Mis à jour le 18 octobre 2026.
Un retour d’Allemagne en France est un déménagement intra-européen, sans douane et avec assurance maladie ouverte sans délai, mais il commence par une formalité qui ne se rattrape pas : l’Abmeldung, la radiation du registre des habitants, à faire dans les quinze jours suivant le déménagement et au plus tôt une semaine avant, faute de quoi la commune continue de vous considérer comme résident et le Finanzamt comme contribuable illimité. Deux autres choses se préparent avant de partir : le sort des produits de retraite Riester et Rürup, qui ne se transfèrent pas et dont l’imposition change de pays, et le document portable U1 de l’Agentur für Arbeit, plus simple à obtenir sur place. Une règle surprend aussi : depuis 2016, la pension légale allemande d’un résident de France est imposable en France, et non plus en Allemagne, et le Finanzamt Neubrandenburg, compétent pour les retraités de l’étranger, n’a donc plus rien à réclamer.
Cette page s’adresse à une personne résidente en Allemagne, salariée, indépendante ou retraitée, de nationalité française ou européenne, qui transfère son domicile en France, qu’elle quitte son emploi allemand ou le conserve. Elle suit les pages officielles allemandes et françaises consultées le 18 octobre 2026. Les démarches communes à tout retour sont détaillées dans le dossier retour en France.
Du plus lent au plus urgent. Les délais de la troisième colonne sont fixés par un texte ou une administration ; les lignes marquées « Repère » sont des étapes de préparation.
L’Abmeldung se dépose à la commune, par la poste ou en ligne pour un départ à l’étranger, au plus tôt une semaine avant et au plus tard deux semaines après le déménagement ; l’oubli est une infraction administrative passible d’amende. La commune enregistre l’adresse à l’étranger et délivre, sur demande, l’Abmeldebestätigung, qui sert ensuite de preuve de date auprès du Finanzamt, de la Krankenkasse, de la Deutsche Rentenversicherung et des assureurs.
L’année du départ, la personne est contribuable illimitée jusqu’au départ et limitée ensuite : une seule déclaration couvre l’année, revenus mondiaux jusqu’à la date de départ, puis revenus de source allemande, et le barème progressif tient compte des revenus étrangers perçus après le départ (Progressionsvorbehalt). Elle se dépose au Finanzamt du dernier domicile avant le 31 juillet de l’année suivante, plus tard avec un Steuerberater. Les revenus allemands des années suivantes relèvent de l’imposition limitée ; pour les retraités, le Finanzamt Neubrandenburg est compétent.
Un détenteur d’au moins 1 % du capital d’une société, allemande ou étrangère, est soumis à l’impôt de sortie de l’article 6 de l’Außensteuergesetz : la participation est réputée cédée au départ, avec un étalement possible du paiement sur sept ans, sous conditions. Le seuil et les modalités relèvent d’un Steuerberater.
Elle est versée en France sans condition de résidence, par virement sur un compte français. Depuis le 1er janvier 2016, l’article 13 paragraphe 8 de la convention franco-allemande du 21 juillet 1959, modifié par l’avenant du 31 mars 2015, attribue l’imposition des pensions de la sécurité sociale légale à l’État de résidence : un résident de France déclare sa Rente en France, avec l’annexe 2047, et l’Allemagne ne l’impose plus. Les pensions de la fonction publique (Beamtenpension) restent imposables en Allemagne (article 14), sauf pour un résident de France qui n’a que la nationalité française.
Les périodes allemandes et françaises se totalisent pour l’ouverture des droits ; une seule demande, déposée auprès de la caisse française, déclenche la liquidation des deux pensions. La Deutsche Rentenversicherung demande chaque année un certificat de vie aux pensionnés résidant à l’étranger.
Le contrat se poursuit depuis la France, mais les versements n’ouvrent plus droit aux primes d’État ni à la déduction, faute d’imposition illimitée en Allemagne. Un départ vers un État de l’Espace économique européen ou la Suisse n’est pas une utilisation dommageable : les primes et avantages fiscaux perçus ne sont pas repris, à la différence d’un départ hors de l’Espace. Les prestations versées à un résident de France relèvent de la convention comme des pensions, imposables en France ; le contrat figure sur le formulaire 3916.
Les cotisations ne sont plus déductibles sans imposition illimitée en Allemagne. Les rentes versées à un résident de France relèvent de l’article 13 paragraphe 8 et sont imposables en France ; l’Allemagne peut prétendre à une imposition limitée sur les prestations de prévoyance de base, et l’exonération allemande se demande au Finanzamt avec un certificat de résidence fiscale française. Un Rürup ne se rachète pas en capital : il se met en réduction de primes et attend l’échéance.
Une pension d’employeur versée à un résident de France est imposable en France au titre des pensions privées (article 13). L’Allemagne ne peut pas la retenir à la source si une attestation d’exonération a été demandée au Finanzamt (Bundeszentralamt für Steuern pour les salariés à imposition limitée), avec un certificat de résidence du service des impôts français. Un capital versé en une fois est imposable en France, au barème ou sur option au prélèvement de 7,5 % si les conditions du code général des impôts sont réunies. Les versements en capital de contrats privés de la troisième couche supportent la retenue allemande sur les revenus du capital, récupérable au titre de la convention.
L’Allemagne et la France appliquent les règlements européens.
Une personne qui s’installe en France et conserve son employeur allemand reste affiliée en Allemagne pour la maladie, la retraite et le chômage, avec soins en France via le formulaire S1.
Fiscalement, le régime frontalier franco-allemand s’applique si la personne habite en Moselle, dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin, travaille en Sarre ou dans une commune de Rhénanie-Palatinat ou du Bade-Wurtemberg à moins de 30 kilomètres de la frontière, rentre en règle générale chaque jour, et ne travaille pas plus de 45 jours par an hors de la zone (ni plus de 20 % de ses jours). Le salaire est alors imposable en France seulement, et l’employeur allemand ne retient rien sur présentation de l’attestation d’exonération (formulaire 5011) visée par le service des impôts français ; le télétravail depuis le domicile en zone compte comme travail en zone. Hors de ces conditions, le salaire est imposable en Allemagne, retenu à la source, et déclaré en France avec un crédit d’impôt égal à l’impôt français.
À compter de la date du retour, la personne est imposable en France sur l’ensemble de ses revenus. La première déclaration se dépose au printemps suivant, sur papier, au service des impôts du nouveau domicile, avec le formulaire 2042, l’annexe 2047 pour les revenus de source allemande perçus après le retour (salaire frontalier, Rente, Betriebsrente, loyers, dividendes), et le formulaire 3916 pour chaque compte allemand, Riester, Rürup et Bausparvertrag compris. L’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré. Le formulaire 2042-NR ne concerne que les personnes qui avaient des revenus de source française avant leur retour.
La convention élimine la double imposition par crédit d’impôt pour les revenus imposables en Allemagne. Un immeuble allemand conservé reste imposé en Allemagne sur les loyers et sur la plus-value si la vente intervient moins de dix ans après l’achat ; il entre, le cas échéant, dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière français.
L’Allemagne est dans l’Union européenne : le déménagement ne passe pas en douane, et aucun inventaire n’est exigé.
Une voiture immatriculée en Allemagne s’immatricule en France dans le mois, avec un quitus fiscal délivré par le service des impôts et le certificat de conformité européen (COC) ; le certificat 846 A ne concerne pas les véhicules européens. Le véhicule se radie à la Zulassungsstelle (Außerbetriebsetzung), plaques et Zulassungsbescheinigung Teil I à l’appui, ce qui arrête la Kfz-Steuer et l’assurance allemande ; des plaques d’exportation (Ausfuhrkennzeichen) permettent de rouler jusqu’à l’immatriculation française.
Un permis de conduire allemand est un permis européen : il reste valable en France sans échange obligatoire tant qu’il est en cours de validité, sauf cas prévus par la réglementation.
L’inscription se prépare avant l’été. En primaire, elle se fait à la mairie, au plus tard en juin pour la rentrée de septembre. Un élève d’un lycée français d’Allemagne (Berlin, Munich, Francfort, Düsseldorf, Hambourg, Sarrebruck, Fribourg) est affecté sur dossier ; un élève d’un Gymnasium ou d’une Realschule passe un examen d’entrée au collège ou au lycée, les sections Abibac facilitant la transition. Le détail figure dans retour en France : école et garde d’enfant.
Tout ce qui touche à votre situation propre.
En France, depuis le 1er janvier 2016, pour un résident de France. L’Allemagne ne l’impose plus ; vous la déclarez avec l’annexe 2047.
Non : un départ vers un État de l’Espace économique européen n’entraîne pas la reprise des primes. Les nouveaux versements n’en obtiennent plus, et les prestations seront imposables en France.
Oui, une seule, qui couvre les revenus mondiaux jusqu’au départ puis les revenus allemands, avant le 31 juillet de l’année suivante.
Non. Les périodes allemandes ouvrent les droits sans attendre ; avec un emploi, l’affiliation est immédiate.
En France si vous remplissez les conditions du régime frontalier (domicile en Moselle, Bas-Rhin ou Haut-Rhin, travail en Sarre ou à moins de 30 kilomètres de la frontière, retour quotidien, 45 jours hors zone au plus), avec l’attestation 5011. Sinon en Allemagne, avec crédit d’impôt en France.
Non. L’Allemagne est dans l’Union européenne ; la voiture exige un quitus fiscal et une radiation à la Zulassungsstelle.
Oui, sans échange obligatoire tant qu’il est en cours de validité.
Côté allemand :
Côté français :
Pages consultées le 18 octobre 2026.
Ce dossier : retour en France. Pour chiffrer l’écart de revenu net entre les deux pays : comparaison fiscale France.
Rédigé par Sidney LAKEHAL, fondateur d’expatriation.io. En savoir plus sur le cabinet.
Contenu éditorial, décrivant des règles générales à leur date de publication et non une recommandation personnalisée. Les textes, barèmes et conventions cités évoluent.
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