En 2025, 27 % des adultes vivant en France déclaraient vouloir s’installer définitivement à l’étranger s’ils en avaient la possibilité. C’est plus du double de l’année précédente. Le chiffre vient de Gallup, repris par Euronews. Il ne mesure pas les départs réels, mais une intention. Et cette intention n’a jamais été aussi forte.
Le registre des Français établis hors de France confirme une partie du mouvement. Au 31 décembre 2025, 1 784 975 Français étaient inscrits auprès des consulats, contre 1 754 688 un an plus tôt. Soit une hausse de 1,7 %. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères estime que le nombre réel de Français vivant à l’étranger est plutôt autour de 3 millions, puisque l’inscription reste volontaire.
Les cinq premiers pays d’accueil ne changent pas : Suisse, Etats-Unis, Royaume-Uni, Belgique, Canada. A eux seuls, ils concentrent 40,6 % des inscrits. Pour un cadre, un entrepreneur ou un jeune actif qui se demande où partir vivre à l’étranger en 2026, ce sont encore les destinations structurantes.
Mais les règles du jeu ont changé. Les seuils de visa ont monté. Les coûts de logement ont grimpé. Les politiques migratoires se sont durcies ou recentrées. Ce qui était vrai en 2022 ne l’est plus forcément en 2026. Cet article fait le point, pays par pays, avec les données officielles les plus récentes.
La Suisse reste en tête avec 168 881 Français inscrits. C’est la destination la plus proche géographiquement, la plus lisible linguistiquement pour les frontaliers et les Romands, et celle qui offre les salaires bruts les plus élevés d’Europe.
Pour les ressortissants UE/AELE, le cadre général reste stable. Le Secrétariat d’Etat aux migrations suisse rappelle que les conditions de séjour dépendent du motif et s’inscrivent dans la libre circulation des personnes. En pratique, les permis L, B et C restent les trois piliers de l’installation selon la durée et la situation. Aucune réforme de rupture n’a été annoncée pour 2025-2026.
Le vrai sujet suisse n’est pas juridique. Il est économique. Un salaire brut élevé peut fondre vite une fois retranchés l’assurance maladie obligatoire, le loyer dans les zones tendues et certains coûts de consommation. L’écart entre revenu affiché et niveau de vie réel surprend souvent les nouveaux arrivants. D’où l’intérêt de comparer votre situation nette projetée avant de partir : estimer son salaire net en Suisse.
L’intégration est souvent fluide en apparence, mais subtile dans les faits. Les codes professionnels sont plus formels, la ponctualité et la discrétion comptent, et la logique locale varie d’un canton à l’autre. Pour un cadre ou un entrepreneur, la vraie difficulté n’est pas la langue. C’est la compréhension des usages.
Les Etats-Unis comptent 168 529 Français inscrits, quasiment à égalité avec la Suisse. Le pays continue d’attirer les profils à haut potentiel salarial, les entrepreneurs, les talents tech, la finance, la recherche et les industries créatives. Mais contrairement à la Suisse ou à la Belgique, la question centrale n’est pas seulement économique. Elle est d’abord migratoire.
Le visa H-1B reste le principal canal pour les salariés qualifiés. L’USCIS a annoncé pour la saison fiscale 2026 une période d’enregistrement du 7 au 24 mars 2025, avec un coût d’enregistrement de 215 dollars par dossier. Pour les investisseurs, le programme EB-5 reste actif avec des montants de référence à 1 050 000 dollars en régime standard et 800 000 dollars dans certaines zones ciblées.
Entre H-1B, L-1, E-2, O-1, F-1 ou EB-5, le bon statut dépend intégralement du profil. Sans stratégie visa, le projet américain reste théorique.
Sur le plan financier, le brut affiché peut sembler très attractif, mais la lecture correcte passe par le net après fiscalité fédérale, étatique, assurance santé, logement, transport et parfois scolarité. C’est particulièrement vrai dans les grands bassins français comme New York, la Californie ou la Floride. Pour objectiver cet écart : calculer son salaire net aux Etats-Unis.
Le Royaume-Uni compte 141 242 Français inscrits. Le pays reste solidement installé dans le top 3, même si l’après-Brexit a changé la mécanique d’installation. Londres conserve son pouvoir d’attraction, mais l’installation n’a plus la fluidité administrative d’avant 2021.
Le repère central est le Skilled Worker visa. Le seuil salarial standard est désormais de 41 700 livres par an, ou le taux du marché pour le métier concerné si celui-ci est supérieur. Des seuils réduits existent pour certains cas, notamment les extensions et les nouveaux entrants.
Ce n’est plus seulement un poste qui ouvre une expatriation, c’est un poste sponsorisable, situé dans la bonne nomenclature, avec le bon niveau de rémunération. Pour beaucoup de profils français, la vraie question n’est donc plus “Puis-je travailler à Londres ?” mais “Mon employeur peut-il et veut-il me sponsoriser dans les conditions actuelles ?”
Le Royaume-Uni garde un environnement lisible pour entreprendre, mais le coût de la vie, surtout à Londres, oblige à raisonner en revenu net et en pouvoir d’achat, pas en prestige de destination. Pour projeter le salaire après charges et impôt : calculer son salaire net au Royaume-Uni.
La Belgique compte 126 452 Français inscrits. C’est un pilier discret mais très solide de la mobilité française, notamment pour les profils qui veulent quitter la France sans changer brutalement de langue ou d’environnement.
Bruxelles concentre une part décisive de cette attractivité. Institutions européennes, cabinets de conseil, ONG, sièges régionaux, densité de réseaux francophones : tous ces éléments expliquent la stabilité de la Belgique dans le top 5.
Pour les Français, le point essentiel reste la simplicité relative de l’installation. En tant que citoyen de l’Espace économique européen, un passeport ou une carte d’identité suffit pour l’entrée, et les obligations de permis de travail ne s’appliquent pas. Cela ne dispense pas des démarches communales de résidence, mais le saut administratif est incomparablement plus léger que dans un pays tiers.
Sur le plan fiscal, la Belgique dispose d’un régime spécial d’imposition pour les contribuables et chercheurs impatriés, applicable aux personnes éligibles qui commencent à travailler en Belgique à partir du 1er janvier 2022. Le bénéfice dépend du statut, de l’employeur et du dossier. Pour arbitrer concrètement : calculer son salaire net en Belgique.
Le Canada compte 119 545 Français inscrits. Il reste cinquième, mais conserve une force d’attraction supérieure à son seul rang statistique. Pour beaucoup de Français, c’est la grande destination de projection long terme, surtout dans une logique de famille, de qualité de vie et d’installation durable.
Le point décisif pour 2025-2026 est la place croissante de la francophonie dans la politique migratoire canadienne. IRCC avait fixé en 2025 un objectif de 8,5 % d’admissions de résidents permanents francophones hors Québec. Le Canada a finalement dépassé cette cible avec plus de 29 500 admissions, soit 8,9 %. C’est un signal stratégique fort pour les candidats francophones.
Le Canada devient plus sélectif, mais pas moins intéressant. Les catégories Express Entry priorisées incluent notamment l’expérience professionnelle acquise au Canada et la maîtrise du français. Cela favorise les profils capables d’articuler un projet migratoire cohérent, pas seulement une envie de départ.
Le programme International Experience Canada reste une porte d’entrée importante pour les jeunes. La catégorie Working Holiday ouvre sur un permis de travail ouvert, jusqu’à deux ans selon la nationalité. C’est un outil d’entrée réel, mais qui ne remplace pas une stratégie de résidence durable.
Le plan d’immigration 2026-2028 stabilise la cible des admissions permanentes à 380 000 à partir de 2026, tout en poursuivant la montée de la cible francophone hors Québec. C’est une politique moins expansive quantitativement, mais plus ciblée.
Sur le coût de la vie, le Canada reste attractif, mais il faut sortir du fantasme du grand espace à coût modéré. Selon les villes, le logement pèse lourdement. Le bon réflexe est de raisonner province par province et ville par ville : calculer son salaire net au Canada.
En dehors du top 5, plusieurs destinations génèrent de l’attention dans les contenus 2025-2026, notamment en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient. La Thaïlande et les Emirats arabes unis apparaissent régulièrement dans les intentions de voyage et les articles tendance.
Il faut toutefois rester rigoureux : une partie importante de ces signaux provient de contenus sur le tourisme ou le nomadisme, pas de statistiques officielles sur l’installation durable des Français. Tant que les données consulaires ne les font pas émerger comme destinations majeures d’expatriation, il vaut mieux les traiter comme des destinations à suivre, non comme des remplaçantes du top 5.
Une expatriation réussie ne commence pas par le choix d’un pays. Elle commence par un arbitrage entre droit au séjour, revenu net, coût réel d’installation, logement, couverture santé, scolarité éventuelle, cadre fiscal et horizon patrimonial.
Avant de partir, travaillez au minimum six points : le titre de séjour ou le visa réellement accessible, le revenu net attendu, le budget logement, la protection sociale, la fiscalité de sortie et d’arrivée, et les conséquences civiles si votre projet touche au mariage, aux enfants, au patrimoine ou à l’immobilier. C’est cette préparation qui sépare une mobilité choisie d’une mobilité subie.
Si vous voulez arbitrer votre projet avec méthode, vous pouvez réserver un échange préparatoire ici : planifier une consultation.
En nombre d’inscrits au registre, la Suisse reste première en 2025 avec 168 881 Français, juste devant les Etats-Unis à 168 529. Le meilleur pays dépend ensuite du profil : revenu, visa, famille, fiscalité et langue.
Les cinq destinations les plus structurantes restent la Suisse, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et le Canada. Elles concentrent 40,6 % des Français inscrits au registre.
Le chiffre officiel du registre est de 1 784 975 inscrits au 31 décembre 2025. Le MEAE estime toutefois que le nombre réel est plutôt autour de 3 millions, car l’inscription n’est pas obligatoire.
Oui, mais de manière plus sélective. Le Canada reste dans le top 5 avec 119 545 inscrits, et IRCC a dépassé en 2025 sa cible d’admissions francophones hors Québec avec 8,9 %.
L’installation est possible, mais plus encadrée. Le Skilled Worker visa impose un seuil général de 41 700 livres par an, ou le taux du marché du métier si celui-ci est supérieur.
Oui, mais via un visa adapté. Pour le H-1B FY2026, l’USCIS a fixé une période d’enregistrement du 7 au 24 mars 2025 et un coût d’enregistrement de 215 dollars.
Souvent, oui. En tant que citoyen de l’EEE, un Français peut entrer avec une carte d’identité ou un passeport, et n’est pas soumis aux mêmes obligations de permis de travail que les ressortissants de pays tiers.
Parce qu’un brut élevé ne garantit pas un meilleur niveau de vie. Fiscalité locale, logement, santé, transport et statut de résidence modifient fortement le revenu réellement disponible selon le pays.