresse reste au Portugal, l’Autoridade Tributária considère la personne comme résidente et l’impose sur ses revenus de source mondiale, salaire ou pension française comprise, jusqu’au 31 décembre.
Un résident de France n’a pas à désigner de représentant fiscal au Portugal : l’obligation ne vise que les résidents hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen. Le numéro fiscal (NIF) reste valable et sert pour la dernière déclaration et pour tout bien conservé.
La dernière déclaration IRS, modelo 3, se dépose entre avril et juin de l’année suivante. Elle couvre la période de résidence, avec le quadro 8C qui indique les dates. Pour la période de non-résidence, une déclaration n’est due que s’il reste des revenus de source portugaise, loyers par exemple.
C’est la question qui pèse le plus lourd, et la réponse tient à une différence de régime.
Côté français, la convention fiscale franco-portugaise du 14 janvier 1971 attribue l’imposition des gains immobiliers à l’État où l’immeuble est situé. La vente d’un bien portugais après le retour reste donc imposée au Portugal, et le traitement en France suit les modalités d’élimination de la double imposition prévues par la convention.
Un bien conservé et loué après le départ est imposé au Portugal sur les loyers, avec un taux proportionnel pour les non-résidents, et déclaré en France avec l’annexe 2047.
Le régime de résident non habituel, fermé aux nouveaux entrants fin 2023, et l’IFICI, qui lui a succédé à partir de 2025 pour certains profils, sont des régimes réservés aux résidents fiscaux du Portugal. Ils prennent fin avec la résidence, sans formalité de sortie et sans possibilité de reprise ultérieure du solde des dix années.
Pour une pension de retraite française, la convention de 1971, modifiée par l’avenant du 25 août 2016, répartit l’imposition selon la nature de la pension : une pension d’un emploi privé est imposable dans l’État de résidence, une pension publique dans l’État qui la verse, avec une exception pour les binationaux. Une personne qui rentre en France voit donc sa pension privée redevenir imposable en France à compter de la date d’arrivée, et sa pension publique l’était déjà.
Une pension portugaise de la Segurança Social perçue en France suit la même grille : imposable en France pour un ancien emploi privé, et déclarée avec l’annexe 2047. Le détail du partage, en particulier pour les pensions publiques et les binationaux, relève du texte de la convention et d’un professionnel.
Le Portugal et la France appliquent les règlements européens de coordination. Trois documents portables font le lien.
Le droit au chômage français après un emploi portugais obéit à la règle européenne du dernier emploi : les périodes portugaises comptent si la dernière activité salariée a été exercée en France, Service-public retenant un jour de travail au minimum. L’allocation est calculée sur le salaire français. La voie de l’exportation des indemnités portugaises est donc souvent la plus utile pour qui rentre sans emploi.
Les cotisations portugaises de retraite restent acquises. Le moment venu, une seule demande déposée auprès de la caisse française déclenche la liquidation des deux pensions, avec totalisation des périodes.
À compter de la date du retour, la personne est imposable en France sur l’ensemble de ses revenus. L’année est partagée : le Portugal jusqu’au départ, la France ensuite.
La première déclaration française se dépose au printemps suivant, sur papier, au service des impôts du nouveau domicile. Elle utilise le formulaire 2042 et l’annexe 2047 pour les revenus de source portugaise perçus après le retour. Le formulaire 2042-NR ne concerne que les personnes qui avaient des revenus de source française avant leur retour.
Le formulaire 3916 déclare chaque compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger pendant l’année, compte portugais conservé compris. L’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré. Un bien immobilier portugais conservé entre, le cas échéant, dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière.
Le Portugal est dans l’Union européenne : le déménagement ne passe pas en douane, et aucun inventaire n’est exigé. Les factures des biens de valeur restent utiles pour l’assurance.
Une voiture immatriculée au Portugal s’immatricule en France dans le mois qui suit le retour. Venant d’un pays de l’Union, elle exige un quitus fiscal, délivré par le service des impôts, et un justificatif de conformité européenne. Le certificat 846 A de la douane ne concerne pas les véhicules européens.
Un permis de conduire portugais est un permis européen : il reste valable en France et son échange n’est pas obligatoire tant qu’il est en cours de validité, sauf cas prévus par la réglementation.
L’inscription se prépare avant l’été. À l’école primaire, elle se fait à la mairie, au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Au collège et au lycée, un élève qui vient d’un établissement portugais passe un examen d’entrée avant son affectation. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.
Tout ce qui touche à votre situation propre.
Non. L’obligation ne vise que les résidents hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen.
L’exclusion pour réinvestissement dans une résidence principale est réservée aux résidents au moment de la vente. Un non-résident est imposé sur 50 % de la plus-value, avec englobement de ses revenus mondiaux pour le taux.
Oui, si la vente a lieu pendant la résidence au Portugal : la France est un État membre, et l’achat d’une résidence principale entre 24 mois avant et 36 mois après la vente entre dans le régime.
Non. Les périodes d’assurance portugaises, attestées par le S041, obligent la CPAM à ouvrir les droits sans attendre. Avec un emploi, l’affiliation est immédiate.
Une pension d’un emploi privé est imposable dans l’État de résidence. Elle redevient imposable en France à compter de la date du retour, et le Portugal cesse de l’imposer à la même date, à condition que l’adresse fiscale ait été modifiée.
Non. Il exige un quitus fiscal et une immatriculation française dans le mois.
Non. Ces régimes sont attachés à la résidence fiscale et prennent fin avec elle.
Côté portugais :
Côté français :
Pages consultées le 17 octobre 2026.
Sur le même pays : vivre au Portugal, s’installer, travailler et se soigner. Ce dossier : retour en France. Pour chiffrer l’écart de revenu net entre les deux pays : comparaison fiscale France.
Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.
Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.
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