Mis à jour le 18 octobre 2026.

Un retour d’Australie en France se prépare autour d’un capital que l’on ne peut pas emporter : la superannuation reste bloquée en Australie jusqu’à l’âge de préservation, quel que soit le pays de résidence, et ses versements seront ensuite imposables en France. Trois démarches ne se rattrapent pas après le départ : le choix de l’impôt sur la cession réputée des placements à la date de départ, qui se fait dans la dernière déclaration australienne ; la demande d’Age Pension, qui suppose d’être présent en Australie au moment de la demande ; et la notification à l’ATO d’une dette d’études HELP, qui continue de se rembourser depuis la France. Une règle surprend aussi : il n’existe aucun accord de sécurité sociale entre la France et l’Australie, ni pour la retraite, ni pour la maladie.

Cette page s’adresse à une personne résidente en Australie, citoyenne ou résidente permanente, salariée, indépendante ou retraitée, qui transfère son domicile en France. Le cas d’un titulaire de visa temporaire est signalé là où il diffère. Elle suit les pages officielles australiennes et françaises consultées le 18 octobre 2026. Les démarches communes à tout retour sont détaillées dans le dossier retour en France.

Dans quel ordre s’y prendre ?

Du plus lent au plus urgent. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration ; les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation.

MomentDémarcheDélaiAuprès de
Six mois avantVérifier les conditions de la franchise douanière et décider du sort de la voiture (conduite à droite, conformité)RepèreDouane française, DREAL
Six mois avantFaire le point sur les placements hors super : gains latents, choix de vendre avant ou de différer la cession réputéeRepèreComptable australien
Six mois avantRetraité : compter ses années de résidence australienne entre 16 ans et l’âge de la pension (règle des 35 ans) et déposer la demande d’Age Pension depuis l’AustralieAvant le départServices Australia
Trois mois avantRegrouper les comptes de superannuation, vérifier frais et assurances, mettre l’adresse à jour ; cesser toute cotisation volontaireRepèreFonds de super
Trois mois avantDemander le certificat de changement de résidence au consulat et préparer la radiation du registreRepèreConsulat de France
Avant le départDette HELP, VSL ou AASL : mettre à jour ses coordonnées et déposer la notification de départDans les sept jours du départATO, myGov
Avant le départRésilier bail, énergie, télécoms ; informer Medicare et l’assureur santé privé ; récupérer les dossiers médicauxRepèreFournisseurs, Medicare, assureur
Avant le départInformer la banque et le fonds de super du statut de non-résident (retenue à la source sur intérêts)RepèreBanque, fonds
Jour du départPrésenter l’inventaire à l’entrée en France (cerfa 10070, deux exemplaires, preuve de l’ancienne résidence)Au premier passageDouane française
Dès l’arrivéeDemander l’ouverture des droits à l’assurance maladie (formulaire S1106)Sans délaiCPAM
Un moisImmatriculer le véhicule, après le certificat 846 A et la mise en conformitéDans le mois, quatre mois si réception à titre isoléDouane, DREAL, France Titres
Un anÉchanger le permis de conduire australien (catégories A et B)Dans l’année qui suit l’installationFrance Titres (ANTS)
Douze moisTerminer les importations en franchiseDans les douze mois du transfertDouane française
31 octobre suivantDernière déclaration australienne pour l’année fiscale close le 30 juin, avec la date de départ et le choix sur la cession réputée31 octobreATO
Printemps suivantPremière déclaration française, sur papier, avec les annexes 2047 et 3916Calendrier fiscal annuelService des impôts des particuliers

Quels impôts australiens l’année du départ ?

L’année fiscale australienne court du 1er juillet au 30 juin. Une personne qui part s’installer durablement à l’étranger cesse d’être résidente fiscale à la date du départ, et sa dernière déclaration indique cette date ; elle couvre les revenus mondiaux jusqu’au départ, puis les seuls revenus de source australienne, avec un seuil d’exonération réduit au prorata. La déclaration se dépose au plus tard le 31 octobre suivant, plus tard avec un agent fiscal.

Deux règles pèsent plus que les autres :

  • La cession réputée. À la date où la résidence cesse, les biens qui ne sont pas des « taxable Australian property » (actions, fonds, placements hors immobilier australien) sont réputés vendus à leur valeur de marché, et le gain latent devient imposable. La personne peut choisir de ne pas appliquer cette cession réputée ; les biens restent alors dans le champ de l’impôt australien jusqu’à leur vente effective, et la réduction de 50 % pour détention longue est amputée des années de non-résidence. Le choix se fait dans la déclaration de l’année du départ et relève d’un comptable australien.
  • La résidence principale. Un non-résident qui vend son ancienne résidence principale australienne perd, sauf cas limités, l’exonération de la plus-value depuis le 1er juillet 2020, pour toute la période de détention. Vendre avant de perdre la résidence ou conserver le bien en location se décide avant le départ.

Après le départ, les loyers d’un bien australien restent imposables en Australie au barème des non-résidents, sans seuil d’exonération ; les intérêts bancaires supportent une retenue de 10 % et les dividendes non franked une retenue de 15 % au titre de la convention, à condition d’avoir déclaré son statut de non-résident à la banque et au registre.

Une dette d’études HELP, VSL ou AASL ne s’efface pas avec le départ : la personne met ses coordonnées à jour dans les sept jours, dépose une notification de départ à l’étranger, et déclare chaque année à l’ATO son revenu mondial dès qu’il dépasse le seuil de remboursement ; le remboursement est calculé sur ce revenu converti.

Que devient la superannuation ?

Elle ne se retire pas en partant. Un citoyen ou résident permanent qui quitte l’Australie n’a aucun cas de déblocage : le capital reste dans le fonds jusqu’à l’âge de préservation, 60 ans pour les personnes nées à partir du 1er juillet 1964, ou jusqu’à une condition de libération anticipée (difficultés financières graves, maladie en phase terminale, solde inférieur à 200 dollars). Le paiement de départ (DASP) est réservé aux titulaires de visas temporaires qui ont définitivement quitté le pays ; il est imposé à 35 % ou 65 % selon le visa.

Avant de partir, regrouper les comptes, vérifier les frais et les primes d’assurance prélevées, et mettre l’adresse à jour évitent qu’un compte devienne « perdu » ou soit transféré à l’ATO comme super non réclamée. Les cotisations depuis la France restent possibles mais rarement utiles, le fonds ne pouvant plus bénéficier des avantages liés à un revenu australien.

Comment la super sera-t-elle imposée à la sortie ?

En Australie, un versement d’un fonds imposé après 60 ans, en capital ou en rente, est exonéré d’impôt australien, pour un résident comme pour un non-résident.

En France, la convention du 20 juin 2006 attribue l’imposition des pensions et rentes au seul État de résidence (article 17) : une rente de superannuation versée à un résident de France est imposable en France, comme une pension, déclarée avec l’annexe 2047. Un versement en capital est imposable en France au titre des pensions de retraite servies en capital, au barème ou sur option au prélèvement libératoire de 7,5 % si les conditions du code général des impôts sont réunies ; le choix et le traitement de la part issue de cotisations non déduites relèvent d’un fiscaliste. Le compte de superannuation figure sur le formulaire 3916 chaque année.

Age Pension : qu’est-ce qui suit en France ?

L’Age Pension australienne est une pension de résidence, sous conditions de ressources. Elle se demande en Australie : la personne doit y résider et y être présente au moment de la demande, l’Australie n’ayant pas d’accord de sécurité sociale avec la France qui permettrait de la demander depuis la France. Une personne proche de l’âge de la pension a donc intérêt à la liquider avant de partir.

Une fois accordée, elle suit à l’étranger. Le taux reste inchangé pendant 26 semaines ; au-delà, il est calculé au prorata de la « Australian Working Life Residence », les années de résidence entre 16 ans et l’âge de la pension : 35 ans ou plus maintiennent le taux plein, 20 ans donnent 20/35e. Le supplément de pension cesse au départ à partir du 20 septembre 2026, le supplément énergie aussi, et les cartes de réduction sont annulées. Le versement se fait toutes les quatre semaines, sur un compte français si on le souhaite. Une pension française perçue par ailleurs est comptée comme revenu dans le test de ressources.

En France, l’Age Pension est une pension imposable dans l’État de résidence (article 17) : déclarée avec l’annexe 2047, imposée au barème.

Les années australiennes ne comptent pas pour la retraite française, faute d’accord : pas de totalisation, pas de trimestres. Un rachat de trimestres reste possible aux conditions ordinaires.

Medicare et assurance maladie : qu’est-ce qui ne suit pas ?

Medicare cesse avec la résidence, et l’assurance santé privée se résilie ; aucune période australienne ne compte en France. À l’arrivée :

Situation à l’arrivéeCouvertureDémarche
Emploi en FranceAffiliation dès la première heure travailléeFormulaire S1106 à la CPAM, avec le contrat ou un bulletin de salaire
Adhérent à la Caisse des Français de l’étrangerMaintien des droits pendant trois mois, puis protection universelle maladieAttestation CFE, puis S1106
Ni emploi ni CFEProtection universelle maladie après trois mois de résidence stableS1106 dès l’arrivée, droits ouverts à l’issue du délai

L’accord de soins réciproques entre l’Australie et la France ne couvre que les séjours temporaires ; il ne s’applique pas à une installation.

A-t-on droit au chômage en France après un emploi en Australie ?

Non, sur la seule base de l’emploi australien. Aucun accord ne coordonne les deux systèmes ; les périodes australiennes ne comptent pas, et la JobSeeker Payment ne s’exporte pas. Des droits s’ouvrent après une nouvelle activité salariée en France, sauf adhésion, pendant le séjour, à l’assurance chômage des expatriés gérée par France Travail Services.

Quels impôts en France l’année du retour ?

À compter de la date du retour, la personne est imposable en France sur l’ensemble de ses revenus. Les deux années fiscales ne coïncident pas : australienne au 30 juin, française au 31 décembre ; en cas de double résidence sur une période, l’article 4 de la convention tranche par le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, puis la nationalité.

La première déclaration se dépose au printemps suivant, sur papier, au service des impôts du nouveau domicile, avec le formulaire 2042, l’annexe 2047 pour les revenus de source australienne perçus après le retour (dernier salaire, loyers, intérêts, dividendes, super), et le formulaire 3916 pour chaque compte australien, super comprise. L’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré. Le formulaire 2042-NR ne concerne que les personnes qui avaient des revenus de source française avant leur retour.

La convention élimine la double imposition par crédit d’impôt (article 23) : égal à l’impôt français pour la plupart des revenus imposables en Australie, égal à l’impôt australien payé, plafonné à l’impôt français, pour les dividendes, intérêts et redevances. Un bien immobilier australien conservé entre, le cas échéant, dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière.

Déménagement, voiture, permis de conduire : quelles formalités ?

L’Australie est hors de l’Union européenne : le déménagement passe en douane. Les biens entrent en France sans droits ni taxes si quatre conditions sont réunies : une résidence hors de l’Union depuis au moins douze mois, des biens en usage privé depuis au moins six mois, des biens qui ont supporté les taxes en Australie, et des biens destinés à la résidence principale. L’importation peut se faire en plusieurs fois dans les douze mois du transfert. L’inventaire déposé au premier passage liste l’ensemble des biens, véhicule compris, est détaillé, estimé, daté, signé, en deux exemplaires, avec le formulaire cerfa n° 10070 et une preuve de l’ancienne résidence. Les biens ne peuvent être ni vendus, ni loués, ni prêtés pendant douze mois.

La voiture

En Australie, on roule à gauche : un véhicule australien a le volant à droite et rarement un certificat de conformité européen. Son immatriculation en France suppose le certificat 846 A, le réglage des projecteurs et une réception à titre isolé par la DREAL, pour un coût qui dépasse presque toujours la valeur du véhicule, fret compris. Vendre sur place est la règle.

Le permis de conduire

Le permis australien s’échange contre un permis français pour les catégories A et B, dans l’année qui suit l’installation, en ligne auprès de France Titres, avec sa traduction officielle.

Et pour les enfants ?

L’inscription se prépare avant l’été, en gardant à l’esprit que l’année scolaire australienne va de fin janvier à décembre : un départ en milieu d’année australienne tombe en fin d’année française. En primaire, l’inscription se fait à la mairie, au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Un élève du Lycée Condorcet de Sydney ou d’un autre établissement homologué est affecté sur dossier ; un élève d’une école australienne passe un examen d’entrée au collège ou au lycée. Un enfant né en Australie d’un parent résident permanent ou citoyen est citoyen australien. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.

Qu’est-ce qui relève d’un organisme ou d’un professionnel ?

Tout ce qui touche à votre situation propre.

  • La date de fin de résidence australienne, le choix sur la cession réputée et le sort de la résidence principale relèvent d’un comptable australien et de l’ATO.
  • L’imposition en France des versements de superannuation, en rente ou en capital, et l’option pour le prélèvement de 7,5 % relèvent d’un fiscaliste ou d’un expert-comptable habilité en France.
  • L’Age Pension, sa demande et son taux à l’étranger relèvent de Services Australia.
  • La dette HELP et ses remboursements relèvent de l’ATO.
  • L’ouverture des droits à l’assurance maladie relève de la CPAM ; la faisabilité d’une réception à titre isolé, de la DREAL.

Questions fréquentes

Puis-je retirer ma superannuation en rentrant en France ?

Non, pour un citoyen ou un résident permanent : elle reste bloquée jusqu’à l’âge de préservation, 60 ans pour la plupart. Seuls les titulaires de visas temporaires peuvent demander le paiement de départ, lourdement imposé.

Comment ma super sera-t-elle imposée quand je la toucherai depuis la France ?

Exonérée en Australie après 60 ans, imposable en France comme une pension : au barème pour une rente, au barème ou sur option à 7,5 % pour un capital, selon les conditions du code général des impôts.

Puis-je demander l’Age Pension depuis la France ?

Non. Il faut résider et être présent en Australie au moment de la demande, faute d’accord de sécurité sociale avec la France. Une fois accordée, elle est versée en France, au prorata des années de résidence australienne après 26 semaines.

Mes années en Australie comptent-elles pour ma retraite française ?

Non. Aucun accord ne lie les deux systèmes.

Ma dette HELP s’arrête-t-elle quand je quitte l’Australie ?

Non. Vous déclarez chaque année votre revenu mondial à l’ATO et remboursez au-dessus du seuil, depuis la France.

Y a-t-il un délai de trois mois pour l’assurance maladie ?

Pas en cas de reprise d’un emploi. Sans activité ni adhésion à la CFE, la protection universelle maladie s’ouvre après trois mois de résidence ; aucune période australienne ne compte.

Puis-je échanger mon permis australien ?

Oui, pour les catégories A et B, dans l’année qui suit l’installation.

Sources

Côté australien :

Côté français :

Pages consultées le 18 octobre 2026.

Ce dossier : retour en France. Pour chiffrer l’écart de revenu net entre les deux pays : comparaison fiscale France.

‍

Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.

Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.

Pour poser un scénario écrit et un plan d’action, votre plan d’expatriation est le point de départ que nous recommandons (500 EUR, déduits en cas de poursuite en accompagnement global), ou un premier échange pour en parler.

POUR ALLER PLUS LOIN

Nos outils pour préparer votre expatriation

SIMULATEUR FINANCIER

Salaire net dans 100+ pays

Calculez votre salaire net avec impôt à la source, cotisations sociales et charges locales, dans 100+ pays, 51 états américains, et 13 provinces canadiennes.

Simuler mon salaire →

COMPARAISON FISCALE

Comparaison fiscale France

Comparez le revenu net après impôt et cotisations, côte à côte, entre la France et votre pays cible.

Comparer les impôts →

CULTURE PROFESSIONNELLE

Guides par pays

Vivre et travailler dans chaque pays : codes culturels, usages professionnels, quotidien et intégration.

Explorer les pays →
À PROPOS DE NOTRE PÉRIMÈTRE

EXPATRIATION.IO est un cabinet de conseil en expatriation et mobilité internationale. Nous n'exerçons aucune activité réglementée. Nos prestations consistent à accompagner nos clients dans la définition et l'organisation de leur projet d'expatriation, hors démarches réglementées. Pour toute question juridique, fiscale ou patrimoniale, nous orientons vers les catégories de professionnels indépendants compétents (avocats, notaires, experts-comptables, conseils en gestion de patrimoine).