Une fruiterie de quartier sous la neige à Montréal
Une fruiterie de quartier sous la neige, Montréal

Mis à jour le 15 septembre 2026.

Le Canada est la cinquième communauté française du monde : 119 545 Français y étaient inscrits au registre consulaire au 31 décembre 2025 selon le fichier ouvert du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, un chiffre plancher puisque l’inscription au registre n’est pas obligatoire, le ministère estimant le nombre global de Français vivant à l’étranger, inscrits ou non, autour de 2,5 millions. Une fois le permis en poche, la vie quotidienne obéit surtout à des règles provinciales : l’assurance maladie est immédiate en Ontario pour les personnes admissibles mais peut attendre trois mois au Québec, le salaire minimum est de 15 $ de l’heure en Alberta et de 18,25 $ en Colombie-Britannique, un appartement de deux chambres se loue en moyenne 1 346 $ à Montréal contre 2 363 $ à Vancouver (SCHL, enquête d’octobre 2025), et janvier affiche une moyenne de −9,2 °C à Montréal. Ce guide couvre l’installation après le visa : démarches des premières semaines, logement, travail, impôts, santé, coût de la vie, école et hiver, sources et dates à l’appui. Pour les voies d’immigration elles-mêmes (PVT, Entrée express, programmes du Québec), voir notre guide S’expatrier au Canada.

Les montants en euros sont convertis au cours de la Banque du Canada du 15 septembre 2026, 1 euro = 1,6064 dollar canadien (CAD). Pour projeter votre propre situation, notre simulateur de salaire net au Canada applique les barèmes fédéral et provinciaux 2026, et notre comparateur France-Québec met les deux systèmes côte à côte.

Les premières semaines : NAS, assurance maladie, banque

Le numéro d’assurance sociale (NAS). C’est la première démarche, indispensable pour travailler au Canada. Elle se fait auprès de Service Canada, en ligne, en personne ou par la poste, et ne coûte rien. Un titulaire de permis de travail présente son permis délivré par IRCC et un second document portant son nom et sa date de naissance, un passeport par exemple ; un résident permanent présente sa carte ou sa confirmation de résidence permanente, avec le même second document. Le NAS d’un résident temporaire commence par le chiffre 9 et expire en même temps que le permis ; celui d’un résident permanent n’expire pas.

L’assurance maladie provinciale. Chaque province gère son régime et ses conditions d’admission, et l’écart entre elles est le point le plus souvent découvert trop tard. En Ontario, la page officielle est sans ambiguïté : il n’y a plus de délai de carence, la couverture OHIP est immédiate pour les personnes admissibles. Un titulaire de permis de travail y est admissible s’il travaille à temps plein en Ontario pour un employeur ontarien pendant au moins six mois, et doit être physiquement présent 153 jours sur toute période de douze mois. En Colombie-Britannique, le Medical Services Plan couvre à partir du reste du mois d’arrivée plus deux mois ; certains titulaires de permis de travail ou d’études valables au moins six mois peuvent être réputés résidents, et la province recommande une assurance privée pendant l’attente. Les primes du MSP ont été supprimées le 1er janvier 2020. En Alberta, la couverture commence à la date d’établissement de la résidence ou à celle de la signature du document d’entrée, la plus tardive des deux, pour un permis qui n’expire pas dans moins de six mois et une intention de rester au moins douze mois.

Au Québec, le gouvernement prévient les nouveaux arrivants qu’il est possible que l’assurance maladie ne couvre pas leurs soins pendant une période de trois mois. L’entente de sécurité sociale entre la France et le Québec, signée le 17 décembre 2003 et en vigueur depuis le 1er décembre 2006, prévoit la totalisation des périodes d’assurance pour l’ouverture des droits à l’assurance maladie du nouveau pays d’emploi. Concrètement, selon le CLEISS, un salarié qui part travailler au Québec demande avant son départ à sa caisse d’assurance maladie le formulaire SE 401-Q-207, et doit détenir un permis de travail « fermé » mentionnant le nom de l’employeur et le lieu de travail. Le titulaire d’un permis de travail « ouvert », comme le PVT, n’est pas admissible à la RAMQ même si le formulaire lui a été délivré ; le permis « jeunes professionnels » d’Expérience internationale Canada est un permis fermé et ouvre ce droit. Les étudiants en échange entre établissements, en double diplôme ou en cotutelle relèvent du formulaire SE 401-Q-106, rempli par l’établissement français puis par la caisse. Les conditions détaillées figurent sur le site de la RAMQ : vérifiez-les avant le départ, et prévoyez une assurance privée pour toute période non couverte.

Le compte bancaire. Le droit fédéral donne à toute personne le droit d’ouvrir un compte personnel dans une banque, même sans emploi et sans argent à déposer, sous réserve des motifs de refus prévus par la loi. Il faut présenter deux documents d’une source fiable, l’un avec nom et adresse, l’autre avec nom et date de naissance, un passeport étranger étant accepté, ou un seul document confirmé par un client de la banque ou un membre de la communauté (Agence de la consommation en matière financière du Canada).

Permis de conduire et pneus d’hiver

Le permis français s’échange dans les quatre provinces les plus peuplées, mais les délais diffèrent. Au Québec, les titulaires d’un permis français valide peuvent l’échanger contre un permis équivalent auprès de la SAAQ, et le permis étranger reste utilisable au plus six mois après l’obtention d’un statut permanent selon le gouvernement du Québec ; pour un séjour de moins de six mois, le permis français suffit. En Ontario, la France figure sur la liste des territoires dont le permis s’échange, et l’échange doit intervenir dans les 60 jours suivant l’installation ; une traduction certifiée de moins de six mois est exigée si le document n’est ni en anglais ni en français. En Colombie-Britannique, le délai est de 90 jours après l’arrivée pour passer au permis provincial, le permis français couvrant six mois pour un touriste. En Alberta, la France (classe 5) figure parmi les territoires échangés sans examen, dans les 90 jours suivant l’établissement de la résidence, avec traduction par un traducteur agréé des documents qui ne sont pas en anglais. Aucune des pages officielles consultées ne publie le montant des frais d’échange.

L’hiver impose ses règles. Au Québec, les pneus d’hiver sont obligatoires du 1er décembre au 15 mars pour tous les véhicules immatriculés dans la province, y compris ceux offerts en location, sauf exceptions, sous peine d’une amende de 200 à 300 $. En Colombie-Britannique, pneus d’hiver ou chaînes sont exigés sur la plupart des routes du 1er octobre au 30 avril, jusqu’au 31 mars sur certains axes hors cols de montagne, avec une profondeur de sculpture d’au moins 3,5 mm et le marquage M+S ou le pictogramme montagne et flocon.

Se loger : les loyers réels, le bail et le dépôt

La Société canadienne d’hypothèques et de logement réalise chaque mois d’octobre une enquête sur le parc locatif construit à cette fin. L’enquête d’octobre 2025 donne un loyer moyen national de 1 550 $ pour deux chambres (≈ 965 €), en hausse de 5,1 % sur un an, avec un taux d’inoccupation remonté à 3,1 % contre 2,2 % en 2024. Ces moyennes portent sur l’ensemble des baux du parc, anciens compris ; notre guide S’expatrier au Canada détaille l’écart avec le loyer demandé aux nouveaux locataires.

VilleLoyer moyen, 2 chambresVariation sur un anTaux d’inoccupation
Montréal1 346 $ (≈ 838 €)+7,2 %2,9 %
Québec1 277 $ (≈ 795 €)+6,1 %2,4 %
Ottawa1 926 $ (≈ 1 199 €)+3,4 %3,0 %
Toronto2 034 $ (≈ 1 266 €)+3,5 %3,0 %
Calgary1 914 $ (≈ 1 191 €)n.d.5,0 %
Vancouver2 363 $ (≈ 1 471 €)+2,2 %3,7 %

Source : SCHL, Rapport sur le marché locatif, enquête d’octobre 2025, appartements de deux chambres du parc locatif construit à cette fin. Conversions au cours du 15 septembre 2026.

Louer au Québec. Le formulaire de bail du Tribunal administratif du logement est obligatoire depuis le 1er septembre 1996. Il est illégal d’exiger un dépôt : le seul montant qu’un propriétaire peut demander à la signature est le loyer du premier mois, sans dépôt de garantie pour d’éventuels dommages, ni pour les clés ou les meubles, ni chèques postdatés (guide du bail du TAL). Pour les avis de modification de bail donnés à compter du 1er janvier 2026, le TAL applique une nouvelle méthode de calcul de l’ajustement des loyers, dont le taux de base est de 3,1 % (pourcentages publiés le 19 janvier 2026).

Louer en Ontario. La hausse de loyer autorisée pour 2026 est de 2,1 %, applicable une fois par douze mois avec un préavis écrit d’au moins 90 jours ; les logements occupés pour la première fois après le 15 novembre 2018 en sont exemptés. Le propriétaire peut demander un dépôt, au plus un mois de loyer, qui ne sert qu’à payer le dernier mois avant le départ, jamais des réparations, et sur lequel il verse des intérêts chaque année (Commission de la location immobilière). Le bail standard provincial est obligatoire pour la plupart des logements privés.

Acheter. La loi fédérale interdit à un non-Canadien d’acheter, directement ou indirectement, un immeuble résidentiel, et le gouvernement a annoncé la prolongation de cette interdiction jusqu’au 1er janvier 2027. Le règlement en exempte le résident temporaire titulaire d’un permis de travail dont il reste au moins 183 jours de validité à la date de l’achat, à condition de n’avoir pas acheté plus d’un immeuble résidentiel. Le prix moyen d’une maison au Canada s’établissait à 668 219 $ en août 2026 (≈ 416 000 €), en hausse de 0,6 % sur un an, l’indice des prix de référence reculant de 3 % (ACI, 15 septembre 2026). Depuis mars 2026, une loi fédérale rembourse la TPS aux acheteurs d’une première maison neuve jusqu’à un million de dollars, avec un remboursement partiel entre un et 1,5 million ; la mesure est réservée aux citoyens canadiens et résidents permanents d’au moins 18 ans qui n’ont pas été propriétaires occupants au cours des cinq dernières années.

Travailler : salaires, normes du travail et diplômes

Le taux de chômage s’établissait à 6,4 % en août 2026, à 5,6 % au Québec, 6,9 % en Ontario, 6,5 % en Colombie-Britannique et 6,8 % en Alberta, et le salaire horaire moyen des employés atteignait 37,02 $, en hausse de 2,0 % sur un an (Statistique Canada, Enquête sur la population active). La rémunération hebdomadaire moyenne, mesurée auprès des employeurs, était de 1 343,86 $ en juin 2026 au Canada (+3,4 % sur un an), soit près de 70 000 $ en équivalent annuel, avec 1 291,91 $ au Québec, 1 383,94 $ en Ontario, 1 351,02 $ en Colombie-Britannique et 1 387,44 $ en Alberta.

Les salaires minimums sont provinciaux, sauf pour les secteurs de compétence fédérale : 18,15 $ de l’heure au fédéral depuis le 1er avril 2026 ; 16,60 $ au Québec depuis le 1er mai 2026 (13,30 $ pour les salariés au pourboire) ; 17,60 $ en Ontario, porté à 17,95 $ le 1er octobre 2026 ; 18,25 $ en Colombie-Britannique depuis le 1er juin 2026 ; 15 $ en Alberta.

Les congés payés sont de deux à trois semaines, et là encore la règle dépend de l’employeur. Dans les secteurs de compétence fédérale, le Code canadien du travail accorde deux semaines de vacances après un an chez le même employeur, trois après cinq années consécutives et quatre après dix, avec une indemnité de 4, 6 ou 8 % du salaire ; la semaine normale est de 40 heures, avec un maximum de 48, et les heures supplémentaires sont payées une fois et demie. Au Québec, la Loi sur les normes du travail donne deux semaines après un an de service continu et trois semaines après trois ans, l’indemnité passant de 4 à 6 % (présentation d’Éducaloi) ; la semaine normale y est de 40 heures. En Ontario, ce sont deux semaines, puis trois après cinq ans, et les heures supplémentaires commencent au-delà de 44 heures par semaine.

L’assurance-emploi verse 55 % de la rémunération assurable moyenne, jusqu’à 729 $ par semaine en 2026 sur un maximum assurable de 68 900 $, après 420 à 700 heures d’emploi assurable selon le taux de chômage de la région. Au Québec, le Régime québécois d’assurance parentale prend le relais pour les naissances : dans le régime de base, 18 semaines de maternité et 5 semaines de paternité à 70 % du revenu, puis 32 semaines parentales partageables, dont 7 à 70 % et 25 à 55 % ; la cotisation salariale est de 0,430 % en 2026.

Environ 20 % des emplois au Canada relèvent d’une profession réglementée (Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux). Pour les Français, l’entente Québec-France de 2008 sur la reconnaissance des qualifications a produit des arrangements de reconnaissance mutuelle couvrant 81 professions, métiers et fonctions (gouvernement du Québec, mars 2024) ; la démarche se fait auprès de l’autorité compétente pour chaque profession ou métier. Pour le détail d’une paie selon la province, cotisations comprises, voir notre calcul du salaire net au Québec et notre calcul du salaire net en Ontario.

Impôts : fédéral, provincial et convention de 1975

L’Agence du revenu du Canada apprécie la résidence fiscale d’abord par les liens de résidence importants, un logement au Canada, un conjoint, des personnes à charge, puis par des liens secondaires comme les biens personnels, les comptes bancaires, le permis de conduire ou l’assurance maladie provinciale ; une personne sans liens importants qui séjourne 183 jours ou plus dans l’année est réputée résidente.

L’impôt se calcule à deux niveaux. Au fédéral, le barème 2026 applique 14 % jusqu’à 58 523 $ de revenu imposable, 20,5 % jusqu’à 117 045 $, 26 % jusqu’à 181 440 $, 29 % jusqu’à 258 482 $ et 33 % au-delà, après un montant personnel de base de 16 452 $ ; le taux de la première tranche est passé de 15 à 14 % le 1er juillet 2025, et 2026 est la première année complète à 14 %. Au Québec, les tranches 2026 vont de 14 % jusqu’à 54 345 $ à 19 % jusqu’à 108 680 $, 24 % jusqu’à 132 245 $ et 25,75 % au-delà, avec un montant personnel de base de 18 952 $ (seuils et montant de base : paramètres du régime d’imposition 2026, ministère des Finances du Québec ; taux : Revenu Québec) ; les résidents du Québec produisent une déclaration provinciale distincte auprès de Revenu Québec. En Ontario, le barème provincial va de 5,05 % jusqu’à 53 891 $ à 13,16 % au-delà de 220 000 $, auquel s’ajoutent une surtaxe et la contribution-santé. La déclaration fédérale de l’année 2025 était due le 30 avril 2026, le 15 juin pour les travailleurs autonomes, l’impôt restant payable le 30 avril.

Les cotisations sociales sont retenues à la source : le Régime de pensions du Canada prélève 5,95 % sur les gains entre 3 500 et 74 600 $ en 2026, soit au plus 4 230,45 $, plus 4 % entre 74 600 et 85 000 $ ; au Québec, le Régime de rentes du Québec et le RQAP se substituent au RPC et à une partie de l’assurance-emploi. Côté consommation, la TPS fédérale de 5 % s’ajoute à la taxe provinciale : 9,975 % de TVQ au Québec (Revenu Québec), une TVH combinée de 13 % en Ontario, 7 % de TVP en Colombie-Britannique, aucune taxe provinciale en Alberta. Les commerçants peuvent afficher les prix hors TPS et TVQ (Office de la protection du consommateur du Québec), d’où l’écart entre l’étiquette et la caisse.

La convention fiscale franco-canadienne du 2 mai 1975, en vigueur depuis le 29 juillet 1976 et modifiée par les avenants de 1987, 1995 et 2010, répartit le droit d’imposer entre les deux pays, et une entente fiscale distincte, signée le 1er septembre 1987 et en vigueur depuis le 19 septembre 1988, lie la France et le Québec (BOFiP). L’application de ces textes à une situation qui mêle revenus français et canadiens, biens immobiliers en France ou départ en cours d’année relève d’un avocat fiscaliste ou d’un expert-comptable familier des deux pays. Nos comparatif France vs Québec, France vs Ontario et France vs Colombie-Britannique chiffrent l’écart sur un salaire, cotisations comprises.

Santé au quotidien : ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas

La Loi canadienne sur la santé garantit les services hospitaliers et médicaux nécessaires et certains services de chirurgie dentaire. Les médicaments hors hôpital, les soins dentaires et la vue ne sont couverts que pour certains groupes, selon la province, et les autres les paient eux-mêmes ou par une assurance privée, souvent celle de l’employeur quand il en propose une. C’est un poste à examiner à l’embauche.

Le Québec est la seule province où toute la population est obligatoirement couverte par un régime d’assurance médicaments, privé ou public. Du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, le régime public de la RAMQ coûte une prime annuelle de 0 à 789 $ selon le revenu, avec une franchise mensuelle de 21,25 $, une coassurance de 30 % et une contribution mensuelle maximale de 105,25 $. Au fédéral, le Régime canadien de soins dentaires s’adresse aux résidents fiscaux ayant produit leur déclaration, sans assurance dentaire privée et dont le revenu familial net ajusté est inférieur à 90 000 $ : la quote-part est nulle sous 70 000 $, de 40 % entre 70 000 et 79 999 $ et de 60 % entre 80 000 et 89 999 $. Les ententes fédérales d’assurance médicaments couvrant contraceptifs et médicaments contre le diabète ne concernent, au 26 janvier 2026, que le Manitoba, la Colombie-Britannique, l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon.

Trouver un médecin de famille prend du temps. En 2023, 82,8 % des adultes canadiens déclaraient avoir un fournisseur habituel de soins, 74,2 % au Québec ; en 2024, la proportion tombait à 69 % chez les immigrants arrivés depuis dix ans ou moins, contre 82 % chez les non-immigrants (Statistique Canada). Au Québec, le Guichet d’accès à la première ligne est réservé aux personnes sans médecin de famille ni infirmière praticienne spécialisée et oriente vers le bon service.

Coût de la vie : inflation, transports, électricité

L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,0 % sur un an en août 2026, comme en juillet, mais de 2,4 % seulement hors essence : le prix de l’essence a bondi de 22,8 % sur un an après 25,7 % en juillet, tandis que les aliments achetés en magasin n’augmentaient que de 2,8 % et les loyers de 2,8 %. Par province, la hausse atteint 3,1 % au Québec, 2,4 % en Ontario, 3,0 % en Colombie-Britannique et 3,8 % en Alberta (Statistique Canada, 14 septembre 2026).

Les transports en commun se paient au mois, sauf à Toronto. À Montréal, l’abonnement mensuel tous modes de la zone A coûte 110 $ au tarif ordinaire et 66 $ au tarif réduit, grille en vigueur depuis le 1er juillet 2025. À Toronto, la TTC a supprimé le laissez-passer mensuel adulte le 31 août 2026 au profit d’un plafonnement tarifaire : au-delà de 47 trajets payés par carte PRESTO, carte bancaire ou portefeuille mobile dans un mois civil, les suivants sont gratuits, le trajet adulte coûtant 3,30 $ avec la carte PRESTO ; seul le laissez-passer de douze mois subsiste, à 143 $ par mois. À Vancouver, TransLink a relevé ses tarifs de 5 % en moyenne au 1er juillet 2026 : 117,20 $ le mensuel adulte pour une zone, 156,70 $ pour deux, 211,65 $ pour trois.

Au tarif domestique D d’Hydro-Québec en vigueur depuis le 1er avril 2026, le kilowattheure coûte 7,065 ¢ jusqu’à 40 kWh par jour et 11,142 ¢ au-delà, plus 46,154 ¢ de frais d’accès par jour, après une hausse de 3 % pour la clientèle domestique. Pour construire votre budget poste par poste, notre calculateur de budget à Montréal arrive pré-rempli, et nos fiches Montréal et Toronto comparent le coût de la vie à d’autres métropoles.

Famille et école : garde, allocations, lycées français

Au Québec, le français est la langue de l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire, sauf dans les cas prévus par la Charte de la langue française. Les enfants d’un ressortissant étranger qui détient un permis d’études ou de travail temporaire peuvent recevoir une autorisation d’enseignement en anglais pour un séjour temporaire, dont la durée est fixée par règlement. La maternelle 4 ans et la maternelle 5 ans accueillent les enfants qui ont l’âge requis au 30 septembre. En Ontario, la maternelle est un programme gratuit de deux ans pour les enfants de 4 et 5 ans, et l’école devient obligatoire en septembre de l’année des 6 ans.

Les tarifs de garde varient fortement d’une province à l’autre. Au Québec, la contribution réduite des services de garde subventionnés est passée de 9,35 à 9,65 $ par jour au 1er janvier 2026 (règles budgétaires 2025-2026 du ministère de la Famille). En Ontario, les frais des services participant au programme pancanadien sont plafonnés à 22 $ par jour pour les 0 à 5 ans depuis le 1er janvier 2025, la province visant une moyenne de 10 $ ; la Colombie-Britannique développe un réseau de places à 10 $ par jour.

Les allocations compensent une partie du coût. L’Allocation canadienne pour enfants verse, de juillet 2026 à juin 2027, jusqu’à 8 157 $ par an par enfant de moins de 6 ans et 6 883 $ par enfant de 6 à 17 ans, montants réduits dès que le revenu familial net ajusté dépasse 38 237 $. Le Québec y ajoute son Allocation famille, indexée chaque année : en 2026, le montant va de 1 221 à 3 068 $ par enfant selon le revenu familial, réduit au-delà de 60 398 $ pour un couple et de 44 032 $ pour une famille monoparentale, laquelle reçoit en plus un supplément de 430 à 1 077 $, et 127 $ par enfant pour les fournitures scolaires (paramètres du régime d’imposition 2026, ministère des Finances du Québec).

Le réseau de l’AEFE compte au Canada le Lycée français de Toronto, le Collège international Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, ce dernier avec une annexe à Québec, le Lycée Claudel à Ottawa, le Lycée international de Calgary et l’École française internationale Cousteau à North Vancouver. Au Collège international Marie de France, le contrat 2026-2027 fixe les droits de scolarité du premier enfant à 4 351 $ au primaire (≈ 2 709 €), 5 628 $ de la sixième à la seconde (≈ 3 503 €) et 6 568 $ en première et terminale (≈ 4 089 €), auxquels s’ajoutent 530 $ de frais accessoires, 393 $ d’encadrement au primaire (183 $ au secondaire et au collégial) et 307 $ par famille pour les infrastructures ; les droits sont réduits de 10 % pour le deuxième enfant, de 15 % pour le troisième et de 20 % à partir du quatrième. Une contribution supplémentaire par session, de 3 740 à 8 820 $ selon le niveau et la catégorie, est exigée des élèves étrangers sous permis, dont sont expressément dispensés les élèves de nationalité française, ainsi que des résidents permanents sans certificat de sélection du Québec ou dont les parents ne résident pas au Québec. Les bourses de l’AEFE, réservées aux enfants de Français inscrits au registre consulaire et demandées dans les délais, se sollicitent auprès du consulat général de Montréal.

Hiver, climat et déplacements

Les normales climatiques 1991-2020 d’Environnement Canada donnent la mesure des hivers : −9,2 °C de moyenne quotidienne en janvier à Montréal avec 216,6 cm de neige par an, −11,9 °C à Québec, −10,0 °C à Ottawa avec 231,9 cm, −5,0 °C à Toronto avec 114,5 cm, −7,6 °C à Calgary avec 138,7 cm, et 4,1 °C à Vancouver avec 36,6 cm seulement. Les étés compensent : 21,7 °C en juillet à Montréal, 22,1 °C à Toronto.

Le pays compte six fuseaux horaires, de Terre-Neuve au Pacifique, et l’heure avancée s’applique du deuxième dimanche de mars au premier dimanche de novembre, la Saskatchewan restant à l’heure normale toute l’année. La voiture domine les déplacements : au recensement de 2021, 11 millions de Canadiens allaient au travail en voiture et 7,7 % des travailleurs utilisaient les transports en commun comme mode principal, en période de pandémie. Hors des centres de Montréal, Toronto et Vancouver, une voiture, ses pneus d’hiver et son assurance entrent donc dans le budget.

Où s’installer : six villes en chiffres

VilleLoyer 2 ch. (oct. 2025)Janvier (moyenne)Repères officiels
Montréal1 346 $−9,2 °CÉcole en français ; chômage québécois 5,6 % ; STM 110 $ par mois ; consulat général
Québec1 277 $−11,9 °CTaux d’inoccupation le plus bas des six (2,4 %) ; consulat général
Ottawa1 926 $−10,0 °CAmbassade de France ; dans la région d’Ottawa-Gatineau, 60 % des habitants peuvent converser dans deux langues ou plus (recensement 2021)
Toronto2 034 $−5,0 °CTVH 13 % ; chômage ontarien 6,9 % ; salaire hebdomadaire moyen 1 383,94 $ ; consulat général
Calgary1 914 $−7,6 °CPas de taxe de vente provinciale ; salaire minimum 15 $ ; population de la région en hausse de 2,9 % entre juillet 2024 et juillet 2025
Vancouver2 363 $4,1 °CLoyer le plus élevé des six ; TVP 7 % ; salaire minimum 18,25 $ ; consulat général

Sources : SCHL (octobre 2025), Environnement Canada (normales 1991-2020), Statistique Canada (août 2026 et recensement de 2021), sites provinciaux et municipaux cités en fin d’article.

La langue pèse dans le choix. Au recensement de 2021, 82,2 % des Québécois avaient le français comme première langue officielle parlée ; hors Québec, les francophones étaient 900 000, soit 3,3 % de la population, et 29,1 % des Canadiens pouvaient soutenir une conversation en français. Montréal et Québec sont donc les villes où un Français s’installe sans anglais courant ; à Ottawa-Gatineau, 60 % de la population peut converser dans deux langues ou plus ; ailleurs, l’anglais professionnel est indispensable, comme le détaille notre fiche Canada : culture et usages. Le réseau consulaire suit cette géographie : consulats généraux à Montréal, Québec, Toronto (Ontario et Manitoba), Vancouver (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Yukon et Territoires du Nord-Ouest) et Moncton et Halifax (provinces atlantiques), l’ambassade étant à Ottawa.

Ce qui a changé en 2025 et 2026

  • 1er avril 2025 : suppression de la tarification fédérale du carbone sur les carburants, avec un dernier versement de la remise canadienne sur le carbone à partir du 22 avril.
  • 1er juillet 2025 : baisse du taux fédéral de la première tranche de 15 à 14 %, applicable en année pleine dès 2026.
  • Novembre 2025 : plan des niveaux d’immigration 2026-2028 avec 380 000 admissions de résidents permanents par an et, pour 2026, des cibles de 230 000 arrivées de travailleurs temporaires et 155 000 d’étudiants.
  • Premier trimestre 2026 : la population du Canada a diminué de 0,1 %, à 41 417 056 habitants au 1er avril, avec 83 149 immigrants permanents accueillis (−20,2 % sur un an) et une baisse de 117 879 résidents non permanents (Statistique Canada).
  • 12 mars 2026 : sanction royale de la loi remboursant la TPS aux acheteurs d’une première maison neuve jusqu’à un million de dollars, réservée aux citoyens et résidents permanents.
  • 1er avril 2026 : salaire minimum fédéral à 18,15 $ ; tarifs d’Hydro-Québec en hausse de 3 %.
  • Été 2026 : le Laissez-passer Canada fort a offert l’entrée gratuite dans les parcs nationaux du 19 juin au 7 septembre 2026 ; le programme est clos.
  • 31 août 2026 : fin des laissez-passer mensuels de la TTC à Toronto, remplacés par le plafonnement après 47 trajets.

Questions fréquentes

Combien de temps avant d’être couvert par l’assurance maladie ?

Tout de suite en Ontario pour les personnes admissibles, la province ayant supprimé son délai de carence. Le reste du mois d’arrivée plus deux mois en Colombie-Britannique. Jusqu’à trois mois au Québec selon le gouvernement provincial. Un salarié arrivant de France avec un permis de travail fermé et le formulaire SE 401-Q-207 délivré par sa caisse relève de l’entente franco-québécoise, qui prévoit la totalisation des périodes d’assurance ; vérifiez auprès de la RAMQ l’effet de ce formulaire sur le délai. Un PVT, permis ouvert, n’ouvre pas ce droit. Dans l’intervalle, une assurance privée est recommandée.

Peut-on vivre au Canada sans parler anglais ?

Au Québec, oui : 82,2 % de la population y a le français comme première langue officielle parlée, l’école publique est en français. Hors Québec, les francophones représentent 3,3 % de la population et l’anglais professionnel est la condition d’accès à l’emploi ; le bilinguisme est un atout, en particulier dans la fonction publique fédérale à Ottawa.

Quel salaire faut-il pour vivre à Montréal ?

Trois repères officiels : la rémunération hebdomadaire moyenne au Québec était de 1 291,91 $ en juin 2026, un deux-chambres se louait en moyenne 1 346 $ en octobre 2025 et l’abonnement de transport coûte 110 $ par mois. Le net dépend de l’impôt fédéral, de l’impôt du Québec, du RRQ et du RQAP : notre simulateur du salaire net au Québec fait le calcul sur votre brut.

Peut-on acheter un logement avec un permis de travail ?

L’interdiction fédérale d’achat par les non-Canadiens court jusqu’au 1er janvier 2027, mais le règlement exempte le titulaire d’un permis de travail dont il reste au moins 183 jours de validité à la date de l’achat, pour un seul immeuble résidentiel. Le remboursement de TPS sur une première maison neuve est en revanche réservé aux citoyens et résidents permanents.

Faut-il une voiture ?

Dans les centres de Montréal, Toronto et Vancouver, les réseaux de transport permettent de s’en passer. Ailleurs, la voiture reste le mode dominant : 11 millions de Canadiens l’utilisaient pour aller travailler au recensement de 2021, contre 7,7 % de travailleurs en transport en commun. Comptez le permis à échanger, les pneus d’hiver obligatoires au Québec du 1er décembre au 15 mars, et une essence dont le prix a augmenté de 22,8 % sur un an en août 2026.

Les enfants doivent-ils aller à l’école en français au Québec ?

En principe oui, le français étant la langue d’enseignement au préscolaire, au primaire et au secondaire, sauf exceptions prévues par la Charte de la langue française. Les enfants d’un titulaire de permis de travail ou d’études temporaire peuvent recevoir une autorisation d’enseignement en anglais pendant le séjour temporaire, aux conditions fixées par règlement. Les établissements du réseau AEFE suivent le programme français.

Sources

  • Gouvernement du Canada : Service Canada, numéro d’assurance sociale (pages mises à jour les 15 juillet et 4 septembre 2026) ; Agence de la consommation en matière financière, ouverture d’un compte bancaire (octobre 2025) ; Agence du revenu du Canada, formules de retenues T4127 (1er janvier 2026), dates importantes (20 janvier 2026), statut de résidence, remboursement de TPS pour l’achat d’une première habitation (16 juin 2026), taux de TPS/TVH par province (1er avril 2025), Allocation canadienne pour enfants (23 juin 2026) ; Régime canadien de soins dentaires (juillet et août 2026) ; assurance-emploi (décembre 2025 et août 2026) ; normes du travail fédérales (2025-2026) ; salaire minimum fédéral (24 mars 2026) ; ministère des Finances, réduction d’impôt (27 mai 2025) et suppression de la tarification du carbone (22 mars 2025) ; IRCC, plan des niveaux d’immigration 2026-2028 (5 novembre 2025), AVE, Expérience internationale Canada ; Santé Canada, Loi canadienne sur la santé et ententes d’assurance médicaments (janvier 2026) ; Patrimoine canadien, Laissez-passer Canada fort (8 septembre 2026) ; Conseil national de recherches, fuseaux horaires
  • Lois du Canada : Loi sur l’interdiction d’achat d’immeubles résidentiels par des non-Canadiens et son règlement (versions à jour au 21 juillet 2026) ; projet de loi C-4, sanction royale du 12 mars 2026
  • Statistique Canada : Enquête sur la population active, août 2026 (4 septembre 2026) ; Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures, juin 2026 (27 août 2026) ; Indice des prix à la consommation, août 2026 (14 septembre 2026) ; estimations démographiques du 1er avril 2026 (17 juin 2026) et régions métropolitaines au 1er juillet 2025 (14 janvier 2026) ; recensement de 2021, langue (17 août 2022) et navettage (30 novembre 2022) ; accès à un fournisseur de soins habituel (5 mars 2025 et 22 avril 2026)
  • SCHL : Rapport sur le marché locatif, enquête d’octobre 2025 ; interdiction d’achat par les non-Canadiens (page de mars 2023 portant l’annonce du 4 février 2024)
  • ACI (Association canadienne de l’immobilier) : statistiques d’août 2026 (15 septembre 2026)
  • Gouvernement du Québec : salaire minimum (1er mai 2026), pneus d’hiver (7 novembre 2025), après le certificat de sélection (17 juin 2026), régime public d’assurance médicaments 2026-2027 (30 juin 2026), Guichet d’accès à la première ligne (21 avril 2026), RQAP (avril et mars 2026), langue d’enseignement (16 juillet 2025), inscription à l’école publique (11 novembre 2025), entente Québec-France sur les qualifications (18 mars 2024) ; ministère des Finances, paramètres du régime d’imposition 2026 ; ministère de la Famille, règles budgétaires 2025-2026 des services de garde ; Tribunal administratif du logement, guide du bail et pourcentages 2026 (19 janvier 2026) ; Retraite Québec, Allocation famille (consultée le 15 septembre 2026) ; Hydro-Québec, tarifs d’électricité en vigueur le 1er avril 2026 ; STM, tarifs (grille du 1er juillet 2025) ; Revenu Québec, calcul des taxes ; Office de la protection du consommateur, prix tout inclus (10 février 2025) ; Éducaloi, vacances annuelles et heures supplémentaires
  • Gouvernement de l’Ontario : OHIP (21 juillet 2025), échange de permis de conduire (14 septembre 2026), salaire minimum et vacances (février et avril 2026), hausse de loyer 2026 (23 juin 2026), droits des locataires (2 juillet 2026), maternelle (2 juillet 2026), garde d’enfants (18 novembre 2025) ; Tribunaux décisionnels Ontario, guide de la location (juillet 2026) ; TTC, plafonnement tarifaire (5 mai 2026) et tarifs
  • Gouvernement de la Colombie-Britannique : MSP (2025-2026), salaire minimum (1er juin 2026), TVP (16 juillet 2026), pneus d’hiver (novembre 2025 ; caractéristiques du pneu, page de novembre 2021), garde à 10 $ (février 2026) ; ICBC, permis étrangers ; TransLink, tarifs au 1er juillet 2026
  • Gouvernement de l’Alberta : AHCIP, échange de permis, salaire minimum (consultés le 15 septembre 2026)
  • Environnement et Changement climatique Canada : normales climatiques 1991-2020
  • France : ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la communauté française à l’étranger en chiffres (11 août 2026, réserve sur l’inscription facultative et estimation globale comprises) et fichier ouvert du registre au 31 décembre 2025 ; La France au Canada, consulats et permis de conduire (2025-2026) ; CLEISS, entente France-Québec et fiches Québec ; BOFiP, convention du 2 mai 1975 et entente du 1er septembre 1987 ; AEFE, établissements au Canada ; Collège international Marie de France, contrat de services éducatifs 2026-2027
  • Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux, professions réglementées

Pour préparer l’étape d’avant, notre guide S’expatrier au Canada détaille les voies d’immigration 2026, et notre checklist départ expatriation déroule le rétroplanning ; l’inscription au registre consulaire se fait en ligne dès l’arrivée. Pour le chemin inverse, notre article S’expatrier depuis le Québec traite de la RAMQ, des impôts et des rentes au départ.

Pour poser un scénario écrit et un plan d’action, votre plan d’expatriation est le point de départ que nous recommandons (500 EUR, déduits si vous poursuivez en accompagnement global).

Information éditoriale. Cet article a une vocation strictement informative et éditoriale. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les informations présentées sont susceptibles d’évoluer et reflètent l’état du droit et des pratiques à la date de publication. Pour toute décision concrète, consultez un avocat, un notaire, un fiscaliste ou un conseil en investissement financier inscrit auprès des autorités compétentes.

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